‹ Traité de chirurgie clinique v.2 (volume 3)Chapitre 41 sur 107 · MALADIES DU NEZ · texte numérisé non relu

MALADIES DU NEZ

La peau du nez est fréquemment le siège d'éry thèmes entretenus par l'intempérance du sujet ou par une disposition générale. Dans ce dernier cas l'affection est souvent liée à l'existence, dans les narines, d'éruptions eczémateuses, qu'il faut faire disparaître pour guérir l'érythème. On sait que cette même éruption est le point de départ habituel des érysipèles spontanés de la face.

On observe aussi sur le nez des bourgeonnements, des saillies qui peuvent atteindre un volume tel, qu'on leur a donné le nom &éléphantiasis. Les ouvrages classiques en représentent des exemples vraiment monstrueux.

Lorsque les tumeurs sont petites, disséminées, les glandes sébacées seules sont en cause, c'est de l'acné qui a reçu Tépithètc de rosacea^ et un très bon moyen de traitement consiste à les toucher avec un mélange de 15 grammes de coUodion pour 1 gramme d acide salicylique : mais, dans le véritable éléphantiasis, tous les éléments qui entrent dans la composition du nez ont subi une véritable hypertrophie, y compris les cartilages.

Cette affection nécessite un traitement chirurgical. On enlèvera les tumeurs à l'aide d'un de nos nombreux moyens de diérèse. Chaque cas fournira, d'ailleurs, des indications particulières qu'il est impossible de spécifier à l'avance.

Le nez est un lieu de prédilection pour les ulcérations de toutes sortes. On y rencontre des ulcérations scrofuleuses (le lupus); des ulcérations ^syphilitiques : primitives, secondaires et tertiaires ; des ulcérations cancroïdales. Le diagnostic est souvent facile h %blir entre elles, mais il est parfois si difficile qu'il est bon, avant <le se prononcer, d'essayer la touche du traitement spécifique.

Le diagnostic est surtout facile, si l'on assiste au début de la ïûaladie. On ne confondra pas un chancre induré (accident très rare ^unez) avec un épithéliome ulcéré, en se basant principalement sur 'amarche de l'affection, le chancre arrivant en quelques jours à une phasedontle développement demanderait plusieurs mois pour Tépi- Ihéliome. Les plaques inégales, irrégulières, du lupus se reconnaî- Ifont aisément. La tumeur constituée parl'épithéliome des glandes sudoripares au niveau de l'aile du nez ne laissera pas de doutes sur sa nature, de même que les cancroïdes dermiques qu'il n'e&t pas rare d'observer sur le dos et à la racine du nez des vieillards.

Mais lorsqu'un sujet se présente avec une vaste ulcération ^yant détruit tout ou presque tout l'organe, le clinicien éprouve

toujours un certain embarras pour se prononcer ; le lupus est, i est vrai, Tapanage de la jeunesse, ci le cancroïde celui de la vieillesse ; Tulcère syphilitique présente une coloration, une forme de ses bords, qui lui sont spéciales et qu'une longue pratique permet le plus souvent de reconnaître, mais, en définitive, le diagnostic ne repose que sur des nuances qu'on n'appfécie pas toujours de la môme manière, ou qu'ont pu modifier des traitements antérieurs, ('ependant le lupus et Tulcère syphilitique secondaire ou tertiaire se cicatrisent après avoir achevé leur œuvre de destruction, tandis que le cancroïde ne se cicatrise pas et ronge toute la face de proche en proche.

En présence d'une ulcération du nez, il convient toujours d'administrer le traitement antisyphilitique avant d'intervenir d'une façon chirurgicale.

La syphilis, surtout la syphilis tertiaire sous forme de gommai, peut se développer non dans l'épaisseur de la peau, mais dans les couches plus profondes du nez, sur son squelette, os et cartilages* et en particulier sur sa cloison. Il en résulte qu'à un moment donné le nez s'effondre et s'aplatit.

Il n'est pas rare non plus d'observer la circonstance suivante: un sujet est atteint d'un épithéliome dermique de la racine du nez, et le praticien applique à sa surface une couche de p&te de VienDe. par exemple ; le caustique détruit tout jusqu'aux os inclusivement et il reste une ouverture par laquelle sortent l'air et les mucosités nasales.

Au résumé, que ce soit à la suite d'un traumatisme, tel qo^ coup de sabre, éclat d'obus, ou bien à la suite d'une ulcération, 1^ nez est quelquefois détruit dans sa totalité. Il peut ôtre seulement affaissé par destruction de sa charpente. La destruction peut n^^^ que partielle, porter sur une ou sur les deux ailes ou sur la souscloison. Tels sont les divers cas en présence desquels se trouvera le praticien, et qui nécessiteront son intervention.

Lorscju'une perte de substance du nez est cicatrisée, lorsque ta nature a épuisé sa force réparatrice et qu'il reste une difformité choquante, il convic^nt de pratiquer une opération autoplastique cjui porte le nom de rhinoplastie.

Wiinoplastif*. — Cette opération est totale ou partielle, sui>'an* qu'il s'agit de restaurer la totalité ou bien une partie du nez. Lorsque tenez estsimplemeutdéforméàla suitedela destnictiou

Page 1