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AFFECTIONS ORGANIQUES DE LA RÉGION SCAPULO- HUMÉRALE

Je n'aurais pas présenté un chapitre spécial sur les affections organiques de la région scapulo-humérale, si on n'y observait une tumeur otïrant des caractères cliniques très particuliers et dont la fréquence est relativement assez grande, puisque j'en ai bien vu pour mon compte une douzaine de cas : je veux parler de Vostéo-sarcome de la tête de l'humérus.

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Cette aflection est d'autant plus importante à connaître qu'elle donne souventlieu à des erreurs de diagnostic, et ces erreurs ontceci de particulièrementgrave qu'elles empêchent de pratiquer àl'heure opportune la seule opération capable de sauver la vie du malade.

Le sarcome de la tête humérale est dû à la production primitive du tissu sarconiateux dans le centre de l'os : il en résulte qu"il se présente à l'examen du praticien à deux périodes distinctes de son évolution : 1° lorsqu'il est encore emprisonné dans la coque osseuse ; 2" lorsqu'il a franchi cette barrière.

A sa première période, lorsque le sarcome est contenu dans l'épaisseur de la tête humérale, le diagnostic en est très difficile, on peut dire môme impossible. Il ne révèle en effet sa présence que par de la douleur au niveau du moignon de l'épaule avec intégrité complète des parties molles.

Or comment distinguer s'il s'agit d'une ostéite centrale de l'os ou d'un ostéo-sarcome?

Cela est d'autant plus difficile que l'ostéite de l'humérus, étant ordinairement de nature tuberculeuse, se développe de préférence chez les jeunes sujets, et que l'ostéo-sarcome est également une affection delà jeunesse. Un seul signe peut fournir des présomptions au praticien: l'immobilisation de l'épaule soulage en général beaucoup les sujets atteints d'ostéite et fait même parfois disparaître la douleur, tandis que ce mode de traitement n'amène aucun résultat, s'il s'agit d'un sarcome.

Cependant l'embarras peut être très grand, et en voici un exemple. J'avais dans mon service, à l'hôpital Saint-Louis, un jeune homme atteint d'une douleur vive et localisée à la tête de l'humérus : je le tins en observation pendant plusieurs semaines et discutai bien des fois à son lit le point de savoir s'il s'agissait d'une ostéite ou d'un sarcome au début. Je finis par conclure à la probabilité de l'ostéite et proposai au malade de pratiquer une sorte d'évidement de la tête humérale. Il fut endormi et, au cours de l'opération, les parties étant sous nos yeux, il devint évident qu'il s'agissait d'un sarcome. La résection s'imposait donc, mais je n'en avais pas prévenu d'avance le malade. J'attendis qu'il fût bien réveillé et, après l'exposé de la question, il s'en remit à moi pour faire ce qu'il y avait de mieux dans son intérêt. Il fut aussitôt endormi de nouveau, et l'opération se termina sans encombre. J'ai revu longtemps après ce jeune homme, qui exerce la profession de coiffeur.

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