‹ Traité de chirurgie clinique v.2 (volume 2)Chapitre 80 sur 105 · ANKYLOSE DU COUDE · texte numérisé non relu

ANKYLOSE DU COUDE

gouttière en carton mouillé ou une gouttière plâtrée rempliront très bien Toffice pour maintenir les choses en place.

Un certain nombre do chirurgiens pratiquent aujourd'hui couramment la suture métallique des fragments, mais je n'en ai pas vu, jusqu'à présent, la nécessité dans ma pratique.

Ankylose du coude. — Le coude est l'une des régions du corps où l'on observe le plus fréquemment l'ankylose, et le chirurgien rencontre à chaque instant devant lui la question de pratique que soulève cette aifection, ce qui ma engagé à en faire l'objet d'un chapitre spécial.

Il faut établir tout d'abord une distinction capitale entre l'ankylose incomplète et Tankylose complète. Dans certains cas, la constatation est des plus simples lorsque le malade exécute encore quelques mouvements, mais il en est d'autres où l'on éprouve des difGcultés, et il faut y regarder de très près pour reconnaître que les surfaces articulaires ont conservé entre elles une mobilité presque imperceptible. Et pourtant, il est de toute importance d'arriver à ce diagnostic dans le cas où l'on jugerait à propos d'intervenir, car de là dépend l'emploi ou le rejet d'une opération sanglante.

Prenons d'abord le cas d'une ankylose du coude incomplète. Que faut-il faire?

La conduite du praticien sera différente suivant l'attitude du bras. Si Tavant-bras est à angle droit sur le bras, bornez-vous à conseiller le plus de mouvements possible (je fais abstraction, bien entendu, du cas dans lequel, Tankylose étant consécutive à une tumeur blanche du coude, elle devrait être respectée et même consolidée).

Si le bras est ankylose en position rectiligne, quelle que soit la cause première de Tankylose : tumeur blanche, inflammation franche ou traumatisme, il faut remettre le bras dans une situation telle, qu'il puisse être utile, c'est-à-dire à angle droit ou mieux à angle aigu.

Lorsque des manœuvres suffisamment prolongées de flexion et d'extension modérées ont été tentées inutilement, endormez le malade; employez la force pour fléchir Tavant-bras, quand même devrait se produire une rupture osseuse, celle de Tolécrâne, par exemple. Une fois le résultat produit, s'il s'agit d'une tumeur blanche^, on consolide le bras dans cette nouvelle position : s'il

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AFFECTIOK^ CillHUitGlCAl.E5 DU MEMilHE SUPËRIEL'H.

s'agît d'une affection iallaniuiatoire ou dune raideur consécutive à un triiuniatUme, il faudra, après qiipl(]ue!i jours de repos donnt^s & la jointure, lui imprimer des mouvements pour ramener, aulaul que possible, le jeu normal dos surfaces artiuuluires.

En eus de tumeur hlatiche. il y aurait toutefois lieu de discuter si une riîsection du eoudene conviendrait pas mieux qu'une flexion forc^^e, ce qui dépend du de^riï de lésion des surlares osseuses.

i^upposons le second cas clinique : l'ankylose est complète, il existe une fusion entre les os du coude.

Le bras est dans la position rectiligne : l'indication n'est [ms douteuse, il faut détruire l'ankylost^' pour ramener le bras & angle droit. L'ostêoclasie ne convient plus, c'est à l'ostéotomie, c'està-dire h la résection cunéiforme, qu'il faut recourir, et l'on se comportera ultérieurement comme dans le cas précédent, suivant la cause initiale de la lésion. C'est alors une résection orthopêiHiftie,

Mais le bras est ankylosc à angle droit, il rend des services uu malade (il ne s'agit pas d'une ancienne tumeur blanche, bien entendu). Le chirurgien doit-il proposer an malade une opération dans le but de restituer l'usage complet du membre, de rétablir tes mouvements de flexion et d'extension, de créer, en un mot, une nouvelle articulation?

Cette question n'eût pas même été posée avant l'emploi de la méthode antiseptique, alors qu'une résection du coude faisait courir des dangers de mort au malade, mais, aujourd'hui, on est autorisé & la discuter. On ne peut toutefois pas la résoudre d'une manière complète, car il s'agit \h d'nne convenance, eu quelque sorte personnelle, pour chaque malade. Il en est qui s'accommodent très bien d'une ankylose à angle droit; d'autres, au contraire, ne pouvant eserfer convenablement leur profession, réclament vivement la récupérution des mouvements. Mon opinion à cet égard est que le chirur^iou peut accéder au désir du malade. mais ne doit pa» presser sur sa détermination : c'est, eu effet, nne de ces opérations dites de eomplaisance, et, si la résection du coude n'est plus grave aujourd'hui, ce n'en est pas moins une opération sérieuse. D'autre part, ètes-vous bien certain, même après la résection, de ne pas voir se reproduire l'ankylose ? Non. vuuit ne tèles pas, et il est même bon d'eu prévenir le^^ lunlades

AFFECTIONS CHIRURGICALES DE L^AVAiNT-BRAS. 639

avant qu'ils se décident à l'opération. Dans un cas, et il s'agissait cependant d'une jeune fille de seize ans^ je n'ai pu, quoi que j'aie fait, éviter la reproduction de Tankylose osseuse^ comme s'il existait chez quelques sujets une diathèse ankylosante.

La résection orthopédique, pratiquée dans le but de créer une néoarticulation, exige des soins consécutifs spéciaux. Il faut mobiliser rapidement les extrémités osseuses et les maintenir écartées Tune de l'autre, ce qui nécessitera ordinairement l'emploi de l'extension continue.

Je dois signaler ici la très ingénieuse opération faite par M. Defontaine sur un ouvrier atteint d'ankylose complète du coude. A la résection, il substitua une simple ostéotomie, en donnant à la section osseuse une courbure à concavité antérieure rappelant la forme de la trochlée, d'où le nom di! ostéotomie trochléiforme proposée par l'auteur à cette opération. M. Defontaine présenta le malade à la Société de chirurgie, et nous pûmes constater un résultat absolument remarquable.

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