‹ Traité de chirurgie clinique v.2 (volume 2)Chapitre 37 sur 105 · MALADIES DU NEZ · texte numérisé non relu

MALADIES DU NEZ

pouvait, quelque glorieuse que fût sa blessure, trouver de travail dans aucun atelier de Paris. Un jeune homme, auquel la syphilis avait enlevé Taile gauche du nez, me déclarait n'avoir plus d'autre ressource que le suicide, si je ne réussissais à le rendre présentable. C'est qu'en effet l'aspect de l'intérieur des fosses nasales, de la muqueuse rougeâtre couverte de mucus, cause un dégoût profond. Une simple fistulette, même située sur le dos du nez, rend la vie insupportable à certains malades.

L'autoplastie du nez présente donc une importance considérable. La prothèse, il est vrai, peut rendre des services, et elle a réalisé

Fig. 18. — Tracé des lambeaux pour pratiquer la rhinoplastie d*après le procédé

de Nélaton.

en caouchouc des nez irréprochables; mais il ne faut y avoir recours que lorsque toute opération autoplastique est impossible, comme à la suite de certains lupus, par exemple : le plus simple opercule en peau vaut mieux que le plus beau nez artificiel.

On en pourrait, d'ailleurs, combiner l'emploi dans certaines circonstances, lorsque, par exemple, le sujet doit être vu à distance. ^

Les opérations autoplastiques applicables à la restauration du nez sont : la réfection totale ; — la réfection d'une ou des deux ailes ; — celle de la sous-cloison ; — l'oblitération d'un orifice ou d'une perte de substance siégeant à la surface du nez.

Rhinoplastie totale, — Diverses méthodes sont employées pour reconstituer le nez dans sa totalité; celle que je conseille est la méthode française, ou méthode par glissement ; les lambeaux doivent être pris de chaque côté sur la joue, d'après le procédé de Nélaton.

Les figures 16, 17 et 18, me paraissent de nature à rendre inutile une description détaillée.

De chaque côté delà perte de substance, taillez un lambeau dont le pédicule réponde à la racine du nez ; descendez jusqu'à la lèvre supérieure. Tracez la base du lambeau suivant une ligne sinueuse qui permette de reconstituer la narine. Mobilisez les lambeaux et suturez-les sur la ligne médiane. Maintenez un bout de sonde dans chaque narine jusqu'à cicatrisation.

Lorsque la destruction du nez s'étend si loin qu'il n'y a plus moyen de trouver un lambeau sur la joue, on pourra tenter de le prendre sur le front (méthode indienne) ou sur le bras (méthode italienne), et en suivant les procédés qui sont décrits et figurés partout.

Restauration de Faile du nez, — Que Taile du nez ait été détruite par la syphilis (c'est la cause la plus habituelle, et on l'observe sur de tout jeunes gens) ou bien emporté par le chirurgien dans l'ablation d'un cancroïde de cette région, le procédé réparateur est le même dans les deux cas. Voici celui que je conseille, et qui m'a donné plusieurs fois des résultats toès satisfaisants.

Les figures 19 et 20 en donnent une idée exacte. Je prends le lambeau sur la face latérale du nez et le détache suffisamment par sa face profcmde pour qu'il puisse être immobilisé et attiré en bas sur la pert^ de substance.

Restauration de la sous-cloison, — La difformité qu'entraîne la ])ertodcla sous-cloison est beaucoup moindre que celle qui résulte de la destruction de l'aile du nez : aussi, l'autoplastie n'est-elle pas aussi indiquée que dans le cas précédent : cependant, on est autorisé à la pratiquer, si le malade la réclame. On prendra comme lambeau la partie médiane de la lèvre supérieure.

Oblitération d'un orifice siégeant sur le dos du nez. — Qu'il exister à la surface du nez un orifice communiquant avec les fosses nasales, ou bien simplement une perte de substance résultant de l'ablation d'une tumeur épithiUiale, le procédé opératoire qu'il convient d'employer est sensiblement le même dans les deux cas. Voici celui que j'ai suivi plusieurs fois et que je conseille :

Reportez-vous à la figure 21. J'ai reproduit en pointillé le tracé

HALADIES DU NEZ.

du lambeau qu'il convient de tailler. Celui-ci est détaché par aa face profonde, mobilisé, attiré vers la ligne médiane et suturé au bord opposé, préalablement avivé.

11 se peut qu'un orifice très étroit siège au niveau du lobule du

Fig. 19. — Destruction de l'aile gaucbe t'ig. 10. ■

nez et ne nécessite pas l'emploi d'une véritable autoplastie. J'ai été assez beureux pour guérir un jeune confrère, affecté de cette disposition qui le rendait le plus malheureux des hommes. Je touchai le trajet avec une pointe de thermocautère, et, quarantc-huii heures après, ayant auparavant gratté les surfaces

MALADIES DE L'APPAnKli, llE L'OLKACTIÛN.

obistouri très étroit,

•, et la r

passai ui parfaite.

11 est à peine besoin do faire remartfucr que les opérations précédentes exigent pour réussir les soins les plus minutieux, ainsi d'ailleurs que toutes les autoplasties, mais il faut réaliser dans

iT lulj't'iricp du dut ilu nc^z. Les li^^nes 1 c[u'il ff-nviciit de Tnirc jinur ohli

le eus particulier deux conditions spéciales: le malade ne doit ni se moucher, ni éternuer pendant les premitresquariink-huit heures pour le inoina : aussi convient-il d'entretenir dans la chambre u t«mpérature absolument unifurme et d'éviter la plus lé^fre cause de rerrnidissement.

B. Maladies des fosses nasales. — Les fusses nasale sstMit le siège fréquent d'héiiiorrng'iesrtppeléesc/yM/ojris. On yrencnntre

MALADIES DES FOSSES NASALES. 2o5

des corps étrangers; elles sont souvent atteintes d'une inflammation chronique avec ou sans ozène, et contiennent un certain nombre de tumeurs, en particulier le myxome.

Je commencerai, toutefois, par dire quelques mots des traumatismes.

Si les traumatismes du nez (contusions, plaies, fractures) sont fréquents, on rencontre, au contraire, moins souvent ces mêmes lésions dans les fosses nasales, vu la profondeur où elles sont situées. Les fractures, cependant, ne sont pas rares, mais elles atteignent les os qui contribuent à leur constitution et ne sauraient être appelées fractures des fosses nasales : nous disons, en effet, fracture de Tethmoïde, fracture du sphénoïde, lorsque c'est la voûte qui est atteinte, et nous les rangeons à juste titre parmi les fractures de la base du crâne; de même une fracture de la paroi inférieure est dite fracture de la voûte palatine; de môme aussi la fracture du maxillaire supérieur et celle des apophyses ptérygoïdes.

On ne peut réellement désigner sous le nom de fractures des fosses nasales que celles du cornet inférieur et de la cloison, parce qu'alors le traumatisme est limité à des organes faisant partie exclusive de la région, et que les symptômes tirent leurs caractères de la région elle-même. Les fractures du vomer et du cornet inférieur isolées, sans fracture des os du crâne et de la face, sont évidemment très rares et ne sauraient guère être produites que par une cause directe, Tintroduction d'un corps étranger, tel qu'un bout de bois, do fer, etc.

