ANKYLOSE DU GENOU
Il s'agit d'une ancienne arthrite traumatique ou blcînnorragique : que faire? De deux choses Tune : ou l'ankylose est complète, et probablement osseuse, ou bien elle est incomplète.
Si elle est complète, je suis d'avis de ne rien tenter. 11 ne faudrait pas compter, en effet, sur les manœuvres pratiquées avec la main, et la résection du genou serait seule indiquée. Mais c'est faire courir au malade, à mon avis du moins, un risque plus grand que le résultat à atteindre, et, d'ailleurs, ètes-vous sûr d'obtenir la mobilisation du genou après la résection ? Certes non, si l'on songe que certains sujets présentent une sortt» do diathèse ankylosante. Abstenez-vous donc de toute intervention dans Tankylose rectiligne complète du genou, même consécutive à un rhumatisme, à une blennorragie, ou à un traumatisme.
Si l'ankylose est incomplète, c'est-à-dire si l'on fait encore exécuter à la jointure des mouvements, même très légers, conseillez alors la mobilisation, sans promettre toutefois au malade le rétablissement, surtout intégral, des mouvements du genou.
Le but à atteindre est de briser ou de distendre les brides fibreuses intra ou extra-articulaires qui fixent entre elles les surfaces osseuses. Vous pouvez procéder de deux manières : la première consiste à pratiquer chaque jour et avec douceur des mouvements à la jointure, en faisant en sorte de gagner à chaque séance un peu plus de terrain. On a construit jadis des appareils à l'aide desquels le malade peut lui-môme exécuter ces mouvements et, pour peu que Tarticulalion ne soit pas absolument rebelle, on est certain, en procédant ainsi, d'arriver à un résultat favorable ; mais il faut pour cela beaucoup de temps ei de patience.
La seconde manière donne des résultats beaucoup plus rapides, et j'y ai recours, en général. Elle consiste à endormir le malade <3t à briser les adhérences dans une seule séance en y mettant la force nécessaire. Le genou est immédiatement immobilisé et comprimé sous une épaisse couche d'ouate maintenue jusqu'à disparition complète de la douleur, souvent assez \'ive, qu'éprouve le malade au réveil, c'est-à-dire pendant six à huit jours. On recommence alors des mouvements modérés, car il ne faut pas s'attendre à retrouver tout de suite, à l'état de veille, les mouvements obtenus grâce à l'anesthésie.
Après quelque temps on renouvellerait, au besoin, la séance, avec chloroforme.
806 AFFECTIONS CIimURGIGALES DU MEMBRE INFËRIECR.
Si les tentatives de mobilisation réveillaient de la douleur et un certain état inflammatoire faisant redouter une nouvelle r thrite, si Ton ne gagnait aucun terrain par les manœuvres mtÀt rées suffisamment prolongées, ou bien si, après chaque sêaa avec anesthésie, on reperdait peu à peu ce qui a été obteni.i faudrait renoncer à toute manœuvre et ne pas les poursuivre an longtemps que lorsqu'il s'agit, par exemple, de mobiliser le coil ou le poignet, car, en définitive, une ankylose rec ti ligne du geM ne constitue pas une grave infirmité.
Supposons maintenant une ankylose angulaire, et j'admetsqir la flexion de la jambe sur la cuisse est telle, que le pied ue jm arriver au sot sans une inclinaison extrôme du bassin ou qu^OiV touche que par l'extrémité des orteils.
Dans ce cas, il n'y a pas de doute : quelle que soit la cm première de l'ankylose, il faut tout faire pour obtenir lerednsttment, car une jambe de bois rendrait plus de services au maiiè qu'un membre fixé dans une pareille position.
L'ankylose est-elle incomplète, on devra essayer le redrav* ment manuel.
L'ankylose est-elle complète, on aura recours à la résceM dite alors orthopédique du genou. Si le redressement n'étaitp possible par l'une ou l'autre de ces méthodes, ce serait au it^^ de dire s'il préfère subir l'amputation de la cuisse et portera membre artificiel, ou bien se contenter d'un appareil qui, prentf point d'appui sur le genou, permet encore de marcher.
Etudions maintenant la manière de procéder aux luanœuvm de redressement du genou.
Je suppose d'abord que l'ankylose est incomplète et, par conséquent, justiciable du redressement manuel.
J'ai déjà fait remarquer, au chapitre de la Tumeur ô/ancfie,fm la flexion prolongée du genou entraînait à peu près constamnia la production d'une subtuxation du tibia en arrière et en dehor J'ai fait aussi remarquer que, si le bord antérieur de la lèted tibia dépassait en arrière l'axe tranversal des condyles fémorau: il fallait s'abstenir de toute tentative de redressement de la jamb sous peine de compléter la luxation et d'amener peut-être A d*îSordres nécessitant une amputation immédiate do la cuisse*
Le redressement manuel du genou est donc subordonné ai rapports des surfaces articulaires entre elles, et il ne doit M