‹ Traité de chirurgie clinique v.2 (volume 2)Chapitre 27 sur 105 · MALADIES DE LA RÉFRACTION ET DE L'ACCOMMODATION · texte numérisé non relu

MALADIES DE LA RÉFRACTION ET DE L'ACCOMMODATION

Anomalies de laré fraction, — L'axe antéro-postérieur du globe, ou axe optique, est normalement en rapport avec la puissance de Tappareil dioptrique ou réfringent de Toeil. On appelle emmétrope le sujet chez lequel existe ce rapport normal. Mais il n'en est pas toujours ainsi. Cet axe, qui est de 24 millimètres, je suppose, chez un sujet emmétrope, peut se trouver ou plus long ou plus court avec un même appareil dioptrique : il en résulte des maladies de la réfraction. En effet, à Tétat normal, l'appareil dioptrique de l'œil est disposé de façon que le foyer des rayons parallèles se fasse sur la rétine : mais, supposons un même appareil dioptrique avec un axe antéro-postérieur trop long : qu'arrivera-t-il ? Le foyer se fera non plus sur la rétine, mais en avant de cette membrane sur laquelle se produisent alors des cercles de diffusion. Cet état constitue la myopie.

Supposons, au contraire, un axe optique trop court: l'appareil dioptrique est disposé pour faire converger les rayons lumineux à 24 millimètres en arrière de la cornée ; si l'écran rétinien se trouve seulement à 22 millimètres, il est évident que le foyer se fera à 2 millimètres en arrière de l'écran , qui ne recevra, lui, qu'une image très diffuse. Cet état de l'œil constitue l'hypermétropie.

Les divers méridiens de la cornée doivent avoir la même courbure pour que le foyer se fasse au môme point sur la rétine. Lorsque les méridiens de l'œil appartiennent à une courbure différente, cet état constitue V astigmatisme,

a. Myopie ((jluo), fermer; wi];, œil). — La myopie est caractérisée anatomiquement par une déformation du globe telle, que son axe optique est trop long pour la puissance des milieux réfringents; cette disposition est souvent héréditaire et congénitale, mais elle peut être acquise, surtout pendant les études où l'enfant, pour la vision de près, est obligé de faire des efforts d'accommodation qui allongent l'axe antéro-postérieur du globe. Il en résulte au côté externe de la papille une dépression de la sclérotique à laquelle on a donné le nom de staphylome postérieur. La myopie progressive peut amener des troubles graves dans l'œil : l'atrophie de la choroïde, le décollement de la rétine : aussi doit-on s'en occuper comme d'une affection sérieuse.

Le diagnostic de la myopie s'impose. Les sujets ne voient les objets que lorsqu'ils sont très rapprochés ; la vision à distance est

su AFFECTIONS CHlElUnGlCALES tIE LAPPAREIL IIE LA VISION.

confuse. Le myope cligne constamment îles yeux (d'où l'expression de myopiej, afin tle transformer le plus possible sa pupille en une feule sténopéiriue en t^cartant les rayons mnrginaux.

I,a (i^terminalion du degré de myopie peut se faire à l'ophtalmoscope, mais dans la pratique elle se fait par l'essayage successif de verres approprii^s.

Le foyer, avons-nous dit, se fait chez le myope en avant de la ri^tine: donc l'œil manque de divergence, ce qu'on lui rendra à Taide de verres biconcaves. Le traitement consistera dans l'emploi de ces verres aussitôt que la myopie se manifestera, afin d't^viler tout effort d'accommodation.

b. Htjpfrmélropie. — L'hypermétropie est un vice de conformation du globe de l'œil tel. que l'a.xe optique élanl trop court pour la puissance des milieux réfringents, le foyer de l'objet perçu se fait en arrii're do la rétine et il en résuile la production de cercles de diffusion. C'est à Donders que nous devons lu connaissance de cet H&i de l'œil. Jusqu'à cette importante découverte, l'embarras était grand lorsqu'on se trouvait en présence d'un jeune sujet qui accusait des troubles graves de la vision, et qui, cependant, n'était ni myope ni presbyte; on se contentait de dire qu'il avait la vue faible, ou bien qu'il était presbyte avant l'ilge.

Pendant de longues années, souvent jusqu'à l'âge de vingt-cinq à trente ans. lu sujet hypermétrope voitcomme l'emmétrope; cela tient à ce que son appareil accommoda tenr, c'est-à-dire son muscle cilitiire, travaille activement de façon à augmenter la courbure de In lentille cristal! inicn ne, et fournit ainsi à l'appareil dioptrique de l'œil la quantité de convergence dont il a be.soîn pour ramener le fiiyer sur la rétine. On dil que, pendant toute cette période, l'hyper mélropie est latente.

MaiB te muscle accommodateur se fatigue à la longue, et dès lors l'hypermélropic devient manifestf, il y a de l'asthénopie accommoda livc. Voici comuR-nl les phéuomfmes apparaissent : Lusujelse livTc. je suppose, à la lecture ou à la couture ; pendant dix minutes, un quart d'heure, la vision est tri^s distincte, mais, ensuite, les objets se brouillent; il faut suspendre le travail un instant et la vision redevient nette pourse brouiller de nouveau. Si le sujet insiste, il survienl du larmoiement et des douleurs circum-orbitaires. Quant aux ubj<'ts éloignés, ils sont très bien

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