Les signes généraux qu'elles fournissent sont un écoulement de sang plus ou moins abondant et une douleur vive. Quant aux signes spéciaux, on observera une déviation de la cloison, s'il s'agit du vomer, déviation parfois telle que l'une des fosses nasales peut être complètement obstruée. Lorsque le cornet inférieur est fracturé, il en peut résulter une compression, une oblitération même de l'orifice inférieur du canal nasal, avec toutes les conséquences : épiphora, catarrhe du sac lacrymal, etc.

Si le diagnostic de ces lésions était établi avec précision, d'après ces seules données, et ce n'est évidemment pas facile, il conviendrait de relever le cornet inférieur, de redresser la cloison avec une sonde cannelée, ou bien une sonde de femme.

Les plaies des fosses nasales empruntent, comme les fractures, leur principal intérêt au voisinage de la cavité crânienne. Un

instrument piquant pénètre d'autant plus facilement dans le crâne qu'il y est conduit directement par le plan incliné du nez, et que la lame criblée de Tethmoïde n'offre qu'une très minime résistance. 11 est bon de songer à la possibilité de ces plaies, en médecine légale : on conçoit, en effet, qu'un instrument piquant, un morceau de fer pointu, ainsi que j'en ai observé un exemple à Beaujon, pénètre dans le crâne et provoque la mort sans que le cadavre porte aucune trace de blessure extérieure. On peut donc exclure l'idée d'un meurtre, ce qui eut lieu, d'ailleurs, dans le cas auquel je fais allusion. De même une balle de revolver de petit calibre pénétrerait directement dans le cerveau à travers la lame criblée sans laisser de traces extérieures appréciables.

On peut rapprocher des plaies de la voûte des fosses nasales l'arrachement d'une portion de cette voûte dans l'extirpation des polypes. J'ai rapporté avec quelques détails, dans mon Traité (Vanatomie topographique, im cas de ce genre : pendant plusieurs années, le malade fut atteint d'un écoulement très abondant de liquide céphalo-rachidien par le nez.

Je rappelle que la muqueuse pituitaire qui tapisse de chaque côté la cloison nasale est épaisse, résistante et, de plus, médiocrement adhérente par sa face profonde. Il en résulte qu'à la suite d'un traumatisme elle peut se décoller d'un seul côté, ou des deux côtés à la fois, et qu'il se produit alors un épanchement sanguin constituant une hématocèle de la cloison. Lorsque la tumeur est double, on ne peut la confondre avec aucune autre affection; lorsqu'elle est unilatérale, ce qui est le cas le plus commun, il serait aisé de la prendre d'abord pour une déviation de la cloison, mais il suffira, pour établir le diagnostic, d'inspecter l'autre narine : au niveau de la saillie dans la narine droite, je suppose, on trouvera une dépression correspondante dans la narine gauche, s'il s'agit d'une déviation.

Je ne crois pas utile d'ouvrir ces hématocèles, à moins d'indications spéciales, telles que gène de la respiration, douleur.

Le foyer sanguin est susceptible de se transformer en foyer purulent, et l'abcès de la cloison se reconnaît aux mêmes signes physiques que l'hématocèle. On en fera l'ouverture au bistouri.

Epistaxis. — L'épistaxis est le saignement du nez. Hien de plus commun que cet accident, et rieu de plus simple aussi dans la très grande majorité des cas, puisque le sang s'arrête de lui-

même : mais parfois le sang ne s'arrête pas et le praticien doit intervenir; Thémostase présente même de temps en temps de réelles difficultés et le tamponnement devient nécessaire.

L'épistaxis traumatique se prolonge rarement, à moins de survenir sur un sujet hémophile. Ce sont, en général, les épistaxis spontanées qui se transforment en de véritables hémorragies. Voici la conduite que Ton tient ordinairement. On commence par remploi des moyens de traitement les plus simples : application sur le nez, le front, la nuque, de compresses froides ou glacées ; élévation du bras du côté correspondant à l'hémorragie, administration à rintérieur du sulfate de quinine, de quelques gouttes de perchlorure de fer. On songe ensuite à toucher la muqueuse pituitaire avec le perchlorure de fer, qu'il faut avoir soin de ne pas employer pur, mais mélangé avec deux tiers d'eau. On porte directement le mélange soit avec un pinceau, ou à l'aide d'une ' injection. Enfin, si l'hémorragie continue, on bouche la narine avec un tampon de charpie, ce qui constitue le tamponnement antérieur; cette dernière manœuvre peut, d'ailleurs, être avantageusement remplacée en oblitérant avec les doigts le nez du malade. Le sang ne sort plus par devant, il est vrai, mais il peut saccumuler en arrière, tomber dans la gorge, ou s'écouler par l'autre narine; le tamponnement antérieur ne sert alors qu'à donner patience au malade; après un temps variable, suivant le degré de l'écoulement, il faut enfin recourir au tamponnement véritable, c'est-à-dire à l'occlusion de l'orifice postérieur des fosses nasales, seul traitement efficace des épistaxis rebelles. Souvent, on recule le plus possible cette petite opération, désagréable à pratiquer et à subir, mais, comme il faudra en définitive y arriver, mieux vaut ne pas attendre que le malade ait perdu une grande quantité de sang.

Pour qu'il atteigne son but et produise le minimum d'accidents possible, le tamponnement doit être pratiqué suivant certaines règles qui n'ont pas été suffisamment établies jusqu'ici.

D'abord, le tampon ne doit pas seulement être maintenu appliqué contre l'orifice postérieur de la fosse nasale, à la manière d'un couvercle, il doit pénétrera frottement dans la. cavité comme un bouchon. S'il n'est qu'appliqué sur l'orifice, il pourra, sans doute, remplir son but, mais à condition d'être fortement serré, sinon le sang sortira sur les côtés. Or, qu'arrive-t-il lorsque le tampon est seulement appliqué? D'abord, il fait dans le pharynx

TiLLAUX. — Chirurgie clinique. I. — 17

2Se MALADIES DE L'APPAREIL DE L'OLFACTIO.

une forte saillie qui gène singulièrement le malade, lui cause parfois un véritable supplice devant durer plusieurs jours, et s'oppose aux mouvements de déglutition, mais il est encore la source fréquente d'un accident plus grave. Veuillez vous reporter à la figure 92 de mon Traité d'anatomie topographiçue {9° éd.), où vous verrez les rapports qu'affecte le pavillon de la trompe d'Eustache avec l'orifice postérieur des fosses nasales : vous constaterez qu'un tampon appliqué sur cet orifice comprime nécessairement la trompe. Le séjour prolongé du tampon y développe une inflammation qui se propage & la caisse, et c'est ainsi que vous comprendrez pourquoi l'otite moyenne aiguë, avec toutes ses conséquences, a éli' isigoalée par les auteurs comme une suite assez fréquente du tamponnement des'fosses nasales. Comment éviter cet inconvénient? C'est en donnant au tampon une forme convenable, en rnpportavec l'orifice par lequel il doit pénétrer. Or, cet orifice n'est pas circulaire, mais rectangulaire; il mesure chez l'adulte une hauteur moyenne de 2 centimètres à 2 centimètres 1/2, et une largeur moitié moindre. Ne faites donc pas une boulette de charpie arrondie devolume quelconque, ayantquelquefois celui d'une noix : construisez un tampon, en quelque sorte sur mesure, tel que je le figure ici en vous représentant la forme de l'orifice dans lequel il Fig. 21. - Forme et dimen.ioa. du ^,^•^^ pén^rcr ; donnez-lui une ditampoQ pour le Umponnement dei . , .

foMes Duaiea d'adulte. mension de 3 centimètres en hau-

teur et IS millimètres de largeur, afin que, les hords se repliant légèrement, il entre à frottement et bouche hermétiquement la caviti^ en venant s'appliquer sur l'extrémité postérieure du cornet inférieur qui lui sert do point d'arrêt. De cette façon, vous assurerez rin^mostasc, vous n'irriterez pas la trompe d'Eustache; le tampon, buaucoup moins gênant, sera mieux supporté, et le voile du palais pourra se mouvoir librement pendant la déglutition.

