‹ Traité de chirurgie clinique v.2 (volume 2)Chapitre 68 sur 105 · FRACTURE DU COL DE L'OMOPLATE · texte numérisé non relu

FRACTURE DU COL DE L'OMOPLATE

humérale dans la cavité glénoïde, de manière à produire une ankylose artificielle.

Dans un cas, où trente-quatre récidives s'étaient produites en huit mois, M. Ricard mita nu la capsule par safaceantéro-interne, la fendit dans le sens transversal, et en diminua Tétendue en fronçant les lèvres de la plaie à Taide de fils de soie. La luxation ne s'était pas reproduite au bout d'une année.

L'opération de M. Ricard, très rationnelle, et consacrée, d'ailleurs, par le succès, me parait devoir être la méthode de choix, lorsque le sujet réclame une intervention.

b. Fractures du moignon de l'épaule. — Un examen attentif vous a permis de rejeter la luxation de l'épaule, recherchez alors s'il n'existerait pas une fracture.

Plusieurs fractures peuvent se rencontrer dans cette région : les unes sont rares, les autres sont cpmmunes. Les fractures rares sont celles de l'acromion, de l'apophyse coracoïde et du col de l'omoplate ; les fractures communes sont celles de l'extrémité externe de la clavicule (déjà étudiées à propos de la région claviculaire, et qui méritent, toutefois, d'être groupées parmi les fractures du moignon de l'épaule) et celles de la tête de l'humérus.

La vue et le palper de la région vous permettront de reconnaître la fracture de Vacromion : vous constaterez que cet os est légèrement abaissé; vous reconnaîtrez par la pression qu'il existe un point douloureux fixe , et les mouvements de l'épaule seront plus ou moins impossibles.

La fracture de l'apophyse coracoïde est extrêmement rare, en raison de l'épaisseur des parties qui recouvrent cet os. Lorsqu'en exerçant une pression au-dessous de la clavicule, dans la région du creux sous-claviculaire, directement sur le prolongement du pli axillaire, vous déterminerez une vive douleur, il est possible qu'il existe une fracture de cette apophyse. La crépitation et la mobilité anormale vous donneraient la certitude.

La fracture du col de l'omoplate est une affection rare, moins cependant que les deux précédentes, et dont le mécanisme est assez difficile à comprendre. Son existence ne saurait pourtant être mise en doute. L'omoplate se détache au niveau de la partie rétrécie qui supporte la cavité glénoïde et constitue le col de cet os. Ce fragment s abaisse, et entraîne avec lui la tête humé*

raie. Il en rt^sulto une déformatiou consldc^rable Jii moignon de r^paul(ï,riippelant beaucoup à première vue celle de la luxation, d'oji l'intérM de cetto fracture. On pourrait encore la confondre avec la luxation complète de rextrémiti^ externe de laclavlculp. dont j'ai parli- plus haut.

La luxation de la clavicule, la fracture du col de l'omoplate, et la luxation de l'i^paule présentent, en elFet, trois signes communs et très frappants : un relief osseux, saillant sous la peau : audessous du ce relief, un mt^pUt; au niveau de ce méplat, une dépression dans lacjuelle s'enfonce le doigt.

Dans la luxation de la clavicule, la saillie osseuse est formée par l'extrémité externe de cet os ; on constate aisûmenl au loucher sa continuité avec le corps de l'os, et en la déprimant, même If^èrcment, toute déformation disparait pour se reproduire aussitôt qu'on retire le doigt.

La confusion est plus fitcïle entre la fracture du col de l'oraoplate et la luxation de l'épaule; elle est même généralement faite dés l'abord, avant tout examen. Dans les deux cas, en effet, la saillie est formée par Tacromion ; le méplat est sous-acromial. et le doigt déprime les libres du muscle deltoïde. Mais dans ta fracture le coude n'est pas écarté du (ronc ; l'axe du bras n'a pas varié ; il n'existe pas d'encoche delloïdienne, etc. Toutefois, le signe différentiel pathognomonique entre ces deux affections est lu suivant : appliquez une main sur le moignon de l'épaule, en pressant légèrement, et souleveit lu coude de l'autre main; les choses se remettront en |ilace immédiatement et toute déformation disparaîtra, s'il s'agit d'une fracture du col ; il sera facile d'imprimer ù l'humérus des mouvements de rotation non douloureux et se passant d'une façon évidente dans In cavité glénoïde. Abandonnez les parties à elles-mêmes : le fragment s'ubaissant, la déformation reparait aussîlùt.

Le seul traitement applicable à ces diverses variétés de fracture est l'écharpe double.

Après vous être Bîisuré que les lésions précédentes n'existent pas, recherchez si la tête de l'humérus n'est pas fracturée.

Les auteurs décrivent ordinairement cette fracture sous la rubrique : fracture de l'extrémité supérieure de rituinéms. dont ils établissent deux variétés: fracture du col anatomîque, fracture du col chirurgical. Celle dont je m*DCcupe actuellement

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