ARTHRITE SÈCHE DU GENOU
>f vieux militaire, je trouvai rarticulation elle-même presque saine, t mais les condyles du fémur et du tibia étaient creusés de cavités M renfermant de petits séquestres sans suppuration.
Cette variété d'arthrite n'est pas aussi rare qu'on pourrait le » croire, car, dans une seule année à l'hôpital Beaujon, j'ai pra- * tiqué cinq résections du genou dans ces circonstances et j'en ai ; observé depuis un assez grand nombre de cas, vérifiés par : Texameu bactériologique.
> Il importe d'établir le diagnostic de l'ostéoarthrite non tuberf culeuse du genou à point de départ osseux, surtout en vue du traitement. Tout ce que j'ai conseillé pour la tumeur blanche, . sauf peut-ôtre les révulsifs capables de soulager momentanément, ne saurait plus réussir dans ce cas. Le repos et l'immobilisation ^ en effet, agissent principalement lorsque le point de départ est articulaire; la compression ne calme en rien les douleurs qui sont dues à une lésion intraosseuse. Il n y a pas lieu de rechercher ici l'ankylose comme mode de guérison, car la raideur du genou ne fait encore qu'aggraver l'état du malade.
L'opération est donc la seule ressource réellement utile que nous ayons à proposer. Une trépanation du fémur avec extraction des séquestres pourra quelquefois être suffisante, mais, le plus souvent la résection s'impose. Le malade acceptera et réclamera môme l'intervention en raison des douleurs incessantes qu'il éprouve depuis si longtemps, malgré tous les traitements, et à cause de l'impossibilité où il se trouve de marcher : mais, attendezvous h éprouver quelque résistance de la part de l'entourage, car, je le répète, et c'est l'un des caractères cliniques essentiels de cette affection, les signes locaux sont peu prononcés et une grande opération paraît tout d'abord hors de proportion avec les phénomènes extérieurs.
e. Arthrite sèche du genou. — L'histoire de l'arthrite sèche en général rentre plutôt dans le domaine de la médecine proprement dite, et je ne parlerais pas de cette affection, si elle ne présentait au genou des caractères cliniques particuliers dont le chirurgien doit tenir compte.
Chose assez bizarre, nous n'observons guère l'arthrite sèche dans nos services de chirurgie que lorsque le genou est rempli de liquide, et c'est là une cause fréquente, constante même, dV*rreur de diagnostic de la part des personnes qui
TiLLAUX. — Chirurgie clinique, II. -^
802 AFFECTIONS CHIRURGICALES DU MEMBRE IiNFÉRIEUR.
pour la première fois cette affection. En effet, l'idée ne vient jm à Tesprit qu'un genou démesurc^ment distendu par une coUectifli de liquide soit atteint d'arthrite dite sèche, et l'on songeàunr hydarthrose ordinaire, d'autant plus que c'est pour cette hydarthrose formant tumeur que le malade a éU} dirigé dans m salles. Il est, d'ailleurs, assez fréquent de voir l'arthrite sèchesiecompagner d'un épanchement de liquide, mais alors que Tafffction existe déjà depuis un grand nombre d'années, et ce vîn^ en somme, qu'une complication, môme très accessoire, dck maladie principale.
Je ne m'arrêterai donc pas longuement sur cette artbrik. appelée encore, avec raison, arthrite déformante ^ anatomiquemol caractérisée par l'éburnation des surfaces articulaires et lapn^ duction d'ostéophy tes périarticulaires ou intra-articulaires parfois énormes. Cette affection est peu douloureuse; elle est surtout tm gênante, au point de constituer une véritable inGrmité, rt pendant les mouvements de la jointure on perçoit des craquemest' quelquefois-très bruyants. Occupons-nous spécialement des n? compliqués d'hydarthrose.
L'hydarthrose de l'arthrite sèche ne diffère pas, quant à !«> caractères extérieurs, de l'hydarthrose ordinaire : le genou H plus ou moins tuméfié et la fluctuation est évidente ; ré|)anckment atteint même, dans certains cas, une proportion <|u'il esttws rare d'observer dans les autres espèces. Souvent, on produit te mouvements latéraux si intenses que le genou paraît comnie disloqué : eh bien, malgré cette grande quantité de liquide, malgré ce relâchement, cette distension des ligaments, les naïades font facilement mouvoir le membre, sans douleur, à la grande surprise de l'explorateur.
Ce qui distmgue donc surtout cliniquement l'hydarthrose de l'arthrite sèche des autres hydarthroses, c'est le contraste frappant qui existe entre les signes physiques et les signes fonctiuo* uels.
L'interrogatoire du malade vous apprend en plus que l'affection du genou remonte à de longues années et que, depuis longtemps, les mouvements sont plus ou moins gênés et accompagnés de craquements.
Le repos et la compression ouatée seront employés de préférence. Je ne crois pas que la ponction de la synoviale présenta une grande utilité, à moins que le cul-de-sac sous-lricipital