Préparez le tampon avec de la cliai-pie, ou encore avec de la mèche de coton; il doit iHre sec; serrez-le en son milieu avec un fil très solide, de telle sorte que deux longs Ixiuls de fil dépassent de chaque côté. Si le tampon était destiné Èi être seulement

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appliqué contre rorifice, le fil devrait être double, ainsi qu'on le conseille généralement, afin de pouvoir le maintenir à Taide d'un nœud fait sur le tampon antérieur, mais, comme le tampon doit pénétrer à frottement, il se maintient de lui-même, et il est préférable de se servir d'un fil simple.

Le temps difficile et pénible de l'opération consiste dans le passage du fil des fosses nasales dans la bouche. Toutes les trousses contiennent dans ce but une sonde spéciale, la sonde de Belloc, dont il faut d'avance vérifier le fonctionnement. Cet instrument très ingénieux peut être remplacé par une sonde en gomme que l'on pousse doucement d^^vant en arrière et dont on saisit avec une pince l'extrémité libre derrière le voile du palais, afin de l'attirer à l'extérieur pour y attacher le fil : mais si, ce qui est habituel, l'isthme du gosier est rempli de sang et de mucosités, si le malade est intolérant et fait des efforts incessants de vomissement, on peut éprouver une certaine peine, même à voir la sonde ; masquée par le sang, ou cachée derrière un des piliers, elle est difficile à saisir, de sorte que, à mon avis, la sonde de Belloc est l'instrument de choix.

L'extrémité de la sonde de Belloc, qui fait spontanément saillie dans la bouche en contournant le voile du palais, est attirée à l'extérieur, et on y fixe un des bouts du fil: ce bout est attiré par la narine avec la sonde. L'opération peut, dès lors, être considérée comme presque achevée ; on laisse un instant reposer le malade «ton peut lui faire gargariser la bouche pour enlever les mucosités sanguinolentes qui remplissent l'isthme du gosier. Attirez ensuite le fil de façon à engager le tampon dans la bouche, puis derrière le voile du palais, et enfin dans l'orifice postérieur des fosses nasales ; tirez sur le fil jusqu'à ce que vous sentiez que le tampon est arc-bouté contre le cornet inférieur.

Un bout du fil est fixé hors de la bouche pour plusieurs raisons : d'abord, ce fil permet de retirer le tampon quand on voudra et empêche qu'il ne soit dégluti ; ensuite, il sert à appliquer un second tampon, si, pour une raison quelconque, le premier ne suffisait pas; jl joue le rôle de fil d'attente : aussi, bien que sa présence sur le voile du palais gêne un peu les malades, faut-il absolument maintenir ce fil pendant la durée du traitement.

Pour pratiquer le tamponnement antérieur, faites une queue de cerf-volant avec trois ou quatre bourdonnets assez petits

pour être facilement introduits Tun après l'autre sans faire souffrir le malade, et laissez sortir par la narine le fil qui les relie entre eux. Les trois bouts de fil qui sortent, un par la bouche et deux par la narine, sont ramenés derrière Toreille correspondante.

Voici comment je conseille d*agir les jours suivants : après quarante-huit heures, retirez le tampon antérieur, nettoyez la narine, lavez au besoin la fosse nasale avec de Teau phéniquée et laissez en place le tampon postérieur. Le lendemain, s'il ne s'est pas écoulé de sang, enlevez le tampon postérieur, mais laissez un bout de fil, qui doit être assez long pour sortir par la bouche et permettre, en cas de besoin, la facile application d'un autre tampon. Le lendemain, si rien ne vous fait craindre une hémorragie, enlevez le fil.

Corps étrangers. — Nous avons assez rarement l'occasion dans la pratique d'observer des corps étrangers dans les fosses nasales ; ce n'est pas que les enfants ne s'en introduisent plus souvent encore dans cette cavité que dans l'oreille, mais ils sont, en général, expulsés spontanément dans l'action de se moucher. Je ne saurais comprendre parmi les corps étrangers les amas de mucus nasal concret que l'on a désignés du nom de rhinolithes : ils me paraissent devoir être rattachés à la forme de coryza caséeuxdont je parlerai plus loin.

Fait important à établir, surtout au point de vue du diagnostic: les corps étrangers des fosses nasales peuvent être, et sont même probablement le plus souvent introduits d'arrière on avant pendant les repas lorsqu'on avale de travers, ou pendant un vomissement. Un noyau de cerise, par exemple, peut très facilement s'y engager de cette façon et y séjourner sans que le malade en soupçonne la présence. Des corps étrangers de toute espèce peuvent être introduits d'avant en arrière, soit directement par le malade, soit à la suite d'un accident ou coup de feu. Notons en particulier l'introduction de corps susceptibles de se tuméfier et même de germer, comme un haricot, je suppose. Enfin, on observe assez fréquemment dans les pays chauds, d'après MM. les D" Coquerel et d'Ornellas, la présence dans les fosses nasales d'une mouche, la lucilia hominivore : les larves de cette mouche peuvent même pénétrer jusque dans les sinus frontaux et donner lieu à des accidents terribles. C'est sur les sujets en-

dormis en plein air que cet insecte dépose ses œufs à l'entrée des narines, surtout s'il y a du mucus : aussi, bien que l'accident soit fort rare dans notre pays, est-il bon de surveiller à. cet égard les enfants et de les protéger pendant leur sommeil, principalement contre la grosse mouche bleue, dite mouche à viande.

Le diagnostic des corps étrangers est parfois tellement facile qu'il s'impose, mais il peut présenter de sérieuses difficultés et , dans certains cas, devenir impossible. J'avais dans mon service, à l'hôpital Beaiijon, une pauvre vieille femme atteinte, depuis plusieurs années, d'un coryza chronique. Il s'écoulait fréquemment par la narine du pus fétide, et le stylet me conduisait à une certaine profondeur sur une surface dure, sèche et rugueuse. Je diagnostiquai une nécrose du vomer. En raison de l'âge et de la constitution de la malade, je pensai que l'afTection était de nature syphilitique, pure calomnie de ma part, car, à l'aide d'une pince, je retirai un noyau de cerise, cause de tous les accidents.

