‹ Traité de chirurgie clinique v.2 (volume 2)Chapitre 78 sur 105 · RÉSECTION DU COUDE · texte numérisé non relu

RÉSECTION DU COUDE

sans plus tarder, avec un appareil ouaté. Maintenez votre appareil une quinzaine de jours environ ; nouvelles pointes de feu et nouvel appareil. Continuez ce traitement pendant un temps variable, suivant la marche de l'affection, en mettant un intervalle plus ou moins grand entre la levée de chaque appareil. Oppo^ sez-vous, pendant tout ce temps, à l'usage du bras. Mais le coude va s'ankyloser, vous objectera-t-on à chaque instant. Bienheureux lorsqu'une arthrite tuberculeuse est guérie au prix d'une ankylose dans une bonne position !

Inutile de dire que, pendant tout ce temps, vous prescrivez les reconstituants sous toutes les formes et le séjour au bord de la mer, si cela est possible.

Mais, malgré un traitement rationnel, la maladijS a fait des progrès incessants : il est survenu des abcès autour du coude, des trajets fistulefux se sont établis, le stylet pénètre sur des surfaces osseuses cariées. Bien qu'à cette période la guérîson puisse encore s'obtenir, surtout lorsque le malade n'a pas été traité convenablement jusqu'alors, je pense, toutefois, que le plus sage est de recourir à la résection du coude, car il y a beaucoup plus de chances pour que la maladie augmente encore, et cette opé-^ ration, peu grave par elle-même, donne de si bons résultats fonctionnels qu'il me parait préférable d'y recourir plutôt que de tenter les chances douteuses d'une guérison spontanée, ne fût-ce que pour soustraire le malade aux dangers de l'épuisement et de la généralisation.

Enfin, plus tard encore, le coude est tout entier désorganisé ; les ligaments latéraux sont détruits, on obtient des mouvements anormaux, et il se produit de nombreux craquements dans la jointure. La résection s'impose alors, à moins même qu'il ne soit trop tard et qu'une amputation du bras ne soit devenue la seule ressource.

Quel que soit l'âge du sujet, la résection du coude, quand elle est possible, doit toujours être préférée à l'amputation ; et ce précepte est de règle absolue pour les enfants.

C'est également surtout chez les enfants que M. Lannelongue a obtenu des résultats importants avec les injections de chlorure de zinc pratiquées au pourtour de l'articulation.

Voici le procédé qu'il convient de suivre pour pratiquer la résection du coude :

Pour que cette opération donne tous ses fruits, deux conditions opératoires sont nécessaires : la première est de conserver le tendon du triceps, afin que le malade puisse jouir plus tard dt*^ mouvements actifs d'extension, résultat, jusqu'à M. Ollîer, considéré comme impossible ; la seconde est deconserver le nerf cubital

Je résumerai brièvement les divers temps opératoires qui doivent se succéder.

Le malade est endormi, la bande d'Esmarch appliquée. Le bras repose par sa face interne sur un plan résistant, à hauteur convenable pour que l'opérateur soit assis.

1** Incision latérale externe. Nélaton la faisait rectiligne, mais il est préférable, suivant le conseil de M. OUier, de la couder en forme de baïonnette à sa partie moyenne, de façon à se rapprocher, le plus possible, de l'insertion du tendon du triceps, dont le détachement est ainsi rendu plus facile. Cette incision commence à 4 centimètres au-dessus et se termine à 4 centimètres audessous, environ, de l'interligne articulaire.

2' Détacher les deux lèvres de la plaie. Ce temps difficile et long est une œuvre de patience ; servez-vous surtout de la rugine et du détache-tendon de M. Ollier ; le moins possible du bistouri ; détachez les muscles de leurs insertions ; détachez surtout avec soin le tendon du triceps (c'est le temps le plus difficile de l'opération) : conservez la continuité avec le périoste de l'olécràne. Pendant la dissection de la lèvre antérieure de la plaie, l'articulation radio-humérale a été largement ouverte.

3"" Passez au-dessous du col du radius une sonde de Blandin et sciez ce col avec une petite scie à main. Il n'y a pas lieu de se préoccuper du tendon de biceps, qui s'insère plus bas sur la tubérosité bicipitale du radius.

4" Saisissez le bras d'une main, l'avant-bras de l'autre, et imprimez à l'articulation un mouvement latéral interne suffisant pour luxer le cubitus, qui vient faire saillie au dehors, à la place laissée libre par l'ablation de la tète radiale. Non seulement cette manœuvre facilite la résection du cubitus, mais elle dégage encore le nerf cubital et rend la blessure de ce nerf si impossible, qu'on ne doit pas môme le voir au cours d'une opération bien faite. Désinsérez alors le muscle brachial antérieur de l'apophyse coronoïde, en rasant la face inférieure de cette apophyse jusqu'à sa base. Sciez le crochet cubital.

5"" 11 ne reste plus que l'humérus, qui tient par ses attaches

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