MALADIES DU VOILE DU PALAIS
ter la perforation, et même de la guérir dans certains cas. Les ulcérations du voile du palais, lorsqu'elles coexistent avec des lésions semblables de la paroi postérieure du pharynx, sont susceptibles de déterminer à la longue une lésion singulière, très rare, il est vrai, consistant dans la soudure du voile à la colonne vertébrale, de telle sorte qu41 n'existe plus de communication entre les fosses nasales et la bouche. Il n'est pas nécessaire d'insister sur les troubles physiologiques qu'entraîne cette lésion, contre laquelle, d'ailleurs, il n'y a le plus souvent rien à faire.
B. Tumeurs du voile du palais. — Le voile du palais peut être le siège de tumeurs de nature diverse, mais il en est une spéciale à cette région c'est Vadénome. Je rappellerai que les deux faces du voile sont tapissées par une membrane muqueuse, et que sous chaque muqueuse existe une épaisse couche de glandes en grappes. Il y a donc deux couches de glandes, l'une supérieure, l'autre inférieure. Chacune d'elles peut être le point de départ d'une tumeur adénoïde, mais c'est principalement aux dépens de la couche inférieure ou buccale que celle-ci se développe. Les deux couches sont séparées l'une de l'autre par les muscles staphylins, mais surtout par l'aponévrose palatine. Cette aponévrose, fortement tendue entre les deux apophyses ptérygoïdes, détermine la direction que prend la tumeur : l'adénome supérieur fait saillie dans le pharynx nasal, l'adénome inférieur se développe vers la cavité buccale.
Le diagnostic de l'adénome nasal présente une certaine difficulté. Il déprime légèrement le voile, fait vers l'orifice postérieur des fosses nasales une saillie en rapport avec son volume, et donne naissance à des signes à peu près identiques à ceux d'un polype fibreux de l'orifice postérieur. Le principal élément de diagnostic est le suivant : introduisez l'index derrière le voile du palais, recourbez-le en crochet, explorez la face supérieure, et vous constaterez aisément que la tumeur fait corps avec le voile lui-même J'ai déjà parlé, plus haut, de cette variété d'adénome à propos des affections du rhino-pharynx.
L'adénome buccal, celui qui prend son point de départ dans la couche glandulaire inférieure, se développe exclusivement du côté de la bouche. II fait une saillie en rapport avec son volume, et peut remplir complètement l'isthme du gosier, au point de s'opposer à la respiration et à la déglutition.
L'adénome du voile du palais, qu'il soit nasal ou buccal, présente une consistance rénitente et une marche lent«, les caractères, en un mot, propres aux adénomes en général. Toutefois, un caractère particulier aux adénomes palatins, c'est qu'ils sont très facilement énucléables. 11 en résulte que le traitement doit consister en une simple incision pratiquée h leur surface ; une pince à griffesetune spatule suftisent pour compléter l'opération. Dans le cas auquel je fais allusion plus haut, je dus fendre préalablement le voile pour arriver sur la tumeur, que je pus énucléer avec le doigt.