Certains corps étrangers peuvent provoquer des épistaxis abondantes. Une jeune femme avait reçu un grain de plomb de chasse, <qui avait pénétré dans la narine droite par l'angle interne de l'œil. Où était exactement le grain de plomb ? on ne pouvait le savoir ; mais il survint une épistaxis d'une abondance extrême, que mon ami le D' Vœlker ne put parvenir à arrêter par les moyens ordinaires, et qui nécessita un tamponnement que je dus même renouveler une deuxième fois.

C'est ordinairement à une suppuration chronique plus ou moins fétide que donne lieu le séjour prolongé des corps étrangers des fosses nasales, et il faut toujours songer à leur existence possible quand on examine pour la première fois un sujet atteint d'ozène. A l'aide du spéculum 7iasi éclairé par lalumière réfléchie, et surtout avec le stylet, on essayera de reconnaître la cause réelle de la suppuration. Quelques malades se plaignent, en outre, d'éprouver dans les narines des douleurs intenses qui irradient du côté des sinus et revêtent une forme névralgique.

Dès que le corps étranger aura été reconnu par la vue ou le toucher, il faudra en pratiquer le plus tôt possible l'extraction avec pinces, crochets, curettes, lenettes, etc. Si son existence était certaine et qu'en raison de son volume on ne pût Textraire par les voies naturelles, il serait indiqué de détacher le nez, comme je l'indiquerai plus loin à propos de l'ozène.

Coryza chronique, — Le coryza chronique, c'est-à-dire Tiiiflammation chronique de la membrane pituitaire, comprend un certain nombre d'états pathologiques fort dissemblables : c'est ainsi qu'il peut n'être que la suite d'un coryza aigu. Il peut être lié à un état catarrhal de Tarrière-gorge, et je m'en occuperai ultérieurement sous le nom de catarrhe naso-pharyngien, en étudiant les affections de l'arrière-cavité des fosses nasales. Ces formes sont caractérisées par un enchifrènement habituel et une perversion de la sécrétion des glandes de la pituitaire, qui est tantôt exagérée, et tantôt, au contraire, diminuée : dans ce dernier cas, c'est le coryza sec. Les malades éprouvent quelques douleurs frontales, ont le plus souvent perdu le sens de l'odorat^ mais ils n'exhalent aucune mauvaise odeur.

Cette affection a encore été désignée sous le nom de rhinite hyperplasique parce qu'elle s'accompagne ordinairement d'une hypertrophie de la pituitaire, presque toujours partielle, et de préférence au niveau du cornet inférieur. Le traitement doit être celui que j'indiquerai plus loin à propos du catarrhe nasopharyngien. Si des bourrelets muqueux persistaient et gênaient le malade, on pourrait les cautériser au galvanocautère, petite opération sans gravité dont on use et abuse même beaucoup de nos jours.

On rencontre d'autres formes de coryza chronique dans lesquelles le signe principal, celui sur lequel les malades et les parents appellent essentiellement l'attention du chirurgien, est une odeur plus ou moins prononcée, parfois infecte et repoussante, et auxquelles on donne le non! à!ozène. L'expression ozène, qui signifie sentir mauvais^ n'est, en réalité, qu'un symptôme, mais ce symptôme est si caractéristique, qu'il mérite de donner son nom à la maladie au même titre que la rougeole, par exemple.

J'estime donc que toute affection chronique des fosses nasales produisant une mauvaise odeur doit être considérée comme un ozène.

Il en existe plusieurs espèces qu'il s'agit de déterminer.

Tantôt, les fosses nasales sont atteintes d'ulcérations analogues à celles qui constituent le lupus du nez, et, comme elles, de nature tuberculeuse ; tantôt, ces ulcérati(ms sont d'origine syphilitique ; d'autres fois, les fosses nasales sont remplies par un produit nauséabond, ressemblant à du mastic ou à du fromage mou; enfin,

il n'existe pas de lésion anatomique nettement appréciable, variété qui est la plus fréquente.

J'admets donc quatre espèces d'ozène : Vozène tuberculeux^ Vozène syphilitique^ Vozène caséeux^ et Vozèiie essentiel ou idiopathique.

J'ai dit plus haut que le séjour prolongé d'un corps étranger dans les fosses nasales pouvait produire une suppuration fétide, mais on ne saurait, à mon sens, considérer comme un ozène véritable cette affection à laquelle il faudra néanmoins songer en établissant le diagnostie.

Je cite également pour mémoire les ulcérations que Ton trouve dans la morve, et qui concernent surtout la chirurgie vétérinaire.

L'ozène est-il de nature microbienne ? Certains travaux récents tendent à le démontrer, et Ton a espéré guérir Taffection par la sérothérapie, mais, sans contester ce que ces recherches peuvent offrir d'intéressant, je m'en tiens encore aujourd'hui au côté purement clinique.

Lorsqu'un malade se présente à notre examen avec un écoulement purulent et fétide des fosses nasales, avant de rechercher à quelle variété d'ozène nous avons affaire, il faut d'abord résoudre cette première question : d'où vient le pus?

Il est évident qu'une tumeur développée dans les fosses nasales, ou dans leur voisinage, peut quelquefois provoquer un écoulement purulent, mais ce phénomène est alors secondaire et il n'est pas, en général, difficile de le rattacher à sa véritable cause. Le diagnostic est un peu plus difficile si le pus provient des sinus frontaux et maxillaires ; mais, outre qu'il existe des signes propres aux affections de ces sinus, il est facile de constater que les fosses nasales elles-mêmes sont libres et saines. De plus, et c'est là un un signe pathognomonique, l'écoulement, au lieu d'être à peu près continu comme dans Tozène, est intermittent; il ne se produit pas lorsque le malade est couché, et survient en abondance si le malade penche la tête, comme pour écrire, par exepiiple.

Le pus provient bien des fosses nasales. Il s'agit maintenant de savoir si nous sommes en présence d'un ozme tuberculeux ou d'un ozène syphilitique^ car les deux autres variétés ne s'accompagnent pas d'écoulement purulent. Le diagnostic n'est pas toujours facile à établir : dans les deux cas, en effet, la muqueuse pituitaire est boursouflée, ulcérée, et il existe un écoulement incessant de pus fétide ; les os peuvent être altérés, nécrosés, accident qui paraît

ôtre cependant plus fréquent dans l'ozène syphilitique que dans l'ozène tuberculeux. Les malades sont fortement enchifrenés, ont la voix nasonnée, respirent très difficilement par le nez.

L'odorat est presque toujours supprimé (1).

