MALADIES DU NEZ
La peau du nez est fréquemment le siège d'éry thèmes, entretenus par l'intempérance du sujet ou par une disposition générale. Dans ce dernier cas, l'affection est souvent liée à l'existence, dans les narines, d'éruptions eczémateuses, qu'il faut faire disparaître pour guérir l'érythème. On sait que cette même éruption est le point de départ habituel des érysipèles spontanés de la face.
On observe aussi sur le nez des bourgeonnements, des saillies qui peuvent atteindre un volume tel, qu'on leur a donné le nom d'éléphantiasis. Les ouvrages classiques en représentent des exemples vraiment monstrueux.
Lorsque les tumeurs sont petites, disséminées, les glandes sébacées seules sont en cause ; c'est de l'acné qui a reçu l'épithète de rosacea^ et un très bon moyen de traitement consiste à les toucher avec un mélange de 15 grammes de collodion pour 1 gramme d'acide salicylique : mais, dans le véritable éléphantiasis, tous les éléments qui entrent dans la composition du nez ont subi une véritable hypertrophie, y compris les cartilages.
Cette affection nécessite un traitement chirurgical. On enlèvera les tumeurs à l'aide d'un de nos nombreux moyens de diérèse. Chaque cas fournira, d'ailleurs, des indications particulières qu'il est impossible de spécifier à l'avance.
Le nez est un lieu de prédilection pour les ulcérations de toutes sortes. On y rencontre des ulcérations scrofuleuses (le lupus) ; des ulcérations syphilitiques : primitives, secondaires et tertiaires ; des ulcérations cancroïdales. Le diagnostic est souvent facile à établir entre elles, mais il est parfois si difficile qu'il est bon, avant de se prononcer, d'essayer la touche du traitement spécifique.
Le diagnostic est surtout facile, si l'on assiste au début de la maladie. On neconfondrapasun chancre induré (accident très rare au nez) avec un épithéliome ulcéré, en se basant principalement sur la marche de l'affection, le chancre arrivant en quelques jours aune phase dont le développement demanderait plusieurs mois pour l'épithéliome. Les plaques inégales, irrégulières, du lupus se reconnaîtront aisément. La tumeur constituée par l'épithéliome des glandes sudoripares au niveau de l'aile du nez ne laissera pas de doutes sur sa nature, de même que les cancroïdes dermiques, qu'il n'est pas rare d'observer sur le dos et à la racine du nez des vieillards.
Mais, lorsqu'un sujet se présente avec une vaste ulcération ayant détruit tout ou presque tout l'organe, le clinicien éprouve
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toujours un ciTtaîn embarras pour se proiioQcer; le lupus est, il i-st vrai, l'apanage de la jfuiiease, et le cancroide celui de la vieillesse ; l'ulcère syphilitique présenUi une coloration, une forme de ses bords, qui lui sontspéciales etqu'une longue pratique permet, le plus souvent, dereconnaitre, mais, en définitive, le diagnostic De repose que sur des nuances qu'on n'apprécie pas toujours de la même manière, ou qu'ont pu modilier des traitements antérieurs. Cependant, le lupus et l'ulcère syphilitique secondaire ou tertiaire se cicatrisent après avoir achevé leur œuvre de destruction, tandi» que le cancroïdc ne se cicatrise pas et ronge toute la face de proche en proche.
En présence d'une ulcération du nez, il convient toujours d'administrer le traitement antisyphilitique avant d'intervenir d'une façon chirurgicale.
La syphilis, surtout la syphilis tertiaire sous forme de gomnies, peut se développer non dans l'épaisseur de la peau, mais dans tes couches plus profondes du nez, sur son squelette, os et cartilages, et eu particulier sur sa cloison. Il en résulte qu'à un moment donné le nez s'effondre et s'aplatit.
Il n'est pas rare non plus d'observer la circonstance suivante : un sujet est atteint d'un épithéUome dermique delà racine du nez, et le praticien applitpic à sa surface une couche de pAte de Vienne, par exemple; le caustique détruit tout jusqu'aux os inclusivement, et il reste une ouverture par laquelle sortent l'air et les mucosités nasales.
Au résumé, que ce soit h la suite d'un traumatisme, tel que coup de sabre, éclat d'obus, ou bien à la suite d'une ulcération, le nez est quelquefois détruit dans sa totalité. M peut i>lre seulement affaissé par destruction de sa charpente. La destruction peut n'être que partielle, porter sur une ou sur les deux ailes ou sur la souscloison. Tels sont les divers «us en pré.sence desquels se trouvera le praticien, et qui nécessiteront son intervention.
Lorsqu'une perte de substance du nez est cicatrisée, lorstiue la nature a épuisé sa force réparatrice et qu'il reste une difformité choquante, il convient de pratiquer une opération auloplastique qui porte le nom de rhinoplustie.
tthinopiastie. — Cette opération est totale ou partielle, suivant qu'il s'agit de restaurer lu totalité ou bien une partie du nez. Lorsque le nez est simplement déformé h la suite de la destruction
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de la cloison, que la cause soitlraumatique ou spontanée, faut-il tenter de le redresser, de le déplisser? D'une façon générale, je ne le crois pas. L'aspect du malade est sans doute fort disgracieux, mais une autoplastie quelconque aura pour résultat de substituer un genre de laideur à un autre genre : au lieu d'un nez en retrait
Kig. 1C. — Sujet prt'^entant ui
z {Héparationfuite sur la figure I").
VOUS obtiendrez, en cas de succès, un nez en saillie constitué par une masse de cbnirplus ou moins informe; la cosmétique n'y aura pas gagné grandcliose, car ce que nous ne pouvons refaire, c'est la charpente destinée à soutenir les parties molles et à donner au nez sa forme. En conséquence, lant que le nez existe, si laid, si déformé qu'il soit, du moment oii il recouvre les fosses nasales et s'op|K>se à l'écoulement incessant des mucosités nasales, tant
2Ke MALADIES [IE LAI'PAHEIT. DE L llLKACTlON.
que c'est une difforniitô et non une infirmiti5. ji' pense que le mieux est de sabstenir de toiile opération. Cependant, je dois reconnaitre que M. Cli.iput a présent*^ à la Socît^tii de chit en 1893, une femme dont il avait maintpnii le neï. redreM
Kig. 17. — niiliioplDKtlf, Ufiir
ri^paraliou par le [ircréilf' de N^laUrn.
l'uido d'une charpente inétjkiliquc en platine ou en argent doré, ot lo rt^siiltat était très satisfuisant. Se miiiittiendra-l-il?
Mais, ijuand l'orj^ne est dt^truit dans sa totnlitii, ou même partiellement, il en résulte uno vérituLile intirmité, qui met les malades en dehors des conditions de noire \ie sociale. Un soldat, dont le nez avait élé emporté.'! (ira\clolle jinr nu (''clat d'oliiis, ne