FRACTURES DB CÔTES
2* Fractures ae côtes. — Les fractures de côtes sont, de toutes les fractures, celles que Ton rencontre le plus communément dans la pratique. Elles résultent, à peu près constamment, d'un choc direct, mais la fracture ne siège pas nécessairementdans le point où a porté le choc. Une forte pression, en effet, exercée dans le sens de l'axe antéro-postérieur du thorax, peut exagérer à ce point la courbure physiologique des côtes que celles-ci se brisent, le plus souvent môme, en plusieurs endroits à la fois. La première côte, en raison de sa situation sous la clavicule, et les deux dernières, à cause de leur mobilité, échappent ordinairement au traumatisme dont sont atteintes, de préférence, les côtes moyennes.
En présence d'un sujet chez lequel vous soupçonnez une fracture de côte, après vous être enquis de la cause et du côté affecté, pressez légèrement sur les divers points du thorax, et recherchez, tout d abord, s'il existe de Temphysème sous-cutané. Suivant que vous trouvez ou non de l'emphysème, vous faites immédiatement le départ entre la fracture simple et la fracture compliquée de lésion du poumon. C'est déjà un grand pas dans la voie du diagnostic.
Si vous trouvez de l'emphysème, vous pouvez affirmer l'existence d'une fracture de côte, dont nous étudierons plus loin les divers caractères cliniques.
Vous ne constatez pas d'emphysème ; il faut alors résoudre cette question : S'agit-il d'une fracture de côte, ou bien d'une simple contusion du thorax ?
Le signe pathognomonique de la fracture simple de côte est la crépitation. Celle-ci est tellement bruyante lorsqu'il y a fracas du thorax, que la simple application de la main permet de la percevoir, mais il est loin d'en être toujours ainsi : certaines fractures de côte incomplètes ne produisent pas ce phénomène ; "ensuite les fragments sont souvent engrenés et frottent difficilement l'un contre l'autre, surtout si le traumatisme est limité à une seule côte. Quoi qu'il en soit, procédez de la manière suivante : appliquez à plat la main sur le point que vous supposez atteint, et ordonnez au malade de tousser. Le mouvement que subit le thorax pendant Tcxpiration, suffit, en général, à produire la crépitation, et le diagnostic est certain. Recherchez alors quelle est la côte fracturée. Plusieurs côtes sont-elles atteintes? Sont-elles fracturées en plusieurs endroits? £n même tQ^lps, en effet, qu'une
AFFECTIONS Cil IHH H G ICA LES DE U POITHINE.
fracture du tiers antérieur, on en trouve souvent une vers lo tiers postérieur, en avant Ji; l'angle des entes. La fracture porte-t-ellc sur un cartilage costal '.' Le trait de la fracture étant tr6s Dct dans ce dernier cas, et non denté, les frngments ont plus de tendance » s'abandonner, et on observe une dtirormatiou constituée par la saillie de I'hii d'eux, sans compter que le slùge, au voisinage du sternum, vous renseigne encore à cet égard.
La crépitation est donc un signe certainde fracture, maïs celleci peut exister ssans qu'il y <iît do crépitation. C'est alors dans les caractères de la don leur qu'il faut rechercberlesi^li^mentsdii diagnostic. Le blessé sonlTre quand il respireun peu fûrt«>meDt, et surtout quand il tousse; chaque fois, on un mot, qu'il imprime des mouvements aux fragments. La <iiiuleur est beaucoup plus vive lorsqu'il y a fracture que dans la contusion simple ; c'est pltitdt de la gfine qu'éprouve le malade dans ce dernier cas. et non cette dculcurbrusque, subite, qui lui arrache un cri. Un praticien exercé ne s'y trompe pas.
Non seulement la douleur est brusque et violente, mais elle e^^t encore localisée. Le blessé porto coiistain ment la main su rie point douloureux : u C'est là, dit-il, que jf souffre. » Si vous explorez vous-même par une légère pression, vous constatez, en effet, que la douleur existe seulement en cet endroit. Or, j'ai déjît formulé, cl je répéterai plusieurs fois encore sans doute dans le cours de cet ouvrage, l'axiome suivant : Toutes les fois (pie sur le traji't d'un os existe un foyer de douleur vive rt Im'alisée, alors que ce point n'a subi aucun traumatisme direct, il y a fracture.
Pour ne pas souffrir, le malade iiu mobilise, le plus possible, son thorax et se sert principalement du diaphragme pour respin^r. Eo outre, il m'a semblé souvent que pendant l'expiration forcée, au moment de la toux, par exemple, le blessé parveniiit h immobiliser presque le côté blessé, ce que Ton eonsLato en appliquant succe.'^sivement In main sur les deux côté de la poitrine.
Comme Iraiteraen), appliquer immédiatement un bandage de corps. Un bandage de toile ne suflJl pa-s, il ne soulage que trf-speu le malade. Servez-vous d'un large bandage en diachylon, occupant toute U hauteur delà poilrioe et suflisamraeut sern! pour s'opposer au mouvement des catchs. Les douleurs disparaissent presque aussitôt. Après quelques jours de repos au lit, ou seulement à la chambre, le blessé pourra sortir, et même reprendre une partie de ses occupations.