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BEC-DE-LIÈVRE

L'arrêt de développement pourra ne consister qu'en une encoche du bord libre de la lèvre supérieure, difformité qui est la plus simple de toutes, ou bien en une division limitée au voile du palais.

Le bec-de-lièvre unilatéral occupe le plus souvent le côté gauche.

Lorsqu'il est bilatéral et accompagné d'une division de la voûte palatine, c'est-à-dire lorsque les deux bourgeons maxillaires ont été frappés à la fois d'arrêt de développement dans toute leur profondeur, le bourgeon médian ou incisif, resté isolé sur la ligne médiane, n'en a pas moins continué à se développer. De plus, n'étant pas bridé en avant par la lèvre supérieure, puisqu'elle fait défaut, ce bourgeon prend des proportions énormes ; il se déjette en avant, devient presque horizontal et forme un véritable bec d'oiseau qui continue la saillie du nez.

Le bec-de-lièvre présente donc des variétés multiples sur lesquelles il importe d'insister, parce que ce sont elles qui fournissent les indications et commandent le mode opératoire.

Le bec-de-lièvre est simple ou compliqué. Par l'expression de simple je n'entends pas dire que le bec-de-lièvre n'existe que d'un côté, car il peut être simple, quoique bilatéral.

On doit désigner sous le nom de bec-de-lièvre simple celui dont les bords peuvent se rapprocher complètement sans qu'il soit nécessaire de pratiquer le moindre décollement pour obtenir la réunion; la division peut, dans ce cas, occuper une partie seulement de la hauteur de la lèvre, toute la lèvre, pénétrer même dans la narine correspondante, mais le rebord alvéolaire et la voûte palatine sont intacts.

Le bec-de-lièvre compliqué (et je me place ici au point de vue purement clinique) est celui dont la réunion exige non seulement l'avivement des bords, mais encore une autre opération adjuvante, telle que décollement de la lèvre, résection d'os. 11 s'accompagne le plus souvent de division palatine.

On peut, ce me semble, rapporter à trois les cas en présence desquels se trouve le praticien: 1° le bec-de-lièvre est simple ; — 2° le bec-de-lièvre est compliqué, mais il n'existe pas de saillie de l'os intermaxillaire ; — 3" il existe une saillie médiane de l'os incisif. La conduite à tenir est différente dans chacune de ces trois circonstances.

1» Bec-de-lièvre simple. On nous demande constamment : A quel âge de la vie faut-il opérer le bec-de-lièvre? Il est impossible de répondre à cette question d'une manière générale, car cela dépend des cas. J estime, pour mon compte, que le bcc-de-lièvre simple celui qui, je le répète, n'exige qu'un avivement, peut être opéré tout de suite après la naissance : le traumatisme est insigniliant et la perte de sang si minime que l'enfant ne court aucun danger D autre part, il y a grand intérêt pour l'alimentation à ce que la lèvre soit réparée le plus tôt possible. Je dirai plus loin comment il faut pratiquer l'avivement et la suture.

2» Bec-de-lièvre compliqué sans saillie de l'os incisif. - Cette variété de bec-de-lièvre exige le décollement de l'un ou des deux bords de la division pour en obtenir le rapprochement, et par conséquent ne doit jamais être opérée à la naissance. Il résulte en efPet, de l'opération une perte de sang assez notable, qui exposerait grandement la vie du nouveau-né. J'estime qu'il faut attendre la fin de la première année, et encore, si l'opération préliminaire à l'avivement devait avoir quelque importance, il serait préférable de reculer la limite jusqu'à deux ou trois ans. Ce qui s oppose au rapprochement des lèvres de la division, c'est l'aile du nez (la gauche, en général, le bec-de-lièvre étant plus fréquent de ce côté), laquelle, déjetée plus ou moins fortement en dehors . est adhérente au maxillaire supérieur. Il faut donc détacher, mobiliser cette aile, et souvent pour cela porter l'incision jusque dans la fosse canine. Une simple division du repli muqueux suffit en général, à libérer et à mobiliser le bord droit. Cette variété s'accompagne souvent de la division du rebord alvéolaire et delavoûte palatine, mais je suis d'avis qu'il ne faut s'occuper que de la restauration de la lèvre, laissant pour beaucoup plus tard celle du palais. Dans le cas de division du rebord alvéolaire, il est fréquent, sinon constant, d'observer un reliefbeaucoup plus prononcé de la partie qui sous-tend le côté droit de la division. C'est encore un obstacle au rapprochement : d'où la nécessité d'un décollement plus grand de la face profonde de la lèvre de ce côté. Il ne faut, d'ailleurs, exercer aucune action sur cette saillie osseuse, qui s'affaissera peu à peu par la pression de la lèvre restaurée.

Je ne suis pas d'avis d'opérer le décollement des deux lèvres de la division avec le thermo-cautère, à cause des eschares qui en sont la conséquence et de la suppuration que provoque leur élimination ;

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