‹ Traité de chirurgie clinique v.2Chapitre 134 sur 156 · KYSTES DU CREUX POPLITÉ · texte numérisé non relu

KYSTES DU CREUX POPLITÉ

d. Kystes du creux poplilé. — Vue tumeur de la région poplitée, le plus souvent de petit volume, comme un œuf de pigeon^ par exemple, rénitente, mais très tendue, immobile, indolente, ne présentant ni battements, ni souffle, est presque certainement un kyste. Je ne vois pas, en effet, quel autre genre de tumeur présenterait ces caractères. Le diagnostic sera encore plus certain si la tumeur est latérale et si elle occupe la partie inférieure et interne du losange poplité, lieu d'élection de ces kystes.

Le diagnostic de kyste étant établi, il faut, autant que possible, en reconnaître Torigine et la nature. Pour cela, tenez le plus grand compte du siège deTaffection. Si la tumeur occupe la partie centrale de la région, c'est-à-dire le creux poplité lui-même, vous devrez éliminer comme origine les diverses bourses séreuses que Ton rencontre au niveau du jarret, car toutes ces bourses, étant développées au niveau des insertions tendineuses, sont latérales. Un kyste médian ne pourra donc avoir pour point de départ ([u'un diverticule de la synoviale du genou.

Un kyste poplité médian pourrait, à la rigueur, être confondu avec une adénite ou avec un anévrysme poplité au début, mais, outre que ces affections présentent des caractères qui leur sont propres, la marche de la maladie ne tarderait pas, en cas de doute, à fixer le diagnostic.

Le creux poplité est susceptible, au même titre que les autres régions du corps, de renfermer des lipomes, fibromes, myxomes, sarcomes, etc., auxquels on devra également songer.

Les kystes latéraux sont beaucoup plus fréquents que les kystes médians, et leur origine est, sans aucun doute, Tune des bourses séreuses situées au niveau des insertions tendineuses, soigneusement étudiées à nouveau par M. Poirier. De toutes ces bourses la plus large, la plus constante, est celle qui est commune au jumeau interne et au demi-membraneux, et c'est elle qui donne à peu près constamment naissance aux kystes latéraux du jarret. Je ne conteste pas que les autres ne puissent en être le point de départ, mais, pour mon compte, je n'en ai jamais observé, jusqu'à présent, en clinique.

Un kyste latéral du jarret occupe donc, dans la très grande majorité des cas, la partie inférieure et interne du creux poplité, et Ton peut, dès lors, affirmer que le siège anatomique est la bourse du jumeau interne.

Une autre question à WbM^è^ttÉ^Mlle-ci : le Içyste commu-

TiLiJiiJZ.-*CAirwfir«|MÉiÉflHHKL H. — 53

834 AKFECTIONS CHIRURGICALES DU MEMBRE INFËRIEUH.

niquG-t- il avec la synoviale (lu geiioii, OU bien en cst-il indépi-ndiinfl

Nous pouvons avoir à cel i^gartl des signes de présoniptiona dos signes de certitude.

La présomption est tirée des caruelfrcs ijuc nous révêle I loniic normale. La cavité d'un kyste médian comniuni[]ue nécei saîrement.àune certaine époque, avec la synoviale du genou, doi elle n'est qu'une dépendance, mais l'orifice de comninnicaU peut se resserrer au point de s'oblitérer.

Quant à la bourse du jumeau interne, voici les résultuU ai^ quels est arrivé M. Poirier, d'après l'examen de cent genouij cette bourse ne communique jamais cbez les jeunes sujets ; de vingt à quarante ans, elle communique 1 fois sur 10 ; — aprt quarante ans, la communication a lieu une fois sur 5.

Les signes de wrlituile sont tirés de la réductibilité. SI I liquide que contient la poche disparait sous la pression, si, tout, on sent manifestement i[ue ce liquide est refoulé dans l'a eulation, la communication est dès lors certaine. Mais il pas toujours facile de percevoir le phénom6ne; il faut pour cela que la jambe soit fléchie sur la cuisse, afin de mettre les muscles dans le relâchement, et encore doit-on se garder de confondre alors le simple refoulement de la poche avec la réductibilité.

Lorsqu'avec un kyste du jarret on observe, en m?me temps, de l'hydarthrose. c'est encore une misun pour supposer « priori que les deux cavités séreuses communiquent entre elles. Appliquer une main sur le kyste, pressez avec l'autre sur la rotule et essayez, comme lorsqu'il s'agit, par exemple, d'un abcès par congestion de l'aine, de renvoyer le liquide d'un espace dans l'autre. De même que la coexistence d'une hydurthrose ne prouve pas absolument la communication, l'absence du phénomène de la rédurtibililé n'est paH non plus une preuve certaine de l'indépendance du kyste, car l'orifice peut fllre si étroit que le liquide ne puisse s'y engager. L'orifice est parfois mt^me oblitéré, ainsi qu'on l'observe pour les kystes médians dont l'origine est cependant bioa certaine, de loUe sorte qu'il n'existe plus, en réalité, qu'une c tinuité de Ussu, mais suffisante- peut-être pour permettre la p pagatiun du processus inflammatoire.

Le praticien doit donc toujours conserver une certaine réserve au sujet de la communication d'un kyst« poplité avec l'articulation du genou, mâme lorsqu'il ne constate pas de réductibilité, et surtout