La rhinoscopie antérieure avec le spéculum nasi et la rhinoscopie postérieure pourront, sans doute, fournir des renseignements intéressants sur le siège et la forme des ulcérations ou des séquestres, mais j'avoue navoir jamais tiré grand parti de ce genre d'exploration, quiyà mon sens, n'a qu'une médiocre valeur clinique. La rhinoscopie postérieure, qui consiste à introduire au-dessus du voile du palais un miroir à la surface duquel se reQète l'image de l'orifice postérieur des fosses nasales, présente le plus souvent des difficultés matérielles insurmontables, principalement chez les sujets dont le voile du palais est très rapproché de la paroi .postérieure du pharynx, et il existe à cet égard de grandes variétés. On peut sans doute, chez quelques malades, habituer les organes au contact des instruments, surtout si l'on a soin de badigeonner les parties avec une solution de cocaïne, mais il faut néanmoins un temps assez long. La rhinoscopie postérieure demande, en outre, une expérience consommée qu'acquièrent seulement ceux qui se livrent journellement à ce genre d'investigation, et encore, c'était l'opinion du regretté Isambert, ne fournit-elle que peu de renseignements utiles au clinicien. Quant à la rhinoscopie antérieure pratiquée avec le spéculum nasi, soit à la lumière directe, soit à la lumière réfléchie à l'aide d'un miroir, je n'y attache aussi qu'une minime importance. J'ai à peu près constamment observé ce qui suit : ou bien le spéculum reste dans la narine et on ne voit rien de plus qu'en regardant directement, la tète étant renversée et le lobule relevé; ou bien on l'introduit plus profondément et, aussitôt que l'on écarte un peu les valves, les malades, non seulement les enfants, mais aussi les adultes, éprouvent une vive douleur, se soustraient

(1) L'odorat peut être conservé, bien que le malade exhale une odeur nauséabonde. C'est ce que j'ai observé, en 1885, dans mon service de riIôtel-Dieu, sur une élève sage-femme que m'avait adressée le professeur Pajot. Cette malade avait un écoulement incessant de pus fétide, etTexploration directe conduisait sur un séquestre. Elle sentait parfaitement les odeurs, eten particulier celle qu'elle exlialait elle-même. J'en conclus que la lésion n'occupait que la portion inférieure des fosses nasales, dite portion respiratoire, tandis que la partie supérieure, celle où se distribue le nerf olfactif, devait être saine, ce que révénement justifia d'ailleurs. La malade fut, en effet, complètement guérie par l'extraction d'un séquestre comprenant tout le cornet inférieur.

à l'examen et refusent de s'y soumettre à nouveau. D'autres confrères sont peut-être plus heureux, mais voilà ce que j'ai vu à peu près constamment. Je ne repousse pas ce mode d'examen, je le pratique même d'habitude, mais j'engage à n'y attacher que le degré d'importance qu'il mérite, et cela pour toutes les affections des fosses nasales.

Bien autrement utile est l'exploration méthodique des fosses nasales avec un stylet ou une sonde mousse, dans le genre de la sonde de femme, par exemple. En se représentant bien à l'esprit les détails anatomiques, on parcourt successivement le méat inférieur, le méat moyen, le méat supérieur et la cloison dans toute sa hauteur. A Taide du doigt recourbé en crochet derrière le voile du palais, on se rend un compte exact de la disposition de Torifice postérieur.

Lorsque le sujet est jeune, lorsqu'il n'accuse pas daffection syphilitique antérieure, lorsque surtout on n'en trouve aucune trace récente ou ancienne, force est bien de diagnostiquer un ozène tuberculeux, mais l'origine de la maladie est plus souvent syphilitique. Elle survient, en général, dans la période tertiaire de la syphilis, quoiqu'on l'observe aussi pendant la période secondaire : la muqueuse est alors recouverte de plaques muqueuses qui exhalent une odeur insupportable. Le diagnostic ne présente, dans ce cas, aucune difficulté.

Le traitement est local et général ; le traitement local consiste surtout en injections, et j'indiquerai plus loin, à propos de l'ozène essentiel, la manière de les pratiquer. Il faut extraire les séquestres aussitôt qu'ils sont mobiles. Le traitement général consiste dans les reconstituants pour l'ozène tuberculeux et dans le traitement spécifique pour l'ozène syphilitique. Ce dernier doit être fait aussitôt que possible, et largement, soit avec le sirop de Gibert, soit avec l'iodure de potassium à dose croissante de 1 à 6 grammes par jour. Peut-être, en arrivant à temps, pourrez-vous sauver le squelette nasal.

Ozène caséeux. — Sous une influence difficile à déterminer, il se produit parfois dans les fosses nasales une sécrétion de matière épaisse, grisâtre, blanchâtre, de la consistance du fromage mou ou de la matière sébacée ; elle s'y accumule peu à peu et est souvent expulsée, sous forme de masse isolée, dans laclion de se moucher ou de renifler. Elle s'y accumule de nouveau et est rejetée de

266 MALADIES DE L'APPAREIL DE LOLFAGTIOiN.

môme. Quand on examine le produit à sa sortie du nez, on est portr» à croire à l'expulsion d'un corps étranger, tant il a des contours bien limités, mais il se désagrège facilement et on le trouve composé en grande partie de substance épithéliale.

 mesure que le départ se produit dans la fosse nasale, Tair passe de plus en plus difficilement, puis ne passe plus et un ichor fétide s'écoule par la narine. Dès que le bouchon est expulsé, les accidents disparaissent complètement pour se reproduire peu après. J'ai vu des malades chez lesquels ces phénomènes s'étaient ainsi succédé pendant des années. ' '

Il arrive cependant que le bouchon trop adhérent ou trop gros ne sort pas ; son volume augmente peu à peu et les désordres les plus graves en peuvent être la conséquence : sur une jeune femme que j'opérai à Beaujon, la cavité du nez et celle des fosses nasales étaient littéralement remplies parle produit caséeux qui débordait des narines; la cloison, les cornets étaient détruits et le nez considérablement élargi.

Je ne pense pas qu'après avoir indiqué ces caractères de l'ozène caséeux il soit nécessaire d'insister sur le diagnostic, car il est bien rare qu'en venant consulter, le malade n'apporte pas le corps du délit, ou du moins ne donne pas des renseignements suffisamment précis. Lorsque la masse a rempli les narines, on pourrait la confondre avec de volumineux myxomes dont la coloration rosée habituelle serait altérée et devenue grisfttre, mais la consistance de la masse caséeuse dans laquelle pénètre aisément le stylet et l'expulsion de fragments détachés ne tarderont pas à faire reconnaître la nature de la maladie.

Au début de l'affection, il faut favoriser par des injections fréquentes la sortie du produit caséeux, et ce traitement s'opposera en même temps à la reproduction de la maladie. On devra également modifier la surface de la pituitaire, mais j'insisterai sur ces points dans le paragraphe suivant.

Si la matière caséeuse ne peut être chassée par Tinjection, il en faut pratiquer l'extraction à l'aide de curettes. Lorsque la matière remplit toute la cavité, le curage se fait difficilement d'une manière complète à travers les narines, et il est bon, d'ailleurs, après le curage, de cautériser vigoureusement les parois. Voici l'opération que je pratiquai sur la jeûne femme à laquelle je viens de faire allusion : le nez fut détaché complclement, eu portant le bistouri sur le sillon muqueux naso-labial, et renversé sur le front

de façon à mettre complètement à découvert les fosses nasales ; la matière caséeuse fut enlevée rapidement avec une curette, lea parois osseuses nettoyées et touchées avec le fer rouge sur touteleur surface. Le nez, rabattu ensuite, reprit aussitôt sa place, et aucun pansement ne fut nécessaire. Quelques jours après, la malade sortait de Thôpital complètement débarrassée, et je sais que la guérison s'est maintenue. Cette opération, imaginée par le- D^ Rouge (de Lausanne), est d'une exécution facile ; elle donne un large accès dans les fosses nasales, surtout quand celles-ci sont déjà distendues par un produit quelconque, et n'offre pas de gravité. De plus, elle ne laisse à sa suite aucune cicatrice.

