‹ Traité de chirurgie clinique [electronic resource]Chapitre 13 sur 153 · PLAIES DU CRÂNE · texte numérisé non relu

PLAIES DU CRÂNE

limites des régions frontale et temporale, où les téguments sont beaucoup plus minces, mais elle produit souvent une bosse sannuine. Molle et dépressiblc au centre, dure à la périphérie, cette bosse est circonscrite par un bourrelet dur qui trompe fatalement le praticien non prévenu et lui fait porter le diagnostic de fracture du crâne avec enfoncement des os : mais ce bourrelet n'apparaît que plusieurs jours après l'accident, ce qui constitue, avec la délimitation très précise de l'affection et l'intégrité des fonctions cérébrales, des éléments suffisants de diagnostic.^

Au lieu d'être collecté sous forme de bosse, le sang peut s'infiltrer dans la couche celluleuse très lâche située entre l'aponévrose épicrânienne et le péricrâne, et constituer une vaste nappe sanguine. Il siège plus rarement entre le péricrâne et les os, en raison du petit nombre de vaisseaux qu'on rencontre dans cet espace.

La contusion du crâne ne demande pas de traitement spécial ; tout au plus quelques compresses résolutives sur la bosse sanguine.

B. Plaies du crâne. — Les plaies du crâne se présentent sous des aspects divers. Elles sont étroites ou larges, à bords nets ou contus, superficielles ou profondes, avec ou sans écartement de leurs bords. Parfois, lorsque l'aponévrose épicrânienne a été intéressée, l'écartement est considérable ; il peut môme exister un véritable lambeau plus ou moins flottant.

Le signe propre à toutes ces plaies est une hémorrhagie, souvent très abondante, en raison de la quantité et surtout de la disposition des artères dans le cuir chevelu. Adhérentes aux cloisons qui relient la peau à l'aponévrose, les artères ne peuvent se rétracter : aussi n'est-il pas rare de trouver, après le pansement, une plaie presque insignifiante, alors que le malade était inondé de sang.

En présence d'une plaie du cuir chevelu, il convient d'en établir d'abord le diagnostic ou plutôt les caractères : est-elle superficielle ou profonde ? a-t-elle été produite par un instrument piquant, tranchant ou contondant? ce qu'indiquera en général l'état de ses bords. On devra explorer la plaie avec le doigt et s'assurer si elle ne renferme pas de corps étrangers. Dans les plaies très larges, il suffit d'écarter les bords pour en apercevoir le fond, reconnaître si le péricrâne est ou non intéressé, si les os sont dénudés, et dans quelle étendue; si même il existe une fis-

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sure de la p;iroi osseuse. Lorsque la plaie est plus étroite, c'est à raidc du stylet que l'on procédera à ces constatations.

Si la plaie a été produite par une balle, on le reconnaîtra à la forme de l'orifice, on notera la couleur delà peau, qui est noirâtre et en quelque sorte brûlée lorsque le coup a été tiré de très près. On devra également explorer cette plaie avec un stylet pour apprécier la direction du trajet, sa profondeur, l'état des parties sous-jacentes, reconnaître la présence ou l'absence du projectile. Cette exploration sera toujours faite avec ménagement, dans le cas surtout où l'on supposerait que la boîte crânienne a été intéressée. On procédera ensuite au pansement du blessé.

A ce moment il existe une hémorrhagie, ou bien le sang est arrêté. S'il y a une hémorrhagie abondante, si un vaisseau de quelque importance est ouvert, l'application seule des pièces de pansement jointe à la compression ne sera sans doute pas suffisante : il est préférable de faire l'hémostase préalable. La ligature et la torsion sont plus applicables à ce cas particulier, en raison de l'adhérence des vaisseaux aux parties molles. Si Ton ne peut suivre l'une ou l'autre de ces méthodes, on aura recours à l'emploi d'une pince hémostatique. Évitez de mettre du perclilorure de fer dans la plaie, ou ne l'appliquez qu'avec une boulette de coton hydrophile, imbibée et bien exprimée d'une solution au . tiers (deux tiers d'eau, un tiers de perchlorure).

Si le sang est arrêté, procéder de la façon suivante : d'abord, laver soigneusement la plaie avec une solution antiseptique; la débarrasser des caillots et s'assurer qu'elle ne contient pas de corps étrangers; raser la peau tout autour; rapprocher les bords.

Faut-il pratiquer la suture? C'est inutile lorsque les bords n'ont pas de tendance à l'écartement, que la porte n'est en quelque sorte que lézardée : mais si les bords sont écartés, si la plaie est à lambeau, il convient de faire une suture méthodique. Un ou deux drains seront maintenus dans les points déclives pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures, de façon à assurer l'écoulement des liquides, et la plaie recouverte d'un large pansement antiseptique.

Les complications des plaies de tête, fréquentes jadis, sont devenues très rares de nos jours, quand le j)ansement a été bien fait. ]l est bon toutefois de surveiller attentivement la suture et d'enlever les fils tout de suite, si les bords de la plaie se tuméfient et deviennent douloureux.

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