PARALYSIES DÉFINITIVES AVEC DÉGÉNÉHATION DESCENDANTE
Iluil et dix ans après raccident* ; d’autres, au contraire, rester paralysés quoique rintervenlion eût été relativement précoce.
Aussi, pour porter ce pronostic avec quelque chance d’exactitude, devra-t-on rechercher les signes des dégénérations descendantes : pour les paralysies motrices, nous avons les contractures secondaires; pour les paralysies de la vision, nous avons l’atrophie du nerf optique.
Cette atrophie n’existait pas, au bout de neuf ans, chez un sujet que Williams' a trépané avec plein succès. De môme, au bout d’un an, chez une femme opérée par Schônborn et dont llassenstein-' a publié l’histoire. Par contre, l’atrophie de la pupille fut constatée par D. Bech chez une malade de trente-neuf ans, dont la cécité remontait, il est vrai, à la naissance et était due à un trauma crânio-cérébral par le forceps '.
Les observations où l’on a constaté la contracture secondaire sont exceptionnelles : nous avons cité plus haut, dans notre description anatomo-pathologique, celle de Girard, où il y avait tremblement choréiforme post-hémiplégique des membres paralysés; celle de Felkin où, au bout de longues années, il y avait atrophie et contracture. Aussi n’est-il pas très étonnant que l’opéré de Girard, soulagé par l’évacuation d’un kyste, n’ait pas tardé à ôtre repris d’accidents; et celte récidive, après une amélioration évi-
1. Jaboulay [Arch. jirov. de chh\, 1893, t. II, p. 61 et 174, obs. X) a opéré ;ivcc succès au bout de trois aus un homme rendu aveugle par un coup de bàtou sur l'occiput.
2. WicruAMS, The Alienisl and Neiirolorjist, Saint-Louis, 1891, p. 239. Sujet ayant perdu la vision de l'œil gauche à l’âge he quatorze ans, à la suite d'un coup sur l'occiput. Trépanation ù l'âge de vingt-trois ans ; épaississement de l'os enfoncé et de la dure-mère; l'écorce cérôtirale parut saine, et, en eiïet, la vision était rétablie au bout de quelques heures. Succès semblable chez une femme aveugle depuis vingt ans.
3. IIassensïei.v, Inaug. Disserl., Kônigsberg, 1881; femme de vingt et un ans. Céphalalgie et cécité progressive de l'œil gauche à la suite d'une chute sur le côté gauche de la tête, en avril 1879. En février 1880, trépanation sur le point douloureux. Au réveil, la malade peut lire quelques mot^. Guérison complèle.
4. David 15i;ck, Acad, de méd. de CbicinnaLi, 8 avril 1889 (trad. in r.vlenso dans France méd., Daris, 7 septembre 1889, t. Il, p. 1230). Femme de trente-neuf aus: cécité avec atrophie de la papille à gauche, consécutivement à une application de forceps dont lémoignaient une tiépressiou sus-orbitaire gauche et une dépression occipitale droite. L’auteur croit qu'il y a eu déchirure du nerf par une fracture irradiée jusqu'au Irou optique : il est bien possible que l’écorce occipitale soit en cause.