KYSTE HYDATIQUE DU FOIE
du kyste fut sans doute rompue d'une façon inégale, et qu'il s'écoula du liquide dans le ventre : le malade fut emporté par une péritonite aiguë. La difficulté de ce traitement consiste donc à se procurer des flèches de Canquoin très résistantes et bien acérées, mais il est d'une application facile et à la portée de tous.
Verneuil conseilla d'ouvrir le kyste à travers la paroi abdominale à l'aide d'un gros trocart qui servait ensuite à passer une sonde. Ce procédé pourrait à la rigueur être employé, ainsi que je l'ai fait avec succès sur la femme d'un de nos confrères, mais seulement lorsque les accidents sont si pressants qu'il y a danger à attendre pendant quelques jours Télimination de l'escarre ; toutefois, il est très inférieur au précédent, en raison de la difficulté que l'on éprouve à évacuer la poche lorsqu'elle contient un grand nombre d'hydatides, et des lavages qu'il faut pratiquer pendant longtemps.
Depuis l'introduction dans la pratique chirurgicale de la méthode antiseptique, le traitement des kystes hydatiquesdufoie est entré dans une nouvelle phase.
Volkmann et Lawson Tait pénètrent d'emblée dans la cavité abdominale, ponctionnent le kyste, et, après l'avoir évacué, en suturent les bords à la paroi abdominale.
Voici comment procède Lawson Tait : « Je fais une incision sur la partie la plus saillante de la tumeur, et je sectionne jusqu'à ce que j'aie atteint le péritoine et Taie ouvert ; j'enfonce alors dans la partie saillante un trocart, avec lequel je vide le contenu de quelques-uns des kystes, de façon à rendre la tumeur flasque. J'ou^Te ensuite la cavité au moyen d'un bistouri et j'en maintiens les bords avec des pinces. J'évacue alors autant que possible son contenu et je suture les bords de la plaie au péritoine pariétal, de façon à fermer complètement la cavité séreuse. Enfin, j'y insère un tube à drainage dont la longueur varie avec l'étendue de la cavité. » (Traduct. du D' Adolphe Olivier.)
Ce procédé pourrait être, ce me semble, modifié avantageusement, et voici comment j'ai procédé plusieurs fois.
Après avoir découvert le kyste, je l'ai fixé en haut et en bas à la paroi abdominale à l'aide d'un point de suture. Je Tai ensuite fixé aux lèvres de la plaie, et c'est seulement après que la paroi a été bien affrontée avec la paroi abdominale que j'ai ouvert la poche. J'ai appliqué, en somme, à l'ouverture du kyste hydatique le mode de suture employé par Nélaton pour Tentérotomie, et je pense
tl6 AFFECTIONS CHIRURGICALES DE L ABDOMEN.
que cette manière d'agir met à Tabri, mieux que les autres, de la chute du liquide daas la cavité abdominale.
On peut encore traiter le kyste hydatique en deux temps. Premier temps : Ouvrir la cavité abdominale sans toucher au kyste, et introduire dans la plaie une boulette de gaze iodoformée. Deuxième temps : Après trois ou quatre jours, lorsque des adhérences se sont établies entre la surface de la tumeur et le péritoine pariétal, fendre le kyste directement. Ce procédé présente évidemment de grandes garanties
Au résumé, lorsqu'un kyste hydatique du foie est de petit volume et n'occasionne pas de troubles dans la santé générale, ne faites aucune opération, car il peut disparaître spontanément par régression des poches hydatiques.
Si l'intervention s'impose, commencez par une ponction évacuatrice, avec ou sans injection parasiticide. Si le liquide se reproduit, pratiquez une seconde ponction. Continuez de la sorte tant que le liquide reste clair.
Si le kyste suppure, ou bien si, malgré dos ponctions répétées, il survient des accidents sérieux, ouvrez le kyste largement, soit àl'aide d'une flèche de Canquoin, soit par l'incision directe, en suivant, de préférence, la méthode préconisée par Nélaton pour l'entérotomie, soit par la méthode en deux temps.
Tumeurs de la vésicule biliaire.
Les tumeurs de la vésicule biliaire, qu'elles soient produites par la présence de calculs, par l'accumulation de la bile, ou par du mucus, ont donné lieu, dans ces dernières années, à un certain nombre d'opérations intéressantes, qui doivent attirer vivement l'attention des chirurgiens.
Comme pour le foie, je laisserai de côté le cancer de la vésicule biliaire, qui, d'ailleurs, est souvent secondaire, et contre lequel la chirurgie ne possède que de pauvres ressources.
Ainsi que l'avait déjà fait remarquer J.-L. Petit dans son court, mais substantiel mémoire : Remarques sur les tumeurs formées par la bile retenue dans la vésicule du fiel^ et quon a souvent prises pour des abcès du foie^ on rencontre dans la vésicule biliaire deux sortes de tumeurs : l'une est dure, constituée par le séjour d'un nombre plus ou moins grand de calculs; l'autre est molle, et due à l'accumulation de la bile avec ou sans calculs.