MÉNINGITE ET ABCÈS CORTICAI X
en 1880* : sept jours après un coup de pointe dans la région pariétale, le blessé fut pris de vomissements, de lièvre, d’aphasie ; le lendemain, il présenta de l’hémiplégie, quelques accès convulsifs, de l’assoupissement ; pendant trois jours, son état resta è peu près stationnaire, puis de la fluctuation se manifesta sous l’esquille, et Esmarclî trépana avec succès, onze jours après le début des accidents. En commentant ce fait, llergmann nous dit : « Je pense que ce cas eût facilement été pris pour une méningite diffuse, et que seul le mauvais état de la plaie, lors de l'entrée à la clinique, avait indiqué la trépanation. L’arrêt des symptômes, pendant les trois derniers jours, est le seul phénomène s’écartant de l’évolution habituelle de la méningite de la convexité. »
Nous ne saurions souscrire sans réserves à cette manière de voir et, à la lecture de l’observation, notre avis est assez différent. Le début par une aphasie isolée devait à peu près exclure l’idée de méningite étendue, et, dès lors, la trépanation devait être immédiate, la tergiversation ne pouvant qu’exposer à la diffusion du pus.
Lorsqu’il existe une fracture compliquée delà voûte, la question est donc assez claire, et il n’est pas besoin d'insister sur ces faits qui constituent, en somme, l’histoire du trépan secondaire, tel qu’il est pratiqué depuis longtemps déjà ; la science moderne n’a fait qu’ajouter aux données anciennes quelques indications symptomatiques déduites des localisations cérébrales, en même temps que l’antisepsie nous rendait plus entreprenants, en nous permettant une besogne plus efficace.
La réponse est loin d’être aussi nette en ce qui concerne les méningites consécutives aux fractures irradiées à la base. Par les fissures des cavités de l’oreille, des fosses nasales, ces fractures sont compliquées et l’infection des méninges est leur danger principal . Mais notre pouvoir est ici bien faible pour réaliser l’asepsie préventive de ces cavités, et une fois l’infection déclarée, il nous est à peu près impossible de désinfecter, à la base du crâne, son foyer initial. Évidemment, les tentatives les plus hasardeuses sont auto-
1. Observation rappoiTce par IlENnici,Ueber Trépanation beillirnabscessen.üisser^
inaug., Kiel, 1880.