MALADIES DE LA RÉFRACTION ET DE L'ACCOMMODATION
Anomalies de la réfraction. — Usixe, antéro-postérieiir du globe, ou axe optique, est normalement en rapport avec la puissance de lappareil dioptrique ou réfringent de l'œil. On appelle emmétrope le sujet chez lequel existe ce rapport normal. Mais il n'en est pas toujours ainsi. Cet axe, qui est de 24 millimètres, je suppose, chez un sujet emmétrope, peut se trouver ou plus long ou plus court avec un même appareil dioptrique: il en résulte des mala- (h"es de la réfraction. En effet, à l'état normal, l'appareil dioptrique de l'œil est disposé de façon que le foyer des rayons parallèles se lasse sur la rétine : mais supposons un môme appareil dioptrique avec un axe antéro-postérieur trop long : qu'arrivera-t-il ? Le foyer se fera non plus sur la rétine, mais en avant de cette membrane sur laquelle se produisent alors des cercles de diffusion. Cet état constitue la myopie.
Supposons, au contraire, un axe optique trop court: l'appareil dioptrique est disposé pour faire converger les rayons lumineux à 24 millimètres en arrière de la cornée ; si l'écran rétinien se trouve seulement à 22 millimètres, il est évident que le foyer se fera à 2 millimètres en arrière de l'écran, qui ne recevra, lui, qu'une image très diffuse. Cet état de Tœil constitue Vhypermétropie.
Les divers méridiens de la cornée doivent avoir la même courbure pour que le foyer se fasse au môme point sur la rétine. Lorsque les méridiens de l'œil appartiennent à une courbure différente, cet état constitue V astigmatisme.
a. Myopie fermer; ori, œil). — La myopie est caractérisée anatomiquement par une déformation du globe telle que son axe optique est trop long pour la puissance des milieux réfringents ; cette disposition est souvent héréditaire et congénitale, mais elle peut être acquise, surtout pendant les études où l'enfant, pour la vision de près, est obligé de faire des efforts d'accommodation qui allongent l'axe antéro-postérieur du globe. lien résulte au côté externe de la papille une dépression de la sclérotique à laquelle on a donné le nom de staphylome postérieur. La myopie progressive peut amener des troubles graves dans l'œil : l'atrophie de la choroïde, le décollement de la rétine : aussi doit-on s'en occuper comtne d'une affection sérieuse.
Le diagnostic de la myopie s'impose. Les sujets ne voient les objets que lorsqu'ils sont très rapprochés ; la vision à distance est
ÂKI-KCTIONS CIIIIUIHGICALIÎS Dlî L'AI'PAHEIL Dli LA VISION.
confuse. Le myope cligne constamment des yeux (d'où l'expression de myopie), afin de transformer le plus possible sa pupille en une fente sténopéique en écartant les rayons marginaux.
La détermination du degré de myopie peut se faire à l'oplithalmoscope, mais dans la pratique elle se fait par l'essayage successif de verres appropriés.
Le foyer, avons-nous dit, se fait chez le myope en avant de la rétine : donc l'œil manque de divergence, ce qu'on lui rendra à l'aide de verres concaves. Le traitement consistera dans l'emploi de ces verres aussitôt que la myopie se manifestera, afin d'éviter tout effort d'accommodation.
b. Hypermétropie. — L'hypermétropie est un vice de conformation du globe de l'œil tel que, l'axe optique étant trop court pour la puissance des milieux réfringents, le foyer de l'objet perçu se fait en arrière de la rétine et il en résulte la production de cercles de diffusion. C'est à Donders que nous devons la connaissance de cet état de l'œil. Jusqu'à cette importante découverte, l'embarras était grand lorsqu'on se trouvait en présence d'un jeune sujet qui accusait des troubles graves de la vision, et qui, cependant, n'était ni myope ni presbyte; on se contentait de dire qu'il avait la vue faible, ou bien qu'il était presbyte avant l'âge.
Pendant de longues années, souvent jusqu'à l'âge de vingt-cinq à trente ans, le sujet hypermétrope voit comme l'emmétrope ; cela tient à ce que son appareil accommodateur, c'est-à-dire son muscle ciliaire, travaille activement de façon à augmenter la courbure de la lentille cristallinienne et fournit ainsi à l'appareil dioptrique de l'œil la quantité de convergence dont il a besoin pour ramener le foyer sur la rétine. On dit que pendant toute cette période l'hypermétropie est latente.
Mais le muscle accommodateur se fatigue à la longue, et dès lors l'hypermétropie devient manifeste ; il y a de l'asthénopie accommodative. Yoici comment les phénomènes apparaissent. Le sujet se livre, je suppose, à la lecture ou à la couture ; pendant dix minutes, un quart d'heure, la vision est très distincte, mais ensuite les objets se brouillent ; il faut suspendre le travail un instant et la vision redevient nette pour se brouiller de nouveau. Si le sujet insiste, il survient du larmoiement et des douleurs circum-orbitaires. Quant aux objets éloignés, ils sont très bien