‹ Traité de chirurgie clinique v.2 (volume 3)Chapitre 48 sur 107 · MALADIES DES LÈVRES · texte numérisé non relu

MALADIES DES LÈVRES

indurée et partout adhérente, je pense qu'il convient de s'abstenir, car on est certain de ne pas enlever la totalité du mal. Ce qu'il faut éviter par-dessus tout, ce sont les demi-mesures, telles que les cautérisations légères au nitrate d'argent, qui ne font qu'activer la marche de la maladie, d'où le nom de noli me langere.

Le procédé d'extirpation est en général des plus simples et varie d'ailleurs suivant l'étendue de la lésion. S'il n'existe qu'un simple bouton bien limité, du volume d'un pois, par exemple, et ne dépassant pas le tissu muqueux de la lèvre, il suffit de l'enlever d'un coup de ciseaux courbes. Si la tumeur est plus volumineuse, mais que cependant une partie du bord libre soit saine, il faut, la lèvre étant préalablement bien tendue par un aide qui comprime enmème temps les coronaires au niveau des commissures, il faut, dis-je, circonscrire la tumeur par deux incisions latérales qui se rejoignent au-dessous d'elle de façon à former un V. Les deux lèvres de la plaie sont ensuite rapprochées et réunies par première intention. L'ouverture de la bouche paraît d'abord singulièrement rétrécie, mais elle s'agrandit avec le temps, et c'est à grand'peine que l'on aperçoit les traces d'une opération, si la suture a été bien faite.

Si le cancroïde était fort étendu en largeur et occupait la lèvre presque d'une commissure à l'autre, on serait contraint de ne pas réunir et de panser à plat. Enfin, si la lèvre est complètement envahie jusqu'à sa base et d'un côté à l'autre, il est nécessaire de boucher immédiatement la large brèche par une autoplastie. Le meilleur procédé, le seul même k employer, est celui de Chopart: faire partir de chaque angle de la plaie une incision verticale allant jusqu'à l'os hyoïde ; disséquer ce vaste lambeau carré, le relever jusqu'à ce que son bord supérieur réponde aux commissures, et le suturer dans cette position. Le résultat immédiat de cette opération est très satisfaisant, car la perte de substance est exactement comblée : mais plus tard le lambeau se colle sur le maxillaire, se rétracte, et, comme son bord libre n'est pas recouvert de muqueuse, il reste immobile, ne retient que très incomplètement la salive et ne saurait remplir l'office de la lèvre.

Il est bien entendu que les ganglions lymphatiques seront enlevés par une incision indépendante, en suivant le procédé que j'indiquerai en étudiant les maladies du cou.

Bec-de-lièvre. — On désigne sous ce nom la division cobcdugénitale de la lèvre supérieure. On peut, en effet, négliger WT Ic^ divisions congénitales de la lèvre inférieure dont la science no

compte qu'un très petit nombre de cas. Pour bien compreniE -«Jre

le bec-de-lièvre, il est utile de faire appel au mode de dé^^-- veloppement des lèvres. Je le rappellerai sommairement.

Cette question d'embryogénie, restée longtemps obscure, a l-j^ été résolue de la manière la plus complète par noire savant com{ triote Cosle. Tout le monde est aujourd'hui d'accord pour mettre que ce vice de conformation n'est autre chose qu'un s. arrêt de développement, plus ou moins compliqué suivant qi^ u'i' s'est produit à une période plus ou moins avancée de la vie e -r^=-?mbryonnaire.

Les lèvres ont pour origine des bourgeons qui, d'abord pla- -^bcc^s sur les côtés de l'extrémité céphalique, vont au-devant les i^ ud< des autres vers la ligne médiane où ils finissent par se renconti^MWrcr ot se souder.

La lèvre inférieure est formée de deux bourgeons, la le — — vn^ supérieure de trois.

Les deux bourgeons de la lèvre inférieure marchent très ^'''<

l'un vers l'autre, et il est très rare qu'ils ne parviennent pi^^^ à se souder.

Les bourgeons de la lèvre supérieure sont l'un médian, les d-^^"^ autres latéraux. Le premier a été appelé par Coste bourgeon '''mi/, les seconds sont les bourgeons maxillaires. Le bourgeoiL '"" cisif renferme les germes des dents incisives et est lui-même ccr^n^' posé de deux moitiés symétriques. Il correspond à la cloison ^"'* fosses nasales.

Étant donnés ces trois bourgeons qui marchent à la rencocm'rt^ les uns des autres, on conçoit que, sous une influence que vl^^^ ignorons d'ailleurs complètement, la rencontre ne se fasse ^^^ soit d'un côté, soit de l'autre, soit des deux à la fois, c'esl-à-A^""*' qu'il existe à la naissance un bec-de-lièvre unilatéral ou bilalé^' Il existe aussi des becs-de-lièvre médians par suite de Yic^^' ;' tement des deux moitiés de Tos inoiëif, mais le cas est tou^ '' fait exceptionnel.

L'arrôt de développement peut porter sur toute la profond^"^ du bourgeon, c'est-à-dire qu'en môme temps que la lèvre ^c^^ divisée on observera une fente portant à la fois sur la voûtt» «'" voile du palais : ce sera un bec-de-lièvre appelé yucule-de-l"**!^

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