‹ Traité de chirurgie clinique v.2 (volume 3)Chapitre 86 sur 107 · PANARIS · texte numérisé non relu

PANARIS

la présence des nombreux filets nerveux qui s'y rencontrent, expliquent rintensi lé extrême que peut atteindre la douleur. Celleci arrive à son maximum lorsque Tinflammation est confinée dans la gaine ostéo-fibreuse qui loge les tendons.

La distension des parties esl telle que, si une incision n'est pas faite à propos pour opérer un débridement, la circulation est interrompue et la gangrène s'empare de l'extrémité du doigt: c'est le panaris gangreneux. Or, il y a intérêt à rattacher la gangrène à sa véritable cause, à ne pas conclure, par exemple, à une gangrène athéromateuse ou diabétique, qui ne réclame pas le même traitement, l'abstention étant à peu près la seule conduite à tenir dans ces derniers cas, tandis qu'il faut agir énergiquement dans le panaris gangreneux pour sauver ce qui reste du doigt, si c'est possible.

Peut-on distinguer un panaris sous-cutané d'un panaris de la gaine ? Dans les dernières périodes de l'affection, lorsque le tendon fléchisseur est mis à nu et en voie d'exfoliation, le diagnostic n'est que trop aisé, mais dans les premiers jours de la maladie la question est moins facile à résoudre; cependant, je le répète, le panaris est presque toujours d'abord sous-cutané, et alors les mouvements de flexion du doigt sont encore possibles et n'exagèrent pas la douleur, ce qui n'a pas lieu dans le panaris de la gaine. Le gonflement est limité à un segment de doigt et ne s'étend pas dans la paume de la main, ainsi que cela a lieu lorsque la gaine est envahie.

Si le panaris est abandonné à lui-même, vous observerez en général les phénomènes suivants : après une première période de douleur excessive, un abcès s'ouvre à Textérieur dans un point quelconque du doigt, faces latérale, antérieure ou postérieure, et amène une certaine détente ; de nouveaux abcès s'ouvrent à distance, quelquefois jusque dans la paume de la main. Use forme une sorte de cratère duquel sort du tissu sphacélé, et dans le fond on aperçoit le tendon fléchisseur ; celui-ci finit par s'éliminer, et dès lors la cicatrisation commence à se faire. Quelquefois la peau se décolle tout autour du doigt, se sphacèle, les articulations sont ouvertes, les os nécrosés, et l'amputation peut devenir nécessaire.

Le seul traitement rationnel du panaris est une large et profonde incision pratiquée aussitôt que possible : vous calmez ainsi presque immédiatement d'atroces douleurs ; vous arrêtez la marche

de la maladie, sa propagation à la gaine, à la paume de la msin: vous sauvez le doigt. Malheureusement, le panaris est, je ne sais pourquoi, raiTeclion qui compte le plus de guérisseurs empiriqiie>. Ordonnez au malade des bains phéniqués prolongés, et enveloppez la main de compresses phéniquées.

Je viens de dire que l'amputation du doigt peut devenir D^re<saire dans certains cas de panaris. Il se présente à cet égard une intéressante question de pratique sur laquelle je désire appeler un instant Tattention.

Je suppose que les tendons d'un doigt soit extenseurs* soit fléchisseurs, sont détruits, quelle qu'en soit du reste la cause* trmmatisme ou inflammation : quelle conduite faut-il tenir ?coB9eiTer le doigt ou Tamputcr? (Je mets ici hors de cause le pouce, qui doit toujours ôtre conservé.)

Dans les pages précédentes, à propos des plaies contusesdela main et des doigts, nous avons formulé ce précepte : N'ampotez jamais primitivement, parce que vous ne savez pas au juste \**y portions du doigt qui pourront ^tre conservées. Mais votre conviction est faite, les tendons sont irrémédiablement perdus: !*• doigt, après guérison, restera raide et immobile, soit dans Textension, soit dans la flexion : devez-vous néanmoins le consener *

Voici ce que démontre à cet égard la pratique. 11 s*ajrit. jf suppose, d'un ouvrier; les tendons de l'un de ses doigts ont ♦•lé arrachés dans un traumatisme ou bien se sont exfoliés à la suite d'un panaris, et vous lui proposez l'amputation du doigt. Il refu^et vous supplie de faire tout pour le conserver. Après plusieurs mois de traitement, le doigt est guéri, mais il reste raide. et. lorsque l'ouvrier reprend son travail, il s'aperçoit alors qu'après beaucoup de temps et de patience il a conservé un doigt non seulement inutile, mais nuisible; il vient demander de l'en A^ barrasser. Votre devoir est donc dans ce cas particulier dV»cUirf*r le blessé sur Tavenir de son doigt et de proposer raniputatiou.

Mais s'il s\igild'un malade dont la profession n'est pas exclusivemenl manuelle, je crois qu'il est préférable de conser^-er le doigt, parce que la difl'ormité sera moins choquante encore qu"apn*s une amputation. C'est du moins le conseil que je donnai à un jeunr confrère dont le doigt était compromis à la suite d*un panaris.

Les /('sions organiques des doigts ne sont pas très rare*, et

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