‹ Traité de chirurgie clinique v.2 (volume 3)Chapitre 75 sur 107 · ANKYLOSE DU COUDE · texte numérisé non relu

ANKYLOSE DU COUDE

flexion forcde, ce qui dépend du degré de lésion des surfaces osseuses.

Supposons le second cas clinique : Tankylose est complète, il existe une fusion entre les os du coude.

Le bras est dans la position rectiligne : l'indication n'est pas douteuse, il faut détruire l'ankylose pour ramener le bras à angle droit. L'ostéoclasie ne convient plus, c'est à l'ostéotomie, c'està-dire à la résection cunéiforme, qu'il faut recourir, et l'on se comportera ultérieurement comme dans le cas précédent, suivant la cause initiale de la lésion. C'est alors une résection orthopédique.

Mais le bras est ankylosé à angle droit, il rend des services au malade (il ne s'agit pas d'une ancienne tumeur blanche, bien entendu). Le chirurgien doit-il proposer au malade une opération dans le but de restituer l^usage complet du membre, de rétablir les mouvements de flexion et d'extension, de créer, en un mot, une nouvelle articulation ?

Cette question n'eût pas même été posée avant l'emploi de la

méthode antiseptique, alors qu'une résection du coude faisait

courir des dangers de mort au malade, mais aujourd'hui on est

autorisé à la discuter. On ne peut toutefois pas la résoudre d'une

manière complète, car il s'agit là d'une convenance en quelque

sorte personnelle pour chaque malade. 11 en est qui s'accommodent

très bien d'une ankylosé à angle droit; d'autres, au contraire,

ne pouvant exercer convenablement leur profession, réclament

vivement la récupération des mouvements. Mon opinion à cet

égard est que le chirurgien peut accéder au désir du malade,

mais ne doit pas presser sur sa détermination : c'est, en effet, une

de ces opérations dites de complaisance, et, si la résection du

coude n'est plus grave aujourd'hui, ce n'en est pas moins une

opération sérieuse. D'autre part, êtes-vous bien certain, môme

après la résection, de ne pas voir se reproduire une ankylosé? Non,

vous ne l'êtes pas, et il est môme bon d'en prévenir les malades

avant qu'ils se décident à l'opération. Dans un cas, et il s'agissait

cependant d'une jeune fille de seize ans, je n'ai pu, quoi que j'aie

fait, éviter la reproduction de l'ankylose osseuse, comme s'il

existait chez quelques sujets une diathèse ankylosante.

La résection orthopédique pratiquée dans le but de créer une néo-articulation exige des soins consécutifs spéciaux. 11 faut

mobiliser rapidement les extrémités osseuses et les mainteoir écartées Tune de l'autre, ce qui nécessitera ordinairement remploi de rextension continue.

Je dois signaler ici la très ingénieuse opération faite par M. Defontaine sur un ouvrier atteint d*ankyIose complète do coude. Â la résection, il substitua une simple ostéotomie en donnant à la section osseuse une courbure à concavité antérieure rappelant la forme de la trochlée, d'où le nom d'ost^omie trochléiforme proposée par Fauteur à cette opération. M. Defoo* taine présenta le malade à la Société de chirurgie et nous pûme^ constater un résultat absolument remarquable.

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