INCERTITUDE DES RÉSULTATS DÉFINITIFS
la guérison, et les observations publiées peu après que le malade a quitté l’bôpital ont une médiocre valeur.
llose* a soutenu que presque jamais les abcès cérébi’aux ne sont opérables, car jamais ils ne sont limités par une membrane enlcystante, mais toujours ils sont entourés de substance cérébrale ramollie dans laquelle le processus destructeur se propage de proche en proche. Bergmann a bien fait voir que ce pessimisme est excessif; mais on se gardera également d’un trop grand optimisme, et on sera averti que dans bien des cas le drainage, même prolongé, ne’peut réussir à amener la cicatrisation définitive de la poche. Il en fut ainsi dans notre observation personnelle (voy. obs. II, p. 139). Quelquefois enfin la plaie s'e cicatrise et on croit avoir assuré la guérison, lorsqu’au bout d’un temps variable, la récidive a lieu : ainsi, pour les opérés de Fenger% de O. Maher de Walsham *. •
Même lorsque la cicatrisation est obtenue, lorsque la suppura tion est définitivement tarie, il reste encore des causes d’échec. Dans le cerveau, en effet, il subsiste une lésion destructrice, une cicatrice plus ou moins étendue et profonde. De là résulte, d’abo”d, que si l’écorce motrice est détruite, on ne guérit pas la ' paralysie. On s’estimera donc heureux si l’on a fait cesser des I attaques épileptiformes qui jusque-là se répétaient de plus en plus fréquentes et intenses; si on a fait disparaître une somnolence inquiétante, un coma brusque ou progressif, qui menaçait la vie à brève échéance.
Mais cette cicatrice qui reste dans le cerveau est fort capable de
devenir nuisible, à son tour, d’entraver le fonctionnement de
1. Rose, Ueber Trépan, beim Hirnabscess. Arch. f. Idin. Chir., 1882, t. XXVII, fasc. 3, p. 329.
2. Fexgeb et Lee, Amer. Journ. of med. sc., juillet 1884, n. s., t. LXXXIII, p. 17. -4près la deuxième trépanation (qui suivit d’un mois la première), le blessé (coup de pistolet au-dessus de l’œil gauche) guérit.
3. 0. Maher, Ausb'alasian med. Gaz., 15 déc. 1883. Guérison après la seconde intervention (cité par Gau.f.z, loc. cil., p. 298).
4. Walsham (cité par Seydel) a trépané, huit mois après l’accident, un vieillard chez qui il trouva du pus dans le cerveau : cinq mois après, la plaie suppurait encore. Un an après (et cette fois l'observation est publiée par Walsham et Colston) nouveaux accidents, exploration infructueuse du cerveau. A Vautopsie, abcès sous I ancienne cicatrice.
BROCA ET MAUBRAC.