‹ Traité de chirurgie clinique v.2 (volume 3)Chapitre 36 sur 107 · STRABISME · texte numérisé non relu

STRABISME

Généralisant le fait, nous dirons que dam la diplopie inférieure [image située le plus bas est celle que voit [œil paralysé.

Il reste à déterminer celui des deux muscles abaisseurs qui est paralysé. Or, dans le cas que j*ai supposé, les images ne sont pas seulement situées directement Tune au-dessus de l'autre, mais elle subissent encore un écartement latéral, lorsque les yeux qui regardent en bas se portent en môme temps en dedans ou en dehors; elles sont aussi croisées ou homonymes (i).

Si elles sont croisées, c'est un muscle agissant comme le droit interne, c'est-à-dire adducteur, qui sera paralysé : ce sera donc le droit inférieur. Si les images sont homonymes, ce sera un muscle agissant comme le droit externe, c'est-à-dire abducteur, qui sera paralysé : ce sera donc le grand oblique.

Ln môme raisonnement est applicable à la paralysie des muscles élévateurs.

En résumé, la diplopie dans le champ visuel latéral est due à la paralysie de l'un des muscles droits latéraux.

Les images sont croisées dans la paralysie du droit interne.

Les images sont hoinoiujmes ou directes dans la paralysie du droit externe.

La diplopie dans le champ visuel inférieur ou supérieur est due : dans le premier cas, à la paralysie du droit inférieur ou du grand oblique (ou des deux à la fois, ce (|ui est fort rare) ; dans le second cas, à la paralysie du droit supérieur ou du petit oblique (ou des deux à la fois, ce qui est également fort rare).

Si la diplopie inférieure est le résultat de la paralysie du grand oblique, les images seront homo7ijpnes .

Les images seront croisées, si la diplopie résulte de la paralysie du droit inférieur.

De môme, pour la diplopie dans le champ visuel supérieur, la paralysie du petit oblique donnera des images homonymes, et celle du droit supérieur des images croisées.

Revenons maintenant à Tétude du strabisme vrai, ou strabisme proprement dit. Tantôt il y a prédominance d'action du droit interne, l'œil est dévié en dedans, le strabisme est co7ir>f*rgent^ c'est de beaucoup le plus fréquent. Donders a montré qu'il était

(I) Si, dans toute retendue du chuup visuel latéral, les deux images restaient constamment sur une même ligne verticale, c'est qu'il y aurait une paralysie simultanée àm deux muiclei abaisseurs, ce qui est fort rare.

très souvent lié à Thypermétropie, en raison des efforts continuels de convergence que doit faire le sujet pour remédier au vice de conformation de son œil. Tantôt il y a prédominance d'action du droit externe sur Tinterne, Tœil est dévié en dehors : c'est le strabisme divergent^ généralement lié à la myopie. On conçoit tout rintérôt pratique que présente la relation directe du strabisme avec la myopie et l'hypermétropie, puisqu'on faisant porter aux enfants les verres appropriés à leur état on pourra, lorsqu'il n'est encore (\}x intermittent ^ s'opposer à l'établissement du strabisme permanent.

Lorsque, dans le strabisme convergent, il y a prédominance d'action des muscles droits internes de chaque côté, avec acuité visuelle égale des deux yeux, le sujet louchera tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, le strabisme sera atteignant.

L'emploi des verres appropriés, Texercicede la vision binoculaire à Taide du stéréoscope, conseillé par M. Javal, constituent la meilleure méthode de traitement, mais on devra souvent, lorsque le strabisme est très prononcé et définitif, y joindre lu slrabotomie, c'est-à-dire la section du tendon du muscle vers lequel l'œil est ordinairement dévié, par conséquent, du droit interne. U vision binoculaire ne se rétablira pas tout de suite après lopération, mais on en facilitera le retour par l'emploi du stéréoscope.

Voici le procédé opératoire à suivre pour pratiquer la strabotomie.

Strabotomie ou myo tomie oculaire, — Cette opération consiste dans la section d'un ou de plusieurs tendons des muscles de l'œili généralement des droits. Simple en elle-même, elle exige une connaissance exacte de l'insertion des muscles droits sur la sclérotique. Je rappellerai à cet égard que l'insertion ne se fait pasà la même distance de la cornée pour chaque muscle ; elle est siKcessivement à S, 6, 7 et 8 millimètres, en partant du droit interne pour aboutir au droit supérieur, en sorte que la ligne d'insertion des muscles représente une spirale et non une circonférence.

Les tendons, faciles à reconnaître sur le vivant, se présentent sous la forme de fibres nettement parallèles, blanches, nacrées, très brillantes, distinctes par conséquent de la sclérotique dont la teinte est d'un blanc mat uniforme. L'insertion se fait sur une surface très étroite.

La conjonctive glisse facilement au-dovant du tendon: aussi

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