INFLAMMATIONS DE LA RÉGION PAROTIDIENNE
lades éprouvent un grand état de malaise. La suppuration envahit à peu près constamment et vite toute l'épaisseur de la glande, mais, en raison de la texture très serrée du stroma de la parotide, le pus se collecte difficilement, reste longtemps à Tétat d'infiltration, de telle sorte qu'il n'existe pas de fluctuation véritable. 11 faut tenir grand compte de cette disposition, afin de donner issue au pus en temps opportun. Si l'on attend, en effet, que la suppuration soit très manifeste, il est souvent trop tard pour éviter la production des fusées purulentes vers la bouche, le pharynx, l'oreille, sans compter qu'une incision précoce soulage beaucoup les malades. Il est bon d'agir dès que l'on constate de l'empâtement, une sorte d'oedème.
L'incision devant être assez profonde, il convient de songer à la blessure possible du nerf facial. Aussi, rapprochez-vous de préférence du sterno-mastoïdien plutôt que de l'angle de la mâchoire, le nerf devenant de plus en plus superficiel à mesure qu'il arrive près du masséter, à la surface duquel il s'épanouit. Parvenu à la profondeur de 1 1/2 à 2 centimètres, si vous jugez nécessaire d'aller plus loin, abandonnez le bistouri, servez-vous de la sonde cannelée pour débrider, et faites des mouvements de va-et-vient dans le sens transversal, c'est-à-dire parallèles à la direction du nerf.
La région parotidienne peut renfermer des abcès provenant d'une autre source, une lésion de l'articulation temporo-maxillaire, par exemple. L'origine la plus fréquente est l'oreille. Il suffit de se rappeler que les granulations de la parotide sont en rapport immédiat avec la portion cartilagineuse du conduit auditif externe, sans interposition d'un plan aponévrotique, pour comprendre la propagation d'une otite externe à la parotide, d'autant mieux que le pus peut passer à travers les incisures du cartilage. C'est surtout dans l'otite externe, que j'ai appelée sous-périostique, que Ton observera cette complication.
Ilest encore une autre source de phlegmon parotidien. La glande présente dans son épaisseur quelques ganglions lymphatiques, qui reçoivent les vaisseaux des parties supérieure et antérieure du crâne; l'un de ces ganglions est superficiel, constant, et désigné sous le nom de préauriculaire. Ces ganglions peuvent être atteints d'adénite et donner naissance à un adéno-phlegmon de la loge parotidienne. On observera alors une inflammation franche et un gonflement beaucoup plus circonscrit que dans la parotidite
septique. Il faut attendre alors, avant d'ouvrir, que la collection purulente se manifeste par une iluctuation évidente.
Rapprochons des affections inflammatoires de la région parotidienne le simple engorgement de la glande par rétention de la salive, à la suite de Fobslruction du canal de Sténon. Des corps étrangers s'y peuvent engager, ou bien c'est un petit calcul, un caillot sanguin ou un spasme qui déterminent celte obstruction. Toute la région est tuméfiée sans réaction inflammatoire, et la douleur est très vive. Il faut alors pratiquer le catbétérisme du canal, ainsi que je le dirai en étudiant les affections de la joue.
Je signalerai encore une affection inflammatoire curieuse delà parotide et dont la pathogénie me semble fort obscure. Ghassaignac la désigna sous le nom de parotidite purulente canaliculaire^ ce qui ne nous apprend pas grand'chose. Voici un fait que j'observai à Beaujon, et qui donnera une bonne idée de la maladie. Un jeune homme, âgé de seize ans, est pris subitement d'un gonflement de la parotide gauche. En quarante-huit heures, apparaît sous la peau une tumeur du volume d'un œuf de poule, nettement limitée à la région, et cette tumeur disparait en vingt-quatre heures. Cette disparition est due à l'écoulement par la bouche, à travers le canal de Sténon, d'un liquide purulent d'aspect laiteux. La tumeur est indolente, et la pression à sa surface détermine la sortie du pus par la bouche. C'est la quatrième fois depuis sept ans que les mêmes phénomènes se produisent. Le catbétérisme du canal de Sténon ne me permit de découvrir lexistence d'aucun calcul salivaire.
C. Tumeurs de la région parotidienne. — La peau et la couche sous-cutanée qui passent au-devant de la glande parotide sont susceptibles de présenter les mêmes affections que dans les autres parties du corps : on y rencontre des lipomes, des kystes sébacés, des angiomes, des épithéliomes : mais ces tumeurs ne présentent rien qui soit spécial à la région. 11 n'en est pas de même de celles qui sont situées dans la lofje parotidienne et dont je m'occuperai spécialement dans ce chapitre.
Il est facile de reconnaître si la tumeur est située en dedans ou en dehors de l'aponévrose qui limite la loge par l'épaisseur des parties qui la couvrent et par sa délimitation précise.
Les tumeurs de la parotide empruntent, de même que les plaies, un caractère tout particulier aux dispositions anatomiques de la