DIFFORMITÉS DES DOIGTS
au doigt sa rectitude normale. Si, pour un motif quelconque, il fallait intervenir, laniputation du doigt serait encore la meilleure ressource.
Lorsqu'un doigt est atteint de mégalodactylie trop choquante, il faut en faire l'ablation.
Dans la syndactylie^ Tintervention est nulle, si les phalanges sont soudées entre elles. Lorsque les doigts sont simplement palmés, une opération doit être pratiquée, si la palmure s'étend assez bas pour gêner les mouvements. On peut détruire la peau parla cautérisation, la ligature élastique, etc., mais la récidive est à craindre. Le meilleur procédé, si toutefois on trouve assez de téguments, consiste à diviser la palmure au milieu et à suturer isolément chaque lèvre de la plaie, a(in d'obtenir une réunion immédiate.
Je renvoie le lecteur aux traités spéciaux de médecine opératoire mentionnant les opérations assez nombreuses proposées contre la syndactylie, lesquelles, d'ailleurs, sont en rapport avec chaque cas particulier.
Lorsqu'un doigt surnuméraire est dans le rang, il n'y faut évidemment pas toucher, mais s'il constitue, ce qui est la règle, un appendice disgracieux et inutile situé sur les côtés de la main, débarrassez-en le sujet. Il n'est pas rare de voir ce doigt posséder une articulation commune avec le doigt voisin, et l'on s'est posé la question de savoir s il valait mieux amputer dans la continuité ou désarticuler. En désarticulant, on sexpose à une arthrite traumatique ; en amputant, on laisse dans la plaie le point épiphysaire et, le doigt s'allongeant de nouveau, on observe une récidive. D'ailleurs, cette question a perdu toute son importance avec les méthodes antiseptiques, et je conclus qu'il est préférable de désarticuler.
En terminant ce qui est relatif à la pathologie des doigts, je formulerai ces quelques préceptes de médecine^opératoire.
Rappelez-vous qu'une cicatrice pouvant être, et rester même toute la vie douloureuse, les opérations sur les doigts doivent être combinées de fac^on que cette cicatrice soit aussi éloignée que possible de la face palmaire sur laquelle s'exerce la préhension. CetU» règle est surtout applicable au pouce, auquel conviennent particulièrement les amputations elliptique et à lambeau antérieur, qui placent la cicatrice sur la face dorsale.
704 AFFECTIONS CRIRURGICALES DU MEMBRE SLPÉRIEUR.
La raquette est défectueuse au pouce parce que la cicatrice, se trouvant à rextrémité du moignon, peut subir des froissements.
Enlevez des doigts le moins possible, et ne craignez pas de substituer une amputation dans la continuité à une désarticulation. Cette règle est surtout applicable h l'extrémité supérieure de la première phalange.