‹ Traité de chirurgie clinique v.2 (volume 2)Chapitre 43 sur 105 · TUMEURS DE LA RÉGION PAROTIDIENNE · texte numérisé non relu

TUMEURS DE LA RÉGION PAROTIDIENNE

thrill, etc. ; or l'anévrysme est fort rare dans cette région ; cependant j'ai dit plus haut, à propos des plaies, qu'on y avait observé des anévrysmes artérioso-veineux et j'enai présenté un exemple, en 1890, à la Société de chirurgie.

Le kyste renferme-t-il un liquide sanguinolent, noirâtre, ou bien de la sérosité ? Si la poche faisait une saillie suffisante à la surface des téguments, on rechercherait le phénomène de la transparence, et encore faut-il avoir soin de se servir d'un stéthoscope, car la simple application de la main posée en travers, laissant passer les rayons lumineux entre la peau et les doigts, fait croire aune transparence, qui n'existe pas en réalité : mais la tumeur fait très rarement une saillie suffisante, et ce diagnostic ne peut, le plus souvent, être établi qu'à l'aide d'une ponction exploratrice ; on ne pourra reconnaître autrement qu'il s'agit d'un kyste hydatique.

Vous avez admis l'existence d'un kyste séreux ou séro-sanguinolent, mais ce n'est pas encore tout. Ce kyste est-il simple, idiopathique, en quelque sorte, ou bien est-il développé au sein d'une masse sarcomateuse? est-ce un cysto-sarcome? L'absence de toute partie indurée à son pourtour le fera généralement reconnaître. Cependant, ce point capital dans l'établissement du diagnostic peut rester obscur et nécessite alors l'emploi de la ponction exploratrice. Si, la poche étant vidée, il ne reste plus trace de la tumeur c'est que le kyste est simple.

Un examen minutieux ne vous a permis de reconnaître aucune espèce de fluctuation, la tumeur est solide. Appartient-elle au groupe des tumeurs encapsulées? Pour le reconnaître, recherchez si la peau et la couche sous-cutanée glissent facilement à sa surface ; mettez le sterno-mastoïdien dans un relâchement complet, car son aponévrose se continuant avec celle qui ferme la loge, cette dernière pourrait se trouver tendue et brider la tumeur pendant la contraction du muscle. Imprimez à la tumeur des mouvements dans tous les sens et voyez si elle est mobile, si elle se déplace. Elle pourrait être fixée en un point, vers le lobule de l'oreille, par exemple, etappendueen ce point par un pédicule, autour duquel elle paraît se mouvoir, sans cesser pour cela d'être encapsulée. D'ailleurs, si la tumeur fait à la surface de la région une saillie nettement circonscrite, c'est qu'elle est encapsulée, quand bien même on ne lui imprimerait pas de mouvements sur les couches profondes, quand bien même la peau serait adhérente. En effet, l'enclavement de la tumeur dans la loge peut

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en masquer la mobilité, et la peau est susceptible d'éprouver à la longue un certain degré d'inflammation, et même de sulcérer.

La tumeur appartient au groupe des tumeurs encapsulées. Si elle est lisse, régulière, de consistance élastique, c'est-à-dire rénitente, si elle s'est développée très lentement, si, par exemple, en l'espace de cinq à six ans, elle a atteint le volume d'un œuf de pigeon, il est vraisemblable qu*il s'agit d'un adénome. Cependant, un fibrome^ un lymphome donneraient lieu aux mêmes signes cliniques. Toutefois, il est rare qu'un lymphome soit unique.

La tumeur a- t-elle marché un peu plus vite, est-elle de consistance inégale, molle dans certains points, plus ferme dans d'autres, tout en conservant sa rénitence, il est probable qu'il sagit d'un sarcome^ et il est très possible aussi (ju après ablation le microscope révèle l'existence d'un tissu myxomateux.

Si, au contraire, la tumeur est irrégulière, inégale, bosselée, d'aspect mural ; si elle est dure au toucher, privée de toute rénitence, vous avez affaire à un chondronie.

M. Hanvier a quelquefois rencontré dans ces diverses tumeurs de la parotide de VépUhéliome tubulé^ mais, je le répète, ces divers détails de texture intime, très intéressants sans doute, que nous révèle l'histologie, f(mt plutôt partie de l'histoire naturelle des tumeurs que de leur étude clinique, puisqu*aucun signe ne nous permet de les apprécier sur le vivant.

La tumeur n'est pas mobile sur les couches profondes, elle fait corps avec la parotide; elle pointe du côté de la peau, suivant une bonne comparaison, comme une tête de brioche, mais elle ne forme pas une saillie nettement limitée à son pourtour, bien circonscrite ; elle ne se détache pas de la région : c'est qu'elle n'est pas encapsulée, c'est-à-dire que les éléments qui la constituent se fusionnent avec les éléments voisins, sans interposition d aucune couche celluleuse qui les sépare et les isole. II s agit alors, à peu près certainement, d'un carcinome.

On rencontre, très exceptionnellement, il est vrai, dans cette région, une tumeur d'une nature toute différente et qui paraît également fusionnée avec la glande : c'est un lipome profond. Dans le fond de lexcavation parotidienne, en effet, entre la glande et l'apophyse styloïde, existe une couche celluleuse au sein de laquelle peut prendre naissance un lipome. Celui-ci envoie parfois un prolongement vers la joue, ou bien vers la peau : il re-

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