‹ Traité de chirurgie clinique v.2 (volume 3)Chapitre 85 sur 107 · PANARIS · texte numérisé non relu

PANARIS

Le véritable panaris est constitué par rinflammation des couches sous-cutanées de la face antérieure des doigts. Or, rappelez-vous la disposition de ces couches. Elle est très différente sur les première ou deuxième phalanges, et sur la troisième. Sur les deux premières vous trouverez (fig. 84) immédiatement au-dessous de la peau une couche graisseuse et plus prpfondément la portion fibreuse de la gaine ostéo-fibreuse qui contient les tendons fléchisseurs.

Sur la troisième (fig. 85) il n'existe plus de gaine tendineuse et la couche graisseuse sous-cutanée est directement en contact avec le périoste. Le panaris diffère donc essentiellement suivant qu'il atteint la troisième phalange ou bien les deux autres, et c'est une distinction .capitale dont le praticien doit tenir grand compte.

Voyons d'abord ce qui se passe dans le panaris de la troisième

JKig. 84. — Coupe de la première Fig. 85. — Coupe de la troisième

phalange des doigts. phalange des doigts.

phalange. Il ne peut exister en ce point qu'une seule espèce de panaris, le panaris sous-cutané, puisqu'il n'y a pas d'autre espace.

La couche graisseuse sous-cutanée est immédiatement en contact avec le périoste et, de plus, lui est rattachée par des cloisonnements fibreux, de telle sorte que graisse et périoste ne forment en quelque sorte qu'une même couche anatomique. Il ne saurait donc y avoir en ce point de panaris sous-cutané sans qu'il y ait en même temps périostite, et de Tunion des deux couches entre elles il résulte que le pus siège au-dessous du périoste, qui se trouve ainsi séparé de l'os, auquel il ne fournit plus ses éléments nutritifs. Comprenez-vous pourquoi le panaris de la phalangette abandonné à lui-même s'accompagne fatalement de la nécrose de l'os ?

Lorsque le pus s'est fait jour à Textérieur, sur divers points du doigt, soit spontanément, soit par une incision tardive et insuffisante, les douleurs violentes des premiers jours ont disparu, mais la suppuration persiste et le malade ne guérit pas. La guérison ne surviendra qu'à la suite de l'élimination de l'os nécrosé,

c'est-à-dire après cinq ou six semaines, et le bout du doigt reste déformé.

La conséquence pratique ressortant de ces faits se dt^duit d>llemême. Dans le panaris de la troisième phalange il faut pratiquer un débridcment le plus vite possible. N'attendez pas plus longtemps que le troisième ou le quatrième jour après le début des accidents. Pratiquez une incision sur toute la hauteur de la phalange, et que votre bistouri sente Tos. Vous éviterez ainsi m malade de longues journées de souffrance et vous lui conserverpi le bout du doigt.

Le panaris des première et deuxième phalanges comprend deux espèces : le panaris sous-cutané et le paputris de la gaine iemàneuse. Quelle est la fréquence relative des deux variétés en tant que point de départ de Taffection? Il est difBcile de le dire. Je crois cependant que le panaris primitif de la gaine est très exceptionnel et que cette variété résulte de l'extension d'un panaris d'abord sous-cutané, extension très facile en raison des commonications normales qui existent entre les deux espaces au niveau des plis articulaires. Cette question présente plus qu*un intér^l théorique, car, si le point de départ est sous-cutané, on arrivera presque certainement à prévenir le panaris si grave de la gain<* par une bonne incision faite en temps opportun. ,

Quoi qu'il en soit, le panaris sous-cutané existe sans panari< de la gaine, tandis que ce dernier s'accompagne nécessairement de Tintlammation sous-cutanée.

Il convient d'établir une distinction suivant que rinflammation occupe les trois doigts du milieu ou bien qu'elle siège sur le pouce et le petit doigt. Les tendons fléchisseurs de ces deux derniers doigts, en eifet, sont entourés d'une séreuse qui communique avec celles (|ue nous avons étudiées au niveau du poignet* d'où la gravité plus grande du panaris du pouce et du petit doigt car Tabcès profond du poignet, dont je me suis occupé plus haut, en peut ùtre la conséquence. De môme il est possible qu'une inflammation primitive de la synoviale générale des fléchisseurs m* propage de haut en bas à ces deux doigts.

Je n'ai pas besoin d*insister longuement sur les signes queprésente le panaris, dontle diagnostic est, sauf de rares exception>. des plus faciles. Ce sont ceux du phlegmon en général : gonflement, rougeur, chaleur, douleur. La texture serrée des doigts

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