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AFFECTIONS DE LA RÉGION SCAPULAIRE

Si, au contraire, après l'incision, les symptômes locaux et généraux persistent, si la suppuration est profuse, pratiquez sans hésiter la résection totale de la clavicule. Le meilleur procédé consiste à sectionner d'abord cet os sur la ligne médiane et à enlever successivement chaque moitié soulevée à l'aide d'un davier. Cette opération doit toujours être sous-périostée, manœuvre grandement facilitée d'ailleurs par l'épaississement et le décollement pathologiques du périoste.

Les articulations acromio et sterno-clavicalaires peuvent être atteintes d'arthrite. Toutefois cette affection est rare. Les signes sont ceux des arthrites en général, et le siège précis de la région les fera aisément reconnaître. Il n'y a pas lieu d'y insister davantage.

Affections organiques de la région clavicidaire. — Les tumeurs développées aux dépens de la clavicule sont loin d'être communes. Ce sont le plus souvent des ostéo-sarcomes ne différant pas de ceux des autres régions du corps. Les rapports seuls de la tumeur avec les gros vaisseaux et nerfs sous-claviers lui donnent une importance spéciale, en raison des précautions à prendre au cours de l'ablation pour ménager ces organes. Si la clavicule, en effet, est facile à réséquer dans les cas de carie ou de nécrose, il n'en est pas de même quand il s'agit d'une tumeur organique dont le tissu adhère aux parties sous-jacentes et souvent les englobe. L'opération peut devenir alors impraticable. Si la masse constituée par la tumeur est immobile, si le pouls radial a disparu, si le membre supérieur est œdématié et présente des veines dilatées, si le bras est atteint d'engourdissement, et à plus forte raison de paralysie, abstenez-vous d'opérer.

B. Affections chirurgicales de la région scapulaire.

— J'entends sous le nom de région scapulaire les fosses sus et sous-épineuses et la fosse sous-scapulaire. L'angle antérieur du scapulum, c'est-à-dire la cavité glénoïde, le col de l'omoplate, l'acromion et l'apophyse coracoïde, font en effet partie de la région scapulo-humérale.

Les affections de la région scapulaire ne nous arrêteront pas longtemps ; elles sont d'une part assez rares et de l'autre présentent peu de caractères distinctifs de celles des autres parties du corps.

En étudiant la scoliose, nous avons vu la saillie de l'omoplate constituer Tun des premiers signes révélateurs de cette affection : c'est là une déformation en quelque sorte extrinsèque due au mouvement de torsion de la colonne vertébrale.

Une autre déformation porte principalement sur le bord spinal de l'omoplate. Au lieu d'être appliqué comme à l'état normal sur le thorax, ce bord est saillant, détaché des côtes, et peut être saisi entre les doigts ; cette déformation est caractéristique de la paralysie du muscle grand dentelé.

En appliquant la main sur l'omoplate, on perçoit parfois, pendant les mouvements de cet os, un frottement rugueux, une crépitation bruyante, bruit de frottement sous-scapulaire , probablement dû à la présence de bourses séreuses accidentelles développées à la face externe des côtes. J'en ai observé récemment un exemple sur une jeune fille atteinte d'une légère scoliose, et le bruit, très inquiétant pour la famille, disparut rapidement par l'usage d'un corset orthopédique.

Les contusions, les plaies de la région scapulaire n offrent rien de spécial à noter. Je ne parle pas des plaies par arme à feu dont il est impossible d'indiquer à l'avance les caractères : ainsi se trouvait dans mon ambulance de Sedan, pendant la guerre franco-allemande, un soldat dont une omoplate avait été complètement enlevée par un éclat d'obus, et que j'ai eu le bonheur de revoir bien portant en 1889. Le fracas de l'omoplate est parfois tel, qu'il nécessite la résection, comme le fit plusieurs fois avec succès, pendant la même guerre, le Chipault (d'Orléans).

^Q'à fractures de r omoplate présentent un caractère utile à noter. Lorsque l'épine seule est atteinte, il est possible, en raison de son relief à la face externe de l'os, de mobiliser le fragment, de le saisir entre les doigts, de produire ainsi la mobilité anormale et la crépitation : mais il n'en est plus de même lorsque la fracture occupe les fosses sus et sous-épineuses. Dans cette dernière fosse principalement (la fosse sus-épineuse est difficilement accessible à l'exploration directe), les fibres musculaires sont insérées sur tous les points de la surface osseuse : aussi les fragments sont-ils maintenus en place sans aucune tendance à l'écartemeut. Dans les fractures de l'omoplate, il n'existe donc pas de déformation appréciable ; à première vue on croirait volontiers à une contusion simple, mais, en appliquant une main à plat sur

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