FRACTURES DU BRAS
Pourquoi une pseudarthrose succède-t-elle aux fractures de l'humc'rus plus souvent qu'aux autres fractures ? 11 est bien difficile d'en trouver la cause; on a invoqué, avec raison, je crois, le mode d'attache du muscle brachial antérieur et l'interposition entre les fragments d'un faisceau de ce muscle. On a invoqué aussi la difficulté de bien maintenir les fragments en place, c'est encore possible. Quoi qu'il en soit, une pseudarthrose succède parfois aux fractures de l'humérus et le praticien doit en être prévenu, car on ne manque pas de l'en rendre responsable.
Il ne faut pas d'ailleurs se hâter de déclarer qu'un membre est atteint de pseudarthrose et confondre cet accident avec un retard de consolidation. Maintenez un appareil pendant un an, s'il le faut; si, après ce temps, les fragments sont mobiles comme au premier jour, plus mobiles môme ; s'il n'y a pas trace de cal autour des fragments ; si l'extrémité de ceux-ci est lisse et comme arrondie, il faut bien se rendre à l'évidence : la pseudarthrose existe.
Le bras est alors frappé dïmpuissance et les muscles sont en général très atrophiés.
Je pense qu'il n'y a qu'une seule conduite à tenir dans ce cas : mettre à nu les deux fragments, les aviver par une résection et les maintenir réunis par un point de suture métallique. Le bras est ensuite immobilisé comme pour une fracture récente. Cette opération est simple, facile et absolument exempte de danger.
Dans un cas où la pseudarthrose datait de plusieurs années, j'obtins à l'aide de la suture osseuse un résultat complet. Les deux fragments étaient tenus écartés l'un de l'autre par une bride très résistante, évidemment musculaire, qu'il me fallut diviser pour obtenir le rapprochement, ce qui serait en faveur de la cause par interposition musculaire.
Au moment où le nerf radial passe de la face interne à la face externe du bras, il contourne l'humérus dans la gouttière dite de
maintenait Taisselle et celle qui maintenait les poids, laissant inclus dans l'appareil tout ce qu'on ne peut couper de ces bandes avec les ciseaux. Une Lonne écharpe complète l'appareil, et le malade peut' se lever et marcher Si la gouttière de l'appareil s'écarte des tissus, ceux-ci se dégonûant on peut msmuer de l ouate, et môme rapprocher les bords de la gouttière [à l'aide d'une bande de diachylon circulaire, comme dans l'appareil de Maisonneuve et séparée de la peau par du tall'etas gommé. ' l<^>'^^
TiLLAUX. — Chirurgie clinique.
AFFECTIONS CllIHUHGlCALES DU MEMBRE SUPÉRIEUR.
torsion et se trouve immédiatement en contact avec l'os. Il n'est donc pas surprenant que, si la fracture siège à ce niveau, le nerf se trouve emprisonné et comprimé dans le cal. Toutefois cet accident est relativement très rare. On en est averti par la paralysie du radial, qui apparaît peu à peu, augmente à mesure que la consolidation avance et devient complète.
Cette marche progressive de la paralysie, et surtout son apparition à une époque déjà lointaine de l'accident primitif, vous permet d'affirmer qu'il ne s'agit pas d'une contusion ou d'une déchirure du nerf par la cause vulnérante.
La guérison ne sera obtenue que par une opération consistant à dégager le nerf de son enveloppe osseuse. Yoici le procédé que je conseille et que j'employai avec succès dans le cas qui m'est personnel.
Commencez par découvrir le nerf au-dessous du cal en pratiquant une incision au niveau de l'interstice qui sépare le long supinateur du brachial antérieur; suivez-le jusqu'à son entrée dans le cal. Attaquez alors ce dernier avec précaution, à l'aide de la gouge et du maillet, et transformez ainsi en une gouttière le tunnel que parcourt le nerf. Soulevez celui-ci avec ménagement, car il est aminci et altéré dans sa texture ; enlevez pour plus de précaution les bords saillants delà gouttière, afin d'éviter un nouvel enclavement.
Il ne faut pas s'attendre à voir reparaître tout de suite les fonctions du nerf ordinairement atteint de névrite et soumis à un travail de dégénération, mais elles reviennent à la longue. Il est bon, pendant ce temps, d'électriser les muscles de l'avantbras.
Les affections organiques du bras ne diffèrent pas en général de celles que l'on observe dans les autres parties du corps. J'ai-cependant une exception à faire : il semble que le nerf médian, dans son trajet brachial, soit spécialement exposé aux névromes. Je rappellerai que le névrome peut être excentrique, c'està-dire développéàla surface externe dunerf et dans un point limité. Il peut être périphérique, c'est-à-dire, envelopper le nerf sur toute sa circonférence sans pénétrer dans l'intérieur du névrilème. Enfin il peut être central, c'est-à-dire occuper le centre du nerf de telle sorte que les tubes nerveux sont épanouis à sa surface. En aucun cas, il ne faut pratiquer la résection du tronc nerveux au-dessus et au-dessous du névrome, car vous n'êtes pas