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AFFECTIONS DE LA RÉGION MAMMAIRE

il ne surgit du siège de ces tumeurs aucun signe spécial, aucune indication particulière.

Je signalerai comme propres à la poitrine les ke'loïdes, qui affectent pour la région sternale. une certaine prédilection et auxquelles il est préférable de ne pas toucher.

Je mentionnerai encore la tumeur formée par l'anévrysme de la crosse de l'aorte après usure du sternum, mciis cette affection doit être, dans son ensemble, rattachée à la pathologie interne.

Une tumeur plus rare encore que les précédentes est la hei^nie du poumon, qui succède en général à un traumatisme de la paroi thoracique, bien qu'il existe des hernies congénitales. Après une contusion, une fracture de côtes, la paroi reste plus faible en ce point, et le poumon, surtout s'il est emphysémateux, la soulève et vient peu à peu faire saillie sous la peau.

La tumeur est molle, élastique, sonore à la percussion, réductible, et se tend fortement pendant une brusque expiration. Elle ne pourrait être confondue qu'avec un abcès de la paroi, communiquant avec la plèvre à travers un espace intercostal, mais le plus simple examen permettra d'éviter cette erreur.

Le malade portera simplement un appareil contentif.

Affections de la région mammaire. — Nous n'avons rien à dire des traumatismes de la région mammaire. Les plaies, les contusions, ne diffèrent pas de celles des autres régions.

Le bout du sein des femmes qui nourrissent est fréquemment atteint de gerçures, de crevasses très douloureuses, qui obligent à suspendre l'allaitement, et sont la cause habituelle des abcès du sein. Il faut les laver avec des solutions légèrement astringentes et les recouvrir de vaseline boriquée. v

11 n'est pas très rare de rencontrer au bout du sein des ulcérations syphilitiques pouvant provenir de l'allaitement d'un enfant infecté. Je n'ai pas à insister ici sur les conséquences de toute nature résultant d'un semblable accident.

Je signalerai aussi l'existence fréquente de croûtes eczémateuses.

On a plusieurs fois trouve dans le sein des corps étrangers pointus, tels qu'une aiguille, par exemple, sans que la malade en

soupçonnât la présence. Le corps s'enkyste et autour de lui se développe une gangue indurée pouvant faire croire à quelque lésion organique. Une tumeur petite, dure, limitée, conservant depuis longtemps le môme volume, déterminant une vive douleur à la pression, devrait faire songer à la possibilité de ce léger accident.

On observe assez souvent chez les jeunes garçons, vers la puberté, une sorte de fluxion de la glande mammaire rudimentaire. Il existe une petite tumeur douloureuse dont les parents s'inquiètent, mais à tort, car elle disparaît spontanément au bout d'un certain temps. Cependant j'ai quelquefois vu survenir un abcès.

Les affections dont est le plus fréquemment atteinte la région mammaire sont les abcès et les tumeurs du sein.

1° Abcès du sein. — Les abcès du sein se rencontrent presque exclusivement chez les accouchées. Ils se développent en général dans deux circonstances : la mère a commencé l'allaitement, mais, pour une cause quelconque^ elle a dû le suspendre, bien que le sein soit intact ; ou bien des gerçures se sont développées au bout du sein pendant l'allaitement et ont obligé aie suspendre, au moins de ce côté.

Le processus inflammatoire diffère dans les deux cas : dans le premier il se produit ce qu'on a appelé un engorgement laiteux aboutissant à la suppuration ; dans le second le point de départ de l'abcès est très vraisemblablement une angioleucite.

Quoi qu'il en soit de la théorie, la collection purulente peut occuper trois points différents : la couche sous-cutanée, le parenchyme glandulaire et la couche celluleuse rétro-glandulaire.

L'abcès de beaucoup le plus fréquent est l'abcès parenchymateux, dont l'abcès sous-cutané n'est souvent qu'une dépendance.

Vabcès sous-cutané diffère lui-même suivant qu'il siège au niveau de l'auréole du sein ou bien en dehors de l'auréole. Dans le premier cas, ce sont, en quelque sorte, de petits abcès tubéreux saillants à l'extérieur, semblables à ceux de l'aisselle, et qui ont sans doute pour siège anatomique les glandes sébacées de la région. Je rappelle qu'à ce niveau la peau, adhérente par sa face profonde, n'est pas doublée d'une couche cellulo-graisseuse

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