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TRAUMÂTISMES DU CREUX DE L'AISSELLE

se dessinent à sa surface; il déborde la région primitivement allectée, gagne les fosses sus et sous-épineuses, l'aisselle, la paroi tlioracique. A ce moment apparaissent de nouvelles douleurs dues à la compression des nerfs du plexus brachial ; le membre supérieur s'œdématieet devient tout à fait inerte. La peau rougit par places, s'ulcère; surviennent alors des hémorrhagies répétées, un écoulement de détritus organiques d'une fétidité extrême qui finissent par entraîner la mort au milieu de l'état le plus lamentable.

Quel traitement faut-il opposer à cette redoutable affection? A la première période, pratiquer largement la résection de la tête de l'humérus aussitôt que possible, et malheureusement les malades repoussent souvent cette solution.

Plus tard, lorsque le sarcome est bien limité, c'est aussi à la résection qu'il faut avoir recours : un peu plus tard, la désarticulation de l'épaule devient la seule ressource, ressource tellement cruelle que la plupart des malades qui sont jeunes la repoussent encore ; et arrive enfin le moment oii toute opération à peu près est impraticable ; il n'y a plus qu'à soulager dans la mesure du possible.

Cependant la chirurgie est parvenue, dans ces dernières années, à reculer encore les limites de l'intervention pour des cas en apparence désespérés. M. Berger a pratiqué l'amputation du bras et de l'épaule, amputation intej'-scapulo-thoracique, La principale précaution est d'assurer l'hémostase. Aussi, après avoir réséqué la partie externe de la clavicule, M. Berger pose-t-il une double ligature sur l'artère et la veine sous-clavières. Il taille ensuite un lambeau variable suivant le volume de la tumeur et l'état de la peau, et détache enfin l'omoplate. Cet énorme traumatisme ne parait pas aussi grave qu'on aurait pu le présumer,

D. Affections chirurgicales du creux de l'aisselle,

— Le creux de l'aisselle est une région de passage le plus ordinairement virtuelle, puisqu'elle n'apparaît en réalité que lorsque le bras est écarté du tronc : aussi est-elle assez rarement atteinte de traumastimes. Les affections inffammatoires y sont fréquentes. Quant aux lésions organiques, en général secondaires, elles se rattachent presque toujours aux tumeurs du sein.

Les Iraumatisjnes du creux de r aisselle consistent principale-

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AFFECTIONS (JlllIlURGlGALES DU MEMItHE SlJl'ÉHIEUH.

ment on plaies, car il est clillicile, en raison de sa forme et de sa situation, que cette région soit atteinte de contusion. Ce sont le plus souvent des plaies étroites, produites par un inslrument piquant, une épée, par exemple : l'instrument peut pénétrer dans l'aisselle par la paroi antérieure, et la lésion prend un caractère particulièrement grave lorsqu'elle siège au niveau du creux sousclaviculairc qui représente le sommet de l'aisselle. Ce qui donne en eiîet un caractère spécial à ces plaies, c'est la présence des gros vaisseaux et nerfs de la région. Aussi, lorsque le praticien se trouve en présence d'une plaie de l'aisselle, son unique préoccupation doit être celle-ci : l'instrument a-t-il intéressé l'artère axillaire ou l'une de ses grosses branches collatérales, la veine axillaire ou l'un des nerfs du plexus brachial? Rappelez-vous qu'une plaie peut avoir atteint l'aisselle et l'un de ses organes principaux, bien que l'instrument ait pénétré d'abord en dehors de la région, au niveau du moignon de l'épaule, par exemple : c'est qu'alors le trajet de la plaie est très oblique.

Une plaie de l'aisselle est donc à peu près insignifiante ou d'une gravité extrême, suivant que les organes majeurs de la région ont été ou non intéressés, et il est en général assez facile de le reconnaître. Toutefois, gardez-vous bien, pour arriver à ce but, de vous servir du stylet et de sonder la plaie; cette exploration vous apprendrait peu de chose et pourrait détacher un caillot ou compléter une perforation.

Si la région n'est pas sensiblement tuméfiée ; si la radiale présente ses battements normaux; si le blessé n'accuse aucune douleur sur le trajet des nerfs du bras, et surtout s'il a conservé intégralement la sensibilité, vous en devez conclure que la plaie est simple. Contentez-vous d'en faire l'occlusion et d'immobiliser le bras.

Si l'examen vous a révélé l'existence d'une lésion nerveuse, tenez la même conduite que dans le cas précédent, surtout lorsque la lésion siège très haut. Cependant, si la plaie occupait la base de l'aisselle, si elle intéressait un nerf facilement accessible, tel que le cubital ou le médian, il serait indiqué d'aller à la recherche des deux bouts et d'en faire la suture.

Mais c'est la blessure des gros vaisseaux et en particulier celle de l'artère qui produisent les plus graves désordres, compromettent la vie du sujet et placent le pralicicn dans une des situations les plus critiques de la pratique chirurgicale.

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