‹ Traité de chirurgie clinique v.2 (volume 3)Chapitre 88 sur 107 · DIFFORMITÉS DES DOIGTS · texte numérisé non relu

DIFFORMITÉS DES DOIGTS

spasme fonctionnel des muscles fléchisseurs de ravant-bras, spasme dont la cause elle-même reste fort obscure. M. le D*^ Poirier pense, ce qui est plus vraisemblable, qu'il s'agit d'une déformation des surfaces articulaires. Le doigt à ressort se rencontre d'ailleurs très rarement et constitue plutôt une curiosité pathologique.

Difformités des doigts, — Les difformités des doigts sont nombreuses, et l'on en trouvera partout une énumération et une description très détaillées. Je ne dois m'occuper ici que de celles qui présentent un intérêt pratique, c'est-à-dire devant lesquelles se pose la question d'intervention.

Ce sont la rétraction des doigts, la syndactylie et les doigts surnuméraires.

Sous le nom de rétraction des doigts^ j'entends la rétraction congénitale et non celle qui succède à la perte du tendon extenseur, dont je me suis occupé plus haut.

Faut-il tenter de redresser un doigt rétracté? D'une façon générale, je ne le crois pas ; les sujets en sont modérément gênés, et l'opération présente peu de chances de succès. En effet les surfaces articulaires sont ordinairement déformées de telle sorte que la section des brides ou tendons est impuissante à rendre au doigt sa rectitude normale. Si, pour un motif quelconque, il fallait intervenir, l'amputation du doigt serait encore la meilleure ressource.

Dans \dL syndactylie^ l'intervention est nulle, si les phalanges sont soudées entre elles, ou bien immédiatement contiguës sans interposition de tégument. Mais, lorsque les doigts sont simplement palmés, une opération doit être pratiquée, si la palmure s'étend assez bas pour gêner les mouvements. On détruira la peau par la cautérisation, la ligature élastique, etc., mais la récidive est à craindre. Le meilleur procédé, si toutefois il existe assez de t^uments, consiste à diviser la palmure au milieu et à suturer isolément chaque lèvre de la plaie, afin d'obtenir une réunion immédiate.

Je renvoie d'ailleurs le lecteur aux traités de médecine opératoire mentionnant les diverses opérations proposées contre la syndactylie.

Lorsqu'un doigt surnuméraire est dans le rang, il n'y faut ê\ idemment pas toucher, mais s'il constitue, ce qui est la rè^le. un appendice disgracieux et inutile situé sur les côtés de la maîa. on peut en débarrasser le sujet. Il n'est pas rare de voir ce doigt posséder une articulation commune avec le doigt voisin, et Ion s'est posé la question de savoir s'il valait mieux amputer dans la continuité ou désarticuler. En désarticulant, on s*expose à un*.* arthrite traumatique ; en amputant, on laisse dans la plaie le point épiphysaire et, le doigt s'allongeant de nouveau, on obsene une récidive. D'ailleurs cette question a perdu toute son importance avec les méthodes antiseptiques, et je conclus qu il e<t préférable de désarticuler.

En terminant ce qui est relatif a la pathologie des doigta, j»* formulerai ces quelques préceptes de médecine opératoire.

Rappelez-vous qu'une cicatrice pouvant être et rester mto^ toute la vie douloureuse, les opérations sur les doigts doireot ùtre combinées de façon que cette cicatrice soit aussi éloignée que possible de la face palmaire sur laquelle s'exerce la préhension, luette règle est surtout applicable au pouce, auquel conriennent particulièrementles amputations elliptique et à lambeau antérieur, ({ui placent la cicatrice sur la face dorsale.

La raquette est défectueuse au pouce parce que la cicalric»*. '^* trouvant à l'extrémité du moignon, peut subir des froissemenN

Enlevez des doigts le moins possible, et ne craigneipas Jeî^ubstituer une amputation dans la continuité à une désarticulation Celte règle est surtout applicable à Texlrémité supérieure Je U première phalange.

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