Ozène essentiel ou idiopathiqtie. — L'expression d'ozène essentiel' n'est évidemment que relative, car cette maladie est occasionnée, ou du moins accompagnée par une altération de la muqueuse* pituitaire, mais la lésion est, en réalité, très peu prononcée, surtout si on la compare à celle des affections précédentes. D'après une opinion toute moderne, née en Allemagne et que Calmettes soutint en France, l'ozène essentiel serait le résultat d'un vice de conformation des fosses nasales. Par suite d'une atrophie du cornet inférieur, les fosses nasales seraient trop larges ; la colonne d'air qui les traverse pendant l'expiration, rencontrant moins d'obstacles à sa sortie, serait impuissante à chasser les mucosités, et ces dernières, en s'accumulant, deviendraient fétides au contact de l'air. Il faut, à mon avis, faire très bon marché des théories en général; toutefois, j'avoue que celle-ci me surprend et ne me satisfait que médiocrement. J'ai la conviction d'avoir exploré bon nombre de fosses nasales des sujets atteints d'ozène sans rencontrer cette dilatation ; et comment, d'ailleurs, expliquer avec cette théorie l'apparition de la maladie à l'âge de douze, quinze ans et plus, alors que la conformation est congénitale ?

Quoi qu'il en soit, voici l'étatdans lequel se présentent les sujets atteints d'ozène essentiel. Ils se plaignent de trois choses : besoin trop fréquent de se moucher, formation dans les narines de croûtes plus ou moins épaisses, difficiles à expulser, et dégagement d'une mauvaise odeur. Il n'existe pas d'écoulement purulent. A part cela, la santé est, en général, excellente, et rien dans l'aspect extérieur ne révèle cette infirmité, car les malades ne présentent ordinairement aucun des attributs de la scrofule ni de la syphilis. L'odeur est d'autant plus forte que les croûtes de mucus desséché

SGS M\LA[)IEb liE L'AI'PAIŒIL 1>E LOLFACTION. ^M

sont restées filus longtemps dans le nez ; uUe diminue au point ^H \ disparaître presque complf-tement quand les croAtes ont é^H expulsées. L'odeur augmente parfois d'une façon appréciatile^^f Tépoquo dos règles; enfin, elle présente des degrés très varittbl^H , d'un sujet à l'autre et aussi chez le mâiue sujet, ce qui ne mepar^H pas être favorable à la théorie mécanique des autours allemand^H car, enfin, tel sujet exhale une odeur infecte, tel autre sent ft peij^H mauvais : est-ce donc que le premier a les narines plus largos f^H le second ?mais tous les duux mouchent descrodtes qui présenta^H les mêmes caractères extérieurs et séjournent un temps égal dl^H les narines au contact de l'air, et chacun sait que certains su ja^| salissent beaucoup de mouchoirs, mouchent des croûtos de mucus et, cependant, ne sentent pas mauvais, Il ne me paraît pas douteux qu'il existe chez ces malades une altération primitive, soit dans la muqueuse, soit dans le produit de sécrétion des fosses a sales, et c'est k juste raison que Trousseau comparait les put* b ceux qui sentent mauvais des pieds.

Cet état persiste jM'udantde longues années sans suhir de mw ficatiuns notables, et parait cependant diminuer avec le tempj car il est très rare de rencontrer celte forme d'ozène chez b personnes ftgéos, à moins qu'ello neulraine uue mort plus rupî^ ce que j'ignore.

I* traitement de cette afFection est incertain, et la guériat entourée des plus grandes diflicultés: aussi, ne fuut-il janmisl promettre aux malades, que cet état plonge dans une griu tristesse, surtout quand il s'agit de jeunes filles.

Et d'abord, faut-il pratiquer un traitement chirurgical sur li personnes atteintes d'ozéne essentiel '.' Beaucoup do médecins, reconnaissant à cette maladie une origine consliluliuiinelle. repoussent le traitement local comme inutile et se contentent des modificateurs généraux. Ce raisonnement me])aralt aussi just^ que celui qui consisterait une pus traiter localement un abcès froid, euus prétexte qu'il est d'origine diatbésique. Certainement, tout n'est pas local dans celte maladie, mais il y a une manifestation locale très pénible, sinon douloureuse, qu'un traitement approprié peut atténuer et uu^nie guérir, si on l'emploie concurremment avec le traitement général, lorsque l'oz-ène apparaît de bonne heure, vers huit ou dix ans. jr suppose, chez uue petite fille, c'est uue erreur de croire qu'il diminuera ou dispaniitru à l'époque de UM

puberté : il faut donc conseiller de commencer le traitement le plus tôt possible.

Le traitement de Tozène est palliatif et curatif : le premier consiste à faire disparaître les croûtes nasales à Taide d'injections ; le second a pour but de produire une modification de la muqueuse pituitaire et de ses produits de sécrétion.

Les injections, appelées encore douches nasales liquides, par opposition aux douches d'air dont je me suis occupé en étudiant les maladies de Toreille, jouent un rôle très important dans la plupart des affections des fosses nasales et méritent d'être décrites avec soin, d'autant plus que bon nombre de praticiens ne savent pas exactement en quoi elles consistent.

Pour qu'une injection nasale produise un effet convenable, il faut que le liquide pénètre par une fosse nasale et ressorte par l'autre, après avoir lavé la face dorsale du voile du palais et la portion nasale du pharynx. Il est donc nécessaire, pour obtenir ce résultat, que le voile du palais soit redressé et tondu, sans quoi le liquide, descendant dans le pharynx et dans le larynx, déterminerait un accès de suffocation. Pour tendre le voile du palais, il faut respirer par la bouche, ou, ce qui vaut mieux, faire passer le courant du liquide après que le malade a fait une grande inspiration, de façon à pouvoir cesser de respirer un instant. Pendant tout le temps que la respiration est suspendue, le liquide pénètre en totalité d'une fosse nasale dans l'autre. Les malades, même les enfants, arrivent très facilement à pratiquer eux-mêmes cette injection. Je conseille ordinairement, dans ce but, l'irrigateur, mais il est très commode aussi d'employer un système en caoutchouc fonctionnant comme le clysopompe, ou bien le siphon de Weber. On peut, de cette manière, introduire facilement et rapidement une quantité considérable de liquide et faire un nettoyage complet ; la seule condition est que les deux fosses nasales soient complètement perméables. Tout autre système d'injection est à peu près de nulle valeur.

On emploiera successivement ou alternativement comme liquide injecté : de l'eau phéniquée, boriquée, do l'eau de goudron, de l'eau salée, chloralée, du chlorate de potasse, etc., des eaux minérales sulfureuses, l'eau de la Bourboule, etc. Ces injections rendent un énorme service aux malades ; elles détergent les fosses nasales et masquent la mauvaise odeur, si elles ne la détruisent pas. Cependant, malgré ce courant de liquide balayant plusieurs fois par jour les produits de sécrétion, les croûtes ne s'en forment pas

moins et sont expulsées quand elles ont acquis un certain volume. Par conséquent, les injections, môme très bien faites, ne guérissent pas les malades, à moins peut-être qu'elles ne soient employées tout à fait au déhutde l'affection. On est donc autorisé k tenter quelque chose de plus, afin de modifier la muqueuse : c'est ce que j'appelle le traitement curatif.

