MALADIES DU PLANCHER DE LA BOUCHE
doit porter sur toute Tépaisseur des bords, afin de pouvoir opposer entre eux des surfaces d'une certaine largeur; la lèvre droite de la division doit être avivée de la main gauche, et réciproquement. On se servira d'une longue pince à griffes pour saisir le voile et d'un bistouri à lame mince et étroite. Je conseille de faire Tavivement de bas en haut, afin de ne pas être gêné par le sang.
La suture est le temps difficile de la staphylorraphie, et Ton a imaginé un certain nombre de procédés, surtout pour passer le fil d'arrière en avant dans la lèvre droite de la division, mais aujourd'hui nous nous servons d'une aiguille à manche, analogue à celle de Reverdin, et nous traversons les deux lèvres du môme coup, comme dans une suture ordinaire. Ce temps opératoire se trouve ainsi beaucoup simplifié.
On emploiera des fils métalliques fins ou des fils de soie en nombre nécessairement variable, assez rapprochés les uns des autres. Lorsque tous les fils sont passés, faites le rapprochement des bords de la division et assurez-vous que la coaptation s'effectue sans effort, sans tiraillement, sans tension trop prononcée. 11 ne reste plus alors, après avoir attendu que les surfaces saignantes soient sèches, qu'à fixer chacun des points de suture en procédant d'avant en arrière.
Si l'on constate que les lèvres de la division se rapprochent difficilement, et que le voile soit alors fortement tendu, il est indispensable de pratiquer sur les parties latérales, et de chaque côté, une incision libératrice parallèle à la division. On incise avec le bistouri couche par couche jusqu'à ce que le rapprochement s'effectue sans effort; c'est la seule règle qu'il soit, à mon sens, utile de formuler quant à la profondeur à donner aux incisions latérales.
Le malade sera nourri à la cuiller ou au biberon, avec des aliments liquides, pendant les trois ou quatre premiers jours, et les fils seront enlevés le cinquième ou le sixième jour.