‹ Traité de chirurgie clinique v.2 (volume 3)Chapitre 87 sur 107 · LÉSIONS ORGANIQUES DES DOIGTS · texte numérisé non relu

LÉSIONS ORGANIQUES DES DOIGTS

quelques-unes même d'entre elles présentent un intérêt particulier, sur lesquelles cependant je ne crois pas devoir insister longuement. Je citerai spécialement les kystes, le lipome, le chondrome, Tangiome et une affection singulière que Nélaton appela le doigt à ressort.

Les kystes des doigts résultent, comme ceux du poignet, de la distension d'un diverticulum provenant des séreuses articulaires ou tendineuses. On y appliquerait le même traitement, l'écrasement, s'ils sont petits, l'incision ou mieux l'excision, s'ils sont volumineux.

Les lipomes se développent sur la face antérieure des doigts aux dépens de la couche graisseuse. En raison de la densité de cette couche, ils sont très circonscrits et de plus paraissent transparents à la lumière : aussi les confond-on facilement avec un kyste, ce qui n'a d'ailleurs que peu d'inconvénient. On doit enlever les lipomes.

La main est un siège de prédilection pour le chondrome. Cette tumeur envahit le plus souvent le métacarpe, mais il se développe aussi aux dépens des phalanges et peut même atteindre un volume considérable, ainsi que le prouve la figure 86.

Gomme dans les autres régions le chondrome présente une marche très lente et une configuration toute particulière. Le seul traitement consiste dans l'ampulation du ou des doigts affectés,, ainsi que je l'ai fait avec succès pour le malade dont je représente ici la main (1).

Yà'angiome des doigts revêt la forme caverneuse et constitue une tumeur molle, brunâtre, qui m'a paru siéger de préférence sur la phalangette. Dans un cas, j'ai vu le tissu éreclile user peu à peu la phalangette, puis la phalangine, et nécessiter l'amputation du doigt (2).

(1) Le chondrome de l'index pesait GOO grammes et celui du médius 400 grammes. Ils avaient mis trente-trois ans à acquérir ce volume. Le malade était en même temps atteint d'un chondro-myxome de la tête du tibia, développé en trois ans et demi, ayant le volume d'une tête d'adulte et qui nécessita l'amputation de la cuisse, pratiquée avec succès dains la mAme séance que celle des doigts.

(2) J'avais commis une erreur de diagnostic. La malade à laquelle je faisais allusion dans la première édition de cet ouvrage était en réalité atteinte d'un cancer mélanique. Deux ans après Tablation du doigt, les ganglions de l'aisselle ont été envahis, et la mort n*a pas tardé à survenir. Aucune r^'cidive locile.

098 AFFECTIONS CHIRURGICALES DU IISHBRB Si;PË8IECit.

Le doigt à ressort est une aflectîon signalée pour la premièrv fois par H. Notta, et l'expression qui la désigne, proposa pir Nélaton, indique bien en quoi elle consiste. Lorsque le doigt e>t Oéctii, il éprouve un temps d'arrêt dans son redressement, leqnrl s'opère ensuite d'une façon brusque, comme si un ressort 5'oa%-ni< tout à coup. Ce mouvement de ressort se produit en génénl lu

Fig, 86. -

:s de l'index et du lurdiut, remarquablei par leur vi.>l«ti>r

niveau de l'arliculation de la première et de la seconde plialan^<.'. Os deux chirurgiens «valent supposé que la cause fêtait une nodositf sif'geanl soit sur la gaine Tibrcuso, soit sur le tendon lui-m^mi' : mais cette hypothèse, toute rationnelle qu'elle soit, n'élaît pu exacte. Les faits rapportés dans sa thèse par M. le U' CaHi-r démontrent qu'il n'existe alors de nodosité ni sur la gaine ni -^r le tendon. L'affection devrait être rattachée, d'après lui. à un

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