Je me sers, en général, de la teinture d'iode, au moins au début du traitement, et je l'applique delà façon suivante : le sujet étant endormi (cette opération est très douloureuse et serait absolument impraticable sans le secours du chloroforme), un pinceau de charpie ou de blaireau bien imbibé de teinture d'iode est introduit dans les fosses nasales ; je touche successivement le méat inférieur, le méat moyen, le méat supérieur de l'un et de l'autre côté. J'ai soin, pendant la durée du traitement, de suspendre l'usage des injections afin de mieux apprécier le résultat produit. Un lavage complet des fosses nasales est seulement pratiqué un instant avant la cautérisation, pour que l'action de la teinture d'iode sur la muqueuse soit plus immédiate. Cette manœuvre est répétée à quatre ou cinq jours de distance huit à dix fois de suite. On pourrait remplacer la teinture d'iode par la liqueur de Van Swieten, une solution concentrée de nitrate d'argent, de chlorure de zinc, etc.

Est-on certain de guérir ainsi l'ozène essentiel ? non, sans doute; cependant, j'affirme avoir obtenu des guérisons, et presque toujours de l'amélioration.

Quant à l'ozène tuberculeux et syphilitique, si les injections ne suffisaient pas à amener la guéri son et qu'une extraction des séquestres et une cautérisation au fer rouge fussent jugées nécessaires, il faudrait recourir à l'opération du D' Rouge, c'est-à-dire détacher préalablement le nez de bas en haut, afin d'agir directement sur les fosses nasales, ce que j'ai pratiqué à l'Hôtel-Dieu (1885), avec un plein succès, sur l'élève soge-femme dont j'ai déjà parlé plus haut.

Se basant sur la tliéorie qu'ils ont proposée pour expliquer la production de l'ozène essentiel, les auteurs allemands conseillent l'introduction dans la fosse nasale d'un cylindre de coton qui a pour but d'en rétrécir le calibre : la sécrétion, disent-ils, est modifiée et ne porte plus aucune odeur. Je ne suis pas à même d'apprécier l'efficacité de ce traitement que je u'ai pas employé, mais on conviendra qu'il est loin de constituer une guérison et que des injections bien faites arriveront probablement au même but.

Tumeurs des fosses tiasales. — On rencontre dans les fosses nasales un certain nombre de tumeurs (je ne parle que de celles qui s'y développent primitivement) fort différentes les unes des autres. Parmi ces tumeurs, Tune d'elles est remarquable par sa fréquence et par la prédilection qu'elle affecte pour cette région : je veux parler du myxome désigné sous le nom de polype des fosses nasales : c'est par là que je commencerai cette étude.

Polypes ou myxomes des fosses nasales. — Les polypes des fosses nasales se présentent sous la forme de tumeurs arrondies dont la couleur blanc rosé caractéristique se détache nettement sur le fond rouge de la piluitaire. Ils sont pédicules, s'implantent, en général, dans le méat moyen vers la voûte de la ca\4té. Presque constamment ils se portent vers l'ouverture antérieure des fosses nasales, cependant, exceptionnellement, les polypes peuvent faire saillie à l'orifice postérieur et déprimer le voile du palais.

Mobile sur son pédicule, la tumeur est agitée de mouvements de propulsion en avant, si l'on fait expirer le malade en fermant l'autre narine.

Le nombre des polypes ainsi que leur volume sont extrêmement variables : tantôt, il n'existe qu'un seul polype ramifié comme une grappe ou bien mamelonné comme une tomate, ce cas est le plus heureux, car on peut guérir le malade d'un coup ; le plus souvent, il en existe plusieurs ; c'est quelquefois un véritable semis de polypes implantés un peu sur tous les points de la muqueuse, circonstance très défavorable, car un grand nombre de prises sont nécessaires pour débarrasser les malades et la récidive est la règle. Dans certains cas, les i)olypes sont tassés, comme empilés dans les fosses nasales, et le nez élargi se trouve considérablement déformé.

Les polypes, étant très hygrométriques, se tuméfient par les temps humides et gênent alors beaucoup plus les malades. Ils n'occasionnent, d'ailleurs, aucune douleur, mais seulement de la gêne, qui atteint son maximum lorsque les deux narines sont affectées à la fois et complètement oblitérées. Les malades ne peuvent plus respirer que la bouche ouverte : la gorge est constamment sèche, la voix nasonnée, etc. Lorsqu'il passe encore un peu d'air, on perçoit un bruit de drapeau dû à la locomotion du polype. Parfois, on observe un écoulement séro-purulent.

Le diagnostic des polypes des fosses nasales est ordinairement

très facile àTaide des signes qui précèdent. Quand le myxome est resté longtemps dans les narines, la partie exposée à Tair subit une modification de texture qui en altère Taspect : la muqueuse qui le recouvre, au lieu d'être limitée en ce point par une couche d epitliélium cylindrique à cils vibratiles, ainsi que cela a lieu sur le reste de la surface, est tapissée par une couche d'épithélium pavimenteux stratifié. Il en résulta que le polype, de rosé qu'il doit être, devient gris brunâtre, de consistance plus ferme, et on pourrait le confondre avec une tumeur d'une autre nature, un polype glandulaire, par exemple, erreur qui ne peut être évitée que par Texamen histologique. L'erreur n'est pas grave, d'ailleurs, puisqu'un même traitement est applicable à ces deux cas, dont le pronostic, toutefois, est différent.

Une erreur plus préjudiciable aux malades consiste à prendre pour un polype l'extrémité antérieure du cornet inférieur ou la saillie formée par la déviation de la cloison : mais la muqueuse pituitaire est rougeâtre ; elle forme une saillie qui n'est nullement mobile, et il suffit, en général, d'être prévenu pour éviter Terreur.

La déviation de la cloison en a imposé plus d'une fois pour un polype. Elle se présente sous l'aspect d'une tumeur souvent rouge, parfois rosée, qui obstrue la fosse nasale et s'oppose plus ou moins au passage de l'air. Le diagnostic en est facile : dans la narine opposée à celle où existe la saillie se trouve une dépression siégeant au point correspondant. De plus, si on explore la cloison avec un stylet, on voit que la tumeur fait corps avec elle, et (|u'on ne peut ni la soulever ni la mobiliser. C'est ce denier signe qui sert à différencier les polypes d'une tumeur quelconque développée dans l'épaisseur de la cloison : fibrome, ostéome, chondrome.

Afin de ne pas revenir sur la déviation de la cloison, je dirai (|uc cette petite 'difformité gêne très peu les malades et que, jusqu'à présent, je n'ai pas jugé utile de pratiquer d'opération pour y remédier.

