‹ Traité de chirurgie clinique v.2 (volume 2)Chapitre 28 sur 105 · MALADIES DE LA RÉFRACTION ET DE L'ACCOMMODATION · texte numérisé non relu

MALADIES DE LA RÉFRACTION ET DE L'ACCOMMODATION

perçus sans fatigue. A ce tableau sommaire vous reconnaîtrez toujours un sujet hypermétrope.

Chez l'hypermétrope, on voit le fond de Toeil à Timage droite, mais pour déterminer le degré d'hypermétropie il faut Texamen avec Tophtalmoscope à réfraction. Dans la pratique ordinaire, on peut se contenter de Tessayage avec des verres convexes, et Ton conseille au malade d'employer les verres avec lesquels les caractères commencent à devenir troubles.

c. Astigmatisme. — Cette anomalie de la réfraction tient à ce que la cornée n'est pas formée dWe portion de sphère absolument régulière, et que, dès lors, les grands cercles ou méridiens qui la coupent ne peuvent venir faire foyer au même point de la rétine. Pour le reconnaître, placez devant le malade un carton sur lequel sont tracées des lignes parallèles, les unes verticales, les autres horizontales, comme les barreaux d'une grille : il pourra, à volonté, distinguer nettement soit les unes, soit les autres, mais jamais les deux à la fois.

On mesure et on corrige Tastigmatisme par l'essayage de verres cylindriques.

Anomalies de r accommodation, — L'accommodation de l'œil aux distances a pour agent le muscle ciliaire qui, par sa contraction, détermine des modifications de courbure du cristallin. On sait que l'instillation de l'atropine dans l'œil paralyse momentanément cette action; la pupille se dilate alors latgement et devient immobile (mydriase). L'emploi de l'ésérine, au contraire, détermine le spasme du muscle ciliaire et il se produit un resserrement de la pupille (myosis). Mais ces états ne sont que transitoires, ou liés à d'autres afifections.

La principale anomalie de l'accommodation est la presbytie, qui consiste en une diminution graduelle de la puissance accommodative. L'agent actif, muscle ciliaire, s'affaiblit peut-être et se contracte moins activement, mais la cause principale de la presbytie réside dans les modifications de texture de l'agent passif, c'est-à-dire du cristallin. Les courbures de cet organe ne peuvent plus se modifier suffisamment, et c'est en cela que le presbyte diffère de l'hypermétrope, chez lequel l'agent actif de Taccommodation est seul en cause.

On sait que le sujet est obligé, pour voir distinctement, d'écarter

peu à peu les objets de ses yeux et que cet état comporte Temploi de verres convexes appropriés.

a. Strabisme, — Le strabisme est caractérisé par la déviation des yeux. Deux causes principales peuvent produire cette déviation : la paralysie des muscles de Tœil, strabisme paralytique ; le défaut de synergie des muscles antagonistes, strabisme vrai. C'est ce dernier qui nous intéresse tout spécialement en chirurgie, parce qu'il est susceptible de guérir à Taide d'une opération.

En présence donc d'un sujet atteint de strabisme, vous devrez résoudre cette première question : le strabisme est-il dû à la paralysie d'un des muscles? ou bien est-il purement dynamique, c'està-dire produit par un défaut de synergie musculaire ? J'indiquerai, en même temps que la réponse à ces questions, la manière de déterminer le muscle qui est paralysé.

Dans le cas de paralysie d'un seul œil, si on pratique Tocclusion de l'œil sain, on remarque une diminution notable dans la motilité de l'œil malade ; l'arc excursif qu'il peut décrire est moins considérable qu'à l'état normal, ce qui n'a pas lieu dans le strabisme vrai.

La déviation secondaire de l\vï[ sain dans la paralysie musculaire est plus grande que la déviation primitive de l'œil malade, tandis que ces deux déviations sont égales dans le strabisme (1).

Enfin, il y a presque toujours, dans le premier cas, diplopie binoculaire ; c'est même là très souvent ce qui constitue le seul signe vraiment manifeste de la paralysie oculaire.

La diplopie ne fait défaut que dans quelques rares cas, comme dans celui d'amblyopie d'un des deux yeux. 11 est d'autres circonstances où le malade peut encore, par sa volonté, annihiler cette diplopie, qui est très gênante et cause du vertige, mais pour cela il est obligé de donner à sa tète une attitude renversée ou penchée, qui, par elle seule, peut mettre le chirurgien sur la voie du diagnostic.

(1) Voici ce qu*oii entend par déviation secondaire et comment on la constate : supposez une paralysie du droit externe gauche; faites regarder le malade en face, rœil malade est dévié en dedans de I à C millimrtres : c'est là la déviation primitive ; fermez Vœi\ sain, alors Tœil malade seul essayera de fixer le même point que tout à rheure, et le malade fera de grands eiTorts ])our fixer ce point, ce qu'il ne pourra faire quln complètement; au même instant découvrez rapidement Tœil sain, et vous le verrez fortement tourné en dedans, beaucoup plus en dedans que ne Tétait tout à Theure l'autre œil : c'est là la déviation secondaire.

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