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MALADIES DES GENCIVES ET DES DENTS

Les gencives sont le siège d'inflammation, d'ulcérations, etc., décrites sous le nom de gingivites, liées soit à un mauvais état local des dents, soit à l'état général. Elles relèvent plus spécialement de la pathologie interne.

Les gencives ont été considérées comme étant le point de départ d'un groupe de tumeurs décrit sous le nom d'épulis, ce qui n'est pas exact, puisque l'épulis provient souvent de l'alvéole et part de la racine d'une dent. C'est pour cette raison que j'ai cru devoir étudier les épulis avec les aff'ections des mâchoires.

Les maladies des dents constituent une branche de la chirurgie tellement spéciale que je ne crois pas devoir en parler longuement ici. Je dirai seulement quelques mots des points qui intéressent la chirurgie générale.

h'évohction des dénis donne lieu à un certain nombre d'accidents. A la sortie des dents de lait, si le tissu gingival qui recouvre la dent est trop résistant, l'enfant peut éprouver delà douleur qui se manifeste par de l'agitation, des cris et même des convulsions. Il faut tout de suite opérer un petit débridement de la gencive.

Les principaux accidents liés à l'évolution dentaire se produisent à la sortie de la dent de sagesse et à peu près constamment de celle de la mâchoire inférieure. Par suite du manque d'espace, la troisième grosse molaire ou dent de sagesse se développe parfois dans l'épaisseur de la branche montante du maxillaire inférieur, même entre les deux lames de l'apophyse coronoïde, et donne naissance à une variété de kyste. Le plus ordinairement, elle traverse avec peine la muqueuse qui la recouvre, la comprime, la distend, en détermine l'ulcération et provoque des douleurs susceptibles d'atteindre une très grande intensité. Il peut survenir du gonflement de la région sous-maxillaire, et une constriction telle des mâchoires que les sujets ne peuvent ouvrir la bouche. Si cet état persiste, la contracture des masséters se transforme en une véritable rétraction et la constriction des mâchoires, devenue permanente, nécessite le traitement spécial dont j'ai parlé plus haut.

Le diagnostic de ces divers accidents est facile. Pour reconnaître la cause, il suffit le plus souvent d'y penser et de compter les dents du malade. Si la troisième molaire n'est pas sortie, il est bien probable que c'est elle qui en est le point de départ.

Le traitement le plus simple consiste à débrider la muqueuse qui la recouvre. Si la dent présentait une direction vicieuse, il en faudrait pratiquer l'extraction, ce qui n'est pas toujours facile. On a même conseillé, dans les cas malaisés, d'enlever la seconde grosse molaire, quoique saine, pour faire place à la troisième.

On peut rattacher à une évolution vicieuse des dents les déformations de la couronne, étudiées surtout par Hutchinson et rattachées par lui à la syphilis héréditaire. Je n'ai pas à m'occuper ici de ce sujet.

La c«ne constitue la principale maladie des dents et rentre trop étroitement dans la spécialité pour que je doive m'y arrêter. Le seul traitement, je ne dis pas rationnel, mais celui auquel ont recours la grande majorité des praticiens, est l'ablation de la dent lorsque celle-ci est douloureuse.

Le périoste qui tapisse l'alvéole et la racine de la dent peut être enflammé et donner naissance à une j^ériostite alvéolo-dentaire. Celle-ci est parfois aiguë et se propage rapidement au corps de la mâchoire (je m'en suis déjà occupé plus haut) ou bien retentit sur un ganglion sous-maxillaire et est le point de départ d'un adénophlegmon du cou.

En général, la périostite donne d'abord naissance à une sensa- ^ tion de gène, puis à une douleur plus ou moins intense. Repoussée mécaniquement par le gonflement du périoste, la dent est allongée, ce dont le malade se rend très bien compte en rapprochant les arcades dentaires. La pression diminue parfois la douleur et d'autres fois l'exagère. La dent s'ébranle peu à peu et devient tout à fait mobile dans l'alvéole.

Les accidents peuvent disparaître complètement après quelques jours, pour se présenter à nouveau, mais on observe aussi des abcès qui s'accompagnent de phénomènes généraux, de douleurs irradiantes dans toute la face. Le périoste du maxillaire peut être envahi.

On traite cette aff"ection par des applications d'un liquide caustique : acide chromique, teinture d'iode, etc., mais si la maladie se reproduit et menace d'atteindre l'os lui-même, il faut enlever la dent.

11 existe une autre forme de périostite alvéolo-dentaire à

marche essentiellement chronique encore nommée gingivite expulsive^ piorrhée intra-alvéolaire ; la dent, chassée progressivement de son alvéole, s'allonge, s'ébranle, et finit par tomber. Pendant tout ce temps, il se fait au niveau du collet une suppuration plus ou moins abondante. L'extraction sera presque toujours nécessaire dans ce cas.

La racine de la dent est entourée d'une couche mince de tissu osseux appelée cément^ qui peut être atteinte de nécrose avec intégrité de la couronne. Cette nécrose est souvent le siège de douleurs, d'abcès de voisinage, et surtout de fistules permanentes des mâchoires. Le seul traitement efficace consiste dans l'ablation de la dent. C'est à ces cas surtout que convient la réimplantation immédiate, après résection de la portion malade, opération que M. Magitot a beaucoup préconisée dans ces dernières années sous le nom de greffe dentaire par restitution et qui me paraît très rationnelle.

Je terminerai ce chapitre en disant : Toutes les fois que vous observerez une fistule au voisinage des mâchoires, songez que le point de départ est à peu près constamment une dent malade. Or la racine de l'une d'elles peut être atteinte de nécrose, sans que rien à l'extérieur puisse le faire reconnaître. La percussion successive des dents révélera souvent seule la dent malade, celle qu'il convient d'arracher pour guérir la fistule, et encore la percussion peut-elle n'être pas douloureuse. Il n'est pas rare de rencontrer, en explorant avec le doigt par l'intérieur de la bouche, le trajet fistuleux sous la forme d'un cordon résistant qui constitue un précieux indice et conduit à la dent malade.

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