Le seul traitement à opposer aux polypes des fosses nasales est lexlirpation, et le meilleur procédé est l'extraction avec dos pinces. Ces pinces sont légèrement recourbées à leur extrémitij et les mors aplatis latéralement pour mieux pénétrer dans les fosses nasales. Certiiins malades sont doués d'une sensibilité tellement vive, que l'introduction de la pince cause par elle-même une réelle douleur : dautres, au contraire, n'éprouvent qu'un

chatouillement désagréable. Chez les premiers, badigeonnez préalablement les surfaces avec une solution de cocaïne.

Laj)rincipale difficulté consiste à éviter la prise de la muqueuse et des cornets avec la pince et à ne pas saisir indistinctement tout ce qui se rencontre sous l'instrument : c*est dans ce but que Ton a conseillé d'éclairer les fosses nasales avec le miroir frontal et de se conduire comme j'ai conseillé de le faire pour l'extraction des corps étrangers du conduit auditif, c'est-à-dire de n'enlever que ce que l'on voit. Ce procédé est rationnel, sans doute, et met sûrement à l'abri des erreurs, mais il n'est applicable qu'au début de l'opération, lorsque la fosse nasale n'est pas remplie de sang et qu'il n'y a qu'un seul polype à extraire. Lorsqu'il y a de nombreux polypes, lorsqu'ils sont petits et siègent à la partie postérieure des fosses nasales remplies de sang, ce procédé ne donne plus qu'une fausse sécurité ; il est même irréalisable, parce qu'on ne voit plus rien d'une façon distincte. Il est alors préférable d'agir comme on le fait dans la lithotritie pour rechercher les fragments de la pierre avec le seul secours du toucher. Voici comment je conseille de manœuvrer dans tous les cas :

Le sujet est assis sur une chaise basse, la tête légèrement renversée en arrière. La pince est introduite fermée jusqu'au niveau du polype. Les deux branches sont alors écartées l'une de l'autre, et s'appliquent contre les parois des fosses nasales, lesquelles de la sorte ne peuvent être saisies. Fermant l'autre narine, on ordonne au malade de faire une forte expiration, qui a pour but de porter le polype d'arrière en avant et de le pousser entre les mors de la pince ouverte. Les anneaux sont alors rapprochés et maintenus par le cran d'arrêt. Soutenant la pince de la main gauche, on lui imprime de la droite des mouvements de torsion sur place sans aucune traction, et le polype se détache au niveau de son pédicule. Cette même manœuvre est répétée autant de fois qu'il est nécessaire. On détermine ainsi le minimum de douleur, et il est à peu près impossible de saisir la muqueuse ou les cornets.

Il est assez commun, lorsque les polypes sont nombreux, de ne pouvoir débarrasser le malade dans une seule séance, et l'on est parfois surpris de trouver encore des polypes très volumineux que l'on n'avait pas rencontrés. Ces derniers étaient probablement tassés et refoulés au niveau de leur attache à la voûte des fosses nasales.

TiLLAUX. — Chirurgie clinique, I. — iS

Le traitement consécutif est nul.

La récidive est fréquente, et c'est vainement, jusqu'à présent du moins, que j'ai cherché à m'y opposer en faisant renifler des poudres d'alun, du tanin, etc., en faisant pratiquer des douches nasales avec des solutions liquides.

Au lieu d'être constitués par du tissu myxomateux, les polypes des fosses nasales peuvent se développer aux dépens des glandes, qui sont si abondantes dans l'épaisseur de la pituitaire. Ce sont des polyadénomes, et souvent de véritables épithéliomes glandulaires, analogues à ceux que l'on trouve parfois dans la cavité utérine. Ces tumeurs de couleur brunâtre peuvent atteindre un volume considérable, repousser et détruire les cornets, franchir la limite des fosses nasales, soit qu'elles fassent saillie à l'extérieur, ou dans le pharynx, ou vers l'angle interne de l'œil, qui se trouve fortement repoussé en dedans. Ces productions me paraissent devoir être, en clinique, rapprochées des polypes muqueux, parce que, comme eux, elles sont pédiculées et peuvent être enlevées facilement sans occasionner trop de dégâts. La couleur les fera surtout reconnaître; cependant, il sera parfois utile, pour établir le diagnostic, de porter un fragment sous le champ du microscope. Toutefois, les myxomes s'observent souvent des deux côtés à la fois, tandis qu'il m'a semblé que les polyadénomes étaient ordinairement unilatéraux. L'obstruction de la fosse nasale, la déformation du nez, les épistaxis et les douleurs irradiant dans la tète, sont des signes qui leur sont propres.

Le pronostic de cette variété de polypes est beaucoup plus sérieux que celui des myxomes, en raison de leur tendance marquée à la récidive, et aussi du volume considérable qu'ils peuvent atteindre rapidement, les myxomes restant souvent stationnaires pendant de longues années.

Si les polyadénomes sont peu développés, il convient de les extirper par les voies naturelles, à l'aide de pinces, comme les myxomes, mais lorqu'ils sont volumineux et débordent la région, une opération préliminaire est indispensable pour les enlever en totalité et pénétrer jusqu'à leur insertion. Celle qui convient le mieux, en général, est une incision verticale partant de l'angle interne de l'œil, descendant dans le sillon naso-jugal, et gagnant la commissure en traversant le pli gonio-labial. La cicatrice qui en résulte est peu apparente, môme chez les femmes.

Le lambeau comprenant Taile du nez est détaché, et la fosse nasale largement ouverte. Si un prolongement avait traversé Tethmoïde et pénétré dans Torbite, il serait nécessaire de réséquer, avec la pince de Liston, une portion de la branche montante du maxillaire supérieur. La réunion immédiate sera pratiquée avec le plus grand soin pour obtenir le minimum de déformation.

Tumeurs diverses des fosses nasales. — On rencontre dans les fosses nasales, indépendamment des myxomes et des polyadénomes, qui sont de beaucoup les plus communs, des sarcomes, des fibromes, et des ostéomes.

Les sarcomes évoluent comme les polyadénomes et donnent lieu aux mêmes signes physiques, de telle sorte que le diagnostic anatomique de la tumeur ne peut être fait qu'à l'aide du microscope.

Cependant, si la tumeur présente une maj*che rapide, si elle n'est pas pédiculée, on est autorisé à soupçonner l'existence du sarcome.

Le traitement est, d'ailleurs, le même : pratiquer l'extirpation de la tumeur le plus tôt possible, soit par les voies naturelles, si elle n'est pas trop volumineuse, soit en se créant une voie artificielle, ainsi que je l'ai dit précédemment.

Les fibromes des fosses nasales méritent une mention spéciale, car ils constituent une variété de tumeur propre à la région, et même à une certaine partie de la région. On les a, en effet, observés au voisinage de l'orifice postérieur, dans le point où la muqueuse pituitaire est doublée par une couche fibreuse très épaisse, aux dépens de laquelle se développe la tumeur, ainsi que l'a fait remarquer M. Panas. Ces fibromes donnant lieu à un ensemble de signes qui se rapprochent de ceux que déterminent les polypes naso-pharyngiens, j'y reviendrai à propos de ces derniers.

Les ostéomes des fosses nasales prennent généralement naissance dans les sinus de la face : aussi les décrirai-je avec les affections de ces cavités.

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