‹ Traité de chirurgie clinique [electronic resource]Chapitre 14 sur 153 · FRACTURES DU CRANE · texte numérisé non relu

FRACTURES DU CRANE

G. Fractures du crâne. — Il n'est pas toujours facile d'affirmer qu'un blessé est atteint de fracture du crâne. Deux cas cliniques se présentent :

Premier cas : il existe une plaie des téguments, ou bien il n'y a pas de plaie. S'il y a plaie, on peut apercevoir à la surface des os dénudés une fêlure (qu'il faut se garder de confondre avec une suture), ou bien une dépression plus ou moins profonde : pas de doute alors sur l'existence d'une fracture de la voûte. Du siège même qu'elle occupe on peut déduire le trajet que suit la fissure pour gagner la base et la partie de la base atteinte. Il est bon toutefois de savoir qu'en raison de sa fragilité la table interne peut être fracturée alors que la table externe est restée intacte.

S'il n'y a pas de plaie des téguments, le diagnostic présente souvent une certaine obscurité; parfois cependant il s'impose, ainsi que je l'ai dit plus haut : un homme est tombé d'un lieu plus ou moins élevé, la résolution est complète; du sang s'écoule en plus ou moins grande abondance par le nez, les oreilles ou la bouche : il est très probable que cet homme est atteint d'une fracture de la base du ci'àne.

Que convient-il de faire en présence d'une fracture du crâne avec plaie des téguments?

Jadis une fissure du crâne était une indication formelle à l'appUcation préventive du trépan : aussi les chirurgiens recherchaient-ils avec grand soin ha fissure en écartant les bords de la plaie, en grattant l'os préalablement recouvert d'encre. Aujourd'hui la trépanation préventive appliquée aux fractures fissuaires du crâne compte si peu de partisans que ces manœuvres sont devenues pour le moins inutiles.

Donc, en présence d'une plaie du crâne avec fissure des os, sans accidents cérébraux, comportez-vous comme s'il y avait une plaie sans fracture.

Si la fracture est étoilée, si môme il existe une dépression de la table externe des os du crâne sans accidents cérébraux^ tenez la ■ môme conduite. Toutefois, lorsque des fragments sont mobiles, détachés, il suffit de les enlever.

Le blessé est atteint d'une fracture du crâne évidente, et des phénomènes cérébraux persistent : résolution plus ou moins com-

LÉSIONS TRAUMATIQUES DU CRANE

t^Ï;^T''''''''''"'"^ assoupissement, coma, etc. Faut-il Il y a quelques années, à cette question j'ai répondu • non tT^n^t du' résultat La

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en ver un fragment d'os comprimant ou irritant la masse cérébrale et le duignostic est si incertain ! Mais, aujourd'hui que les opérations sont rendues presque iaoffensives, les mêmes raisons d abstention n existentplus, etje serais disposé à intervenir. Donc- Iracture du crâne, persistance des accidents cérébraux pendant plusieurs jours, on peut trépaner.

L'indication est bien plus précise, si les accidents cérébraux consistent en une paralysie siégeant du côté opposé à la fracture on do^t alors trépaner, car il est possible de soustraire ainsi le cerveau a une compression mécanique due principalement à un éclat de la table interne.

Second cas clinique : fracture du crâne sans plaie extérieure. La fracture occupe la voûte ou la base, mais à peu près constamment la fracture de la base est une irradiation de celle de la voûte. La violence du choc, la perte de connaissance plus ou moins prolongée, l'écoulement immédiat de sang par le nez, la bouche ou les oreilles, l'écoulement par l'oreille d'un liquide séreux succédant à l'écoulement sanguin, lapparition tardive d une ecchymose sous-conjonctivale ou pharyngienne, la paralysie de certams nerfs, du nerf facial en particulier, sont les signes qui permettent en général de diagnostiquer une fracture de la ba=e du crâne et même de préciser les points où passe le trait de la tracture : 1 ecchymose sous-conjonctivale, l'écoulement du sang par tenez, mdiqueront une fracture de l'étage antérieur - l'écoulement par l'oreille et la paralysie faciale feront présumer une racture de l'étage moyen et en particulier du rocher, etc. Mai. la se borne le plus souvent le rôle du clinicien, c'est-à-dire au diagnostic plus ou moins exact de la fracture, car la thérapeutique chirurgicale est dénuée de toute ressource contre ces accidents Quelques sangsues aux apophyses mastoïdes (peut-être n'ont-clles d autre résultat que de masquer notre inaction), des compresses froides sur la tête, des dérivatifs sur l'intestin, telle est la thérapeutique employée. L'avenir du malade ne dépend pas en effet du traitement, mais du degré de lésion qu'a subi l'encéphale •

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