‹ Traité de chirurgie clinique v.2 (volume 3)Chapitre 82 sur 107 · PLAIES DE LA MAIN · texte numérisé non relu

PLAIES DE LA MAIN

quelquefois très profonde, entourée de tissus indurés, inextensibles, et située dans une région remplie d'organes importants dont il faut éviter la blessure. On conçoit donc que des chirur- ;giens sérieux aient hésité à entreprendre pareille besogne étaient •eu recours à Thémostase indirecte par la ligature des artères de l'avant-bras et même du bras.

A ces difficultés opératoires se joignait autrefois cette idée théorique : une artère située dans un foyer de suppuration ne pourrait supporter une ligature sans se rompre ; idée reconnue fausse depuis les recherches de Dupuytren et de Nélaton. Mais est-on certain de se rendre maître de Thémorrha^ie par la ligature des artères situées au-dessus du poignet? La science renferme bon nombre d'exemples qui prouvent le contraire, ce dont la disposition des artères du bras rend parfaitement compte. On a lié successivement les artères radiale et cubitale, Tarière humérale, et même Taxillaire, sans arrêter Thémorrhagie.

Ce qu'il faut donc faire, c'est d'aller résolument dans la plaie à la recherche du vaisseau et de n'abandonner le blessé qu'après avoir réussi à placer une ligature ou une pince, quelle que soit la durée de l'opération.

Au résumé, dans une plaie de la paume de la main par instrument piquant, faites l'occlusion avec du coUodion iodoformé.

Lorsque la plaie est le résultat d'un instrument tranchant, faites l'hémostase comme partout ailleurs, si elle est nécessaire ; suturez au besoin les tendons divisés et réunissez par première intention en laissant un drain.

Lorsqu'il s'agit d'une plaie contuse, nettoyez-la avec la solution phéniquée forte, enlevez les corps étrangers qu'elle pourrait contenir et recouvrez-la d'un pansement antiseptique. La gaze iodoformée convient très bien dans ce cas. Ne tentez aucune réunion immédiate; rapprochez seulement les lambeaux, s'il en existait. Le pansement ouaté d'Alphonse Guérin est très applicable aux plaies contuses de la main ; néanmoins je ne conseille pas de l'employer dans les plaies par arme à feu, à cause de Thémorrhagie qui peut survenir sous la ouate à la chute des eschares.

Laissez le pansement en place le plus longtemps possible sans y toucher; s'il survenait une hémorrhagie secondaire, persistante, liez ou pincez autant que possible le vaisseau dans la plaie.

On a beaucoup préconisé, il y a quelques années, l'irrigation

continue dans le traitement des plaies contuses des exlrémit*>. mais le pansement antiseptique est infiniment préférable.

A la suite d'une plaie de la paume de la main, surtout (*ar instrument piquant, il peut se développer ultérieurement uo anévrysme faux consécutif sur l'arcade palmaire ou Tune de m?< collatérales. La compression digitale, d*abord, les injections coagulantes et Télectrolyse seraient les moyens à employer.

Les fractures du métacarpe ne présentent qu'un intérêt secondaire. Elles sont le résultat d'une action directe : chute on coop. et peuvent atteindre l'un ou l'autre des métacarpiens. Cependinl le troisième s'y trouve particulièrement exposé, en raison J» relief qu'il forme à la face dorsale de la main.

Il est rare d'observer de la déformation, à moins qu'il d*» s'agisse du premier et du cinquième. Le signe habituel de ii fracture est la crépitation, que l'on produit en saisissant le méU* carpien entre deux doigts.

Le traitement consiste à immobiliser la main sur une planchetU*.

Les luxations du mrtacarpe sur le carpe sont extrêmement rares, ce qu'explique suffisamment leur mode d'artioulatioD. H faut cependant distinguer sous ce rapport les quatre derni^*^ de celle du pouce.

La luxation des quatre derniers métacarpiens exige unegranJ" violence : ainsi, par exemple, une chute d'un lieu élevé snrle Jode la main fléchie. On la reconnaît aisément à la saillie q\it' forment sous la peau les métacarpiens déplacés. On pourrait U confondre avec la luxation de la deuxième rangée du carpe ou médio-carpienne; mais rappelez-vous, pour établir le diagnostic «lifférontiel, le siège précis de l'interligne articulaire signalé plu? haut.

La luxation isolée du premier métacarpien sur le tnpèie se rencontre [)lus fréquemment (lue la précédente. Elle ne serait même pas rare, si j'en crois ma propre expérience, car je lii assez souvent rencontrée. C'est qu'en eOet cette articulation. appartenant au genre emboîtement réciproque, est très mobile

Elle peut être complète ou incomplète, et il m'a semblé qur «ette dernière était la plus commune, car il est rare de voiries surfaces s'abandonner tout à fait.

Page 1