‹ Traité de chirurgie clinique v.2 (volume 2)Chapitre 85 sur 105 · PLAIES DE LA MAIN · texte numérisé non relu

PLAIES DE LA MAIN

hémorragie véritable, les artères principales ayant été étirées et oblitérées ; le premier pansement, fait en général avant votre arrivée, suffit à arrêter le sang.

Mais, supposons que vous aperceviez dans la plaie, contuse ou non, un jet de sang artériel, l'indication est toute tracée : agrandissez, au besoin, la plaie, allez à la recherche du vaisseau qui donne, et, après un peu plus ou un peu moins de tâtonnement, vous finissez par trouver Tartère, sur laquelle vous mettez un fil, avec la précaution de lier les deux bouts, ou môme une pince à forcipressure laissée en place durant vingt-quatre heures. On fait, en définitive, rhémostase en suivant une règle applicable à toutes les régions du corps. Peut-être éprouve-t-on parfois ici un peu plus de difficulté, en raison du petit espace et de la texture serrée de la main, mais voilà tout. La véritable difficulté ne commence que plus tard.

Il ne s'est pas produit d'hémorragie au moment de l'accident, ou bien la compression a suffi pour l'arrêter; la plaie parait en bonne voie de cicatrisation, lorsque, sans cause connue, vers le huitième ou le dixième jour, et quelquefois même plus tard, parait un suintement de sang rutilant qui tache le pansement. Le sang s'arrête souvent de lui-même, ou à l'aide d'une compression légère, mais il reparaît bientôt, et ainsi Je suite : les hémorragies se succèdent et finissent par compromettre la vie du blessé. C'est une hémorragie secondaire.

Que s'est-il donc passé dans la plaie ?

Le caillot, qui avait d'abord oblitéré l'artère, au lieu de s'organiser, d'adhérer aux parois du vaisseau pour en fermer définitivement la lumière, s'est ramolli, dissocié, et a été chassé par les contractions du cœur. Pourquoi ce travail de désorganisation? Parce que la plaie ne se trouvait pas dans les conditions convenables pour produire un travail adhésif, un travail de réunion immédiate, en un mot, parce qu'elle n'était pas aseptique.

Sans doute, la disposition des arcades palmaires (Voy. Anatomie topogr.^ 9' éd., fig. 181) expose cette région, plus que toute autre peut-être, aux hémorragies secondaires, en raison des anastomoses si nombreuses des artères ; mais la cause réelle, constante, de ces hémorragies est la septicité de la plaie. Dans la paume de la main comme ailleurs, traitez bien la plaie, et vous n'observerez pas d'hémorragie secondaire. C'est pourquoi je disais plus haut que ce grave accident nous préoccupait beau-

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coup moiuâ aojourdliui, car il en est de lui comme de Tinfectioo purulente, dont noas n airons pins guère qoe le souvenir.

Il est cependant une circonstance dans laquelle nne hémorragie secondaire peut se prodnîre^ malgré tous les soins apportés an traitement de la plaie, c'est lorsqnll s'agit d*un eoop de feu. Il est possible, en effet, que des escarres aient été produites lorsque le coup est tiré à bout portant et se détachent du qiia> triènie au dixième jour. Mais, dans ce cas, une compression bien faite peut sufBre à arrêter lliémorragie, car il n'y a pas de rai- Min pour qu'un caillot ne vienne oblitérer l'artère.

Lors'iue, néanmoins, une hémorragie secondaire, persistante, *^ produit dans la paume de la main, que faire ?

Le ca.> est difficile et embarrassant. On n'est plus ici en prifsence d'une plaie fraîche, qu'il suffit de fouiller plus ou moins' pour trouver la source du sang. C'est une plaie étroite, sinueuse, quelquefois très profonde, entourée de tissus indurés, inextensibles, et située dans une région remplie d'oi^nes importants dont il faut éviter la blessure. On conçoit donc que les chirurgiens sérieux aient hésité à entreprendre pareille besogne et aient eu recours à l'hémostase directe par la ligature des artères de Tavant-bras, et même du bras.

A ces difficultés opératoires se joignait autrefois cette idée théorique : une artère située dans un foyer de suppuration ne pourrait supporter une ligature sans se rompre ; idée reconnue fausse depuis les recherches de Dupuytreu et de Nélaton. Mais, est-on certain de se rendre maître de rii('*morragie par la ligature des artères situées au-dessus du poignet? La science renferme bon nombre d'exemples qui prouvent le contraire, ce dont la disposition des artères du bras rend parfaitement compte. On a li<? successivement les artères radiale et cubitale. Tarière huniérale, et même laxillaire, sans arrêter Thémorragie.

Ce (|u'il faut donc faire, c'est d'aller résolument dans la plaie à la recherche du vaisseau, et de n'abandonner le blessé qu'après avoir réussi à placer une ligature ou une pince, quelle que soit la durée de Topération.

Au résumé, 'dans une plaie delà paume de la main par instrument piquant, faites 1 occlusion.

Lorsque la plaie est le résultat d'un instrument tranchant, faites riiémostase comme partout ailleurs, si elle est nécessaire;

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