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THAITÉ DE CHIRURGIE CLINIQUE

laisse déprimer et, revenant aussitôt sur elle-même, fait entendre un petit bruit sec comme ferait une feuille de parchemin : crépie talion parcheminée.

S'il s'agit d'un traumatisme, vous aurez à rechercher l'existence d'un signe physique d'une haute importance : la mobilité anormale. Lorsque sur le trajet d'un os existe une mobilité nettement constatée, vous pouvez affirmer qu'il y a solution de continuité. La mobilité anormale est, beaucoup plus que la crépitation, un signe pathognomonique de fracture; c'est généralement le seul

signequel'on rencontre dans les fractures spontanées; c'est souvent aussi le seul signe de fracture chez les entants, dont le périoste, beaucoup plus résistant que celui de l'adulte, est ordinairemen) conservé, ce qui donne souvent lieu à des erreurs de diagnostic.

Nous rechercherons ensuite si le doigt est soulevé par des battements ; si ces battements occupent un point limité, le trajet connu d'une artère, par exemple, ou bien s'ils s'étendent à toute la partie malade. Dans ce dernier cas il est de la plus haute importance de reconnaître si une tumeur est soulevée en masse par un vaisseau situé au-dessous d'elle, ou bien si elle éprouve à chaque systole du cœur un mouvement d'expansion indiquant que le sang pénètre dans son intérieur et non seulement la soulève, mais la distend dans toutes ses parties.

On recherchera également à l'aide du toucher le bruit comparé assez exactement à la prononciation du mot anglais thrill et qui est propre à l'anévrysme artérioso-veineux.

Existe-t-il un bruit de souffle, c'est ce que révélera l'auscultation. Le souffle est-il intermittent, isochrone à chaque systole cardiaque, comme dans l'anévrysme artériel? Est-il continu avec redoublement à chaque systole du cœur, comme dans l'anévrysme artérioso-veineux ?

Lorsque des battements artériels et le bruit de souffle se produisent bien réellement dans l'intérieur d'une tumeur et ne dépendent pas de la compression d'une artère, ainsi qu'on peut l'observer au cou, par exemple, ils prouvent l'existence d'une tumeur vasculaire, mais non forcément celle d'un anévrysme proprement dit. Certains sarcomes myéloïdes des os donnent en efl"et naissance à des phénomènes, identiques, mais qui sont en générai moins intenses. De plus, l'anévrysme est réductible et le sarcome ne l'est pas.

INTRODUCTION. H

Dans les angiomes caverneux, ou tumeurs érectiles, on trouve aussi des battements, de l'expansion, du bruit de souffle intermittent, et de plus la tumeur est en partie réductible; néanmoins l'aspect de la peau, la diffusio n de la tumeur, sa consistance spongieuse, son défaut de résistance, sa marche, son mode de développement, etc., ne permettront pas la confusion.

L'exploration ayant démontré qu'il s'agit d'une tumeur liquide, il convient de rechercher' si cette tumeur présente de la transparence. Vous rechercherez aussi si elle est le siège d'un phénomène spécial appelé frémissement hydatiqiœ. Certains auteurs ont mis en doute l'existence de ce signe, mais bien à tort, car on le constate quelquefois avec la dernière évidence. J'ai comparé très exactement, je crois, la sensation que donne au doigt le frémissement hydatique à celle qu'il ressent lorsqu'on percute un sommier ou un fauteuil élastiques. Le frémissement tient, selon moi, à la collision entre elles d'un grand nombre d'hydatides filles, pressées les unes contre les autres dans une poche commune, comme des œufs dans un nid. Certains kystes parovariens, dont la poche n'est pas très tendue, donnent quelquefois à la percussion une sensation qui se rapproche de celle du frémissement hydatique, ce qui a paru constituer un élément de diagnostic différentiel avec les kystes développés dans l'ovaire.

Pour percevoir le frémissement hydatique, il est bon d'imprimer un choc très sec au doigt appliqué sur la tumeur, et il faut que le doigt repose lui-même très légèrement à la surface de la peau.

Après avoir reconnu les caractères physiques, s'il s'agit d'une tumeur, vous passerez à l'étude de ses connexions avec les parties sous-jacentes.

Est-elle mobile ou adhère-t-elle aux couches profondes?

L'adhérence au squelette est en général facile à reconnaître, car la tumeur est absolument immobile, quelle que soit l'attitude que l'on donne à la partie, et cependant môme, alors, il existe une cause d'erreur, lorsque la tumeur siège sous le périoste et se trouve fortement bridée par cette membrane. De môme, certaines tumeurs enclavées dans les cavités, par exemple les exostoses des sinus de la face, paraissent adhérentes au squelette et n'y adhèrent pas en réalité. Mais ce sont surtout les rapports avec les muscles qu'il s'agit de préciser.

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