‹ Traité de chirurgie clinique [electronic resource]Chapitre 104 sur 153 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Toute affection du membre supérieur située entre l'articulation de l'épaule et celle du coude appartient au bras.

Les jjlaies du bras ne présentent rien qui demande une description particulière. Si la blessure occupait la face interne, il se pourrait que l'artère humérale fût intéressée, d'où la nécessité de lier les deux bouts de la plaie.

Dans le cas où le nerf médian serait en môme temps sectionné, on pratiquerait la réunion immédiate des deux bouts en suivant les règles que j'indiquerai en étudiant le poignet, région où ce genre de plaie est assez commun.

Je n'ai rien à dire des contusions du bras, si ce n'est que le choc peut porter directement sur le nerf radial et déterminer une

002 Al'-FECTIONS ClimURfilCALES DU MEMllItl-: SUPÉRIEUR.

paralysie de ce nerf. Je m'occuperai plus loin de cet accident comme complication des fractures.

Le bras est lune des régions oii l'on observe le plus souvent les ruptures musculaires, et celles-ci portent sur le corps du muscle biceps. On reconnaît l'affection à l'existence d'une saillie assez volumineuse, lisse, arrondie, se durcissant et subissant un mouvement de locomotion lorsque le muscle se contracte. Audessous de la saillie existe une dépression. Cette lésion pourrait être confondue avec une hernie musculaire, mais on la distinguera en ce qu'il est possible de placer le doigt entre les deux bouts écartés du muscle. Je ne vois aucun traitement rationnel à opposer à cette blessure.

On rencontre au bras des phlegmons, des abcès, qui ne diffèrent pas de ceux des autres régions.

L'humérus peut être atteint d'ostéite, de carie, de nécrose; je me contente de rappeler que, si l'on veut nettoyer un foyer de carie, ou bien extraire un séquestre, c'est sur la face externe du bras que devra porter l'incision; en pénétrant entre le biceps et le brachial antérieur, on évitera la rencontre des organes principaux du membre.

Les lésions organiques du bras s'observent rarement et ne présentent d'ailleurs aucun caractère spécial. En présence d'un anévrysme de l'humérale, on aurait d'abord recours àla compression digitale sur l'axillaire. En cas d'échec, il faudrait recourir aux injections coagulantes ou à l'électrolyse, à la ligature ou à l'extirpation de la poche. La ligature devrait porter sur l'axillaire, mais, pour éviter plus sûrement le retour du sang dans la poche, il serait bon d'en placer également une au-dessous d'elle.

Ce serait aussi la conduite à tenir dans le cas d'anévrysme artérioso-veineux : ligature au-dessus et au-dessous de l'orifice de communication de l'artère avec la veine. L'intervention n'est d'ailleurs pas toujours utile, si la lésion se borne à une simple phlébarlérie.

Lorsque, pour une cause quelconque, vous pratiquerez l'hémostase sur l'artère humérale, rappelez-vous que celle-ci présente souvent une bifurcation prématurée dans l'aisselle et qu'il existe alors au bras deux artères humérales.

Fractures du bras. — Ce que la chirurgie du bras présente de spécial se rapporte presque exclusivement aux fractures de l'humérus.

Page 1