CORPS ÉTRANGERS DU PHARYNX ET DE L^ŒSOPHAGE
l'instrument ne vous fait rien percevoir à l'aller ; retirez-le alors doucement, et, presque toujours, vous accrocherez le corps étranger. Tantôt, celui-ci est ramené immédiatement sans grands efforts : mais il n'en est pas toujours ainsi. Il se peut faire que le corps soit tellement implanté dans les parois œsophagiennes (Voy. iig. 55) qu'il résiste aux tractions. La situation peut donc devenir très perplexe pour l'opéré et pour l'opérateur. Il est certain qu'une tentative d'extraction faite avec le panier de de Graefe dans le cas que je représente ici eût été désastreuse, l'instrument engagé au-dessous du fragment d'os n'aurait pu être retiré qu'avec une extrême difficulté. Dans un cas où une femme avait avalé, pendant la nuit, une pièce prothétique (avis aux personnes intéressées) qui s'était fixée très bas dans l'œsophage, j'éprouvai beaucoup de peine pour la décrocher et la ramener au dehors, et je ne réussis que grâce à la flexion de la tige métallique qui rattachait trois dents d'un côté à une dent du côté opposé. Il ne s'ensuivit pas d'accidents sérieux, mais la malade éprouva, pendant un certain temps, des signes d'œsophagite : douleur vive le long de la colonne vertébrale et difficulté de la déglutition.
Si le corps étranger siégeait manifestement dans la portion cervicale de l'œsophage, et qu'on ne pût ni l'extraire par les voies naturelles, ni l'enfoncnr dans l'estomac, il faudrait recourir à l'œsophagotomie externe, rendue plus facile par la présence du corps qui servirait de conducteur, à condition, toutefois, de ne pas attendre le développement d'une périœsophagite. La pharyngotomie inférieure, dont j'ai décrit plus haut le procédé opératoire, conviendrait également.
Vaccident s' est produit depuis un temps plus ou moins long. — Il faut savoir d'abord que des corps étrangers peuvent séjourner dans l'œsophage pendant des mois, et même des années, sans qu'aucun signe en révèle la présence. Le malade a subi une première crise au moment de l'introduction, mais, pour une cause quelconque, on a temporisé; une sorte de tolérance s'est établie et la santé paraît être redevenue normale.
Est-ce une raison pour ne pas suivre la conduite tracée dans le paragraphe précédent ? Non, car il faut abandonner dans l'œsophage les seuls corps étrangers rebelles à tout moyen d'extraction. Il y a de grandes chances, en effet, pour qu'il survienne à la longue des accidents d'une gravité extrême : abcès périœsopha-
Kig. ib. — Kragiuent tl'oi implanté dons les parois de l'œsophage (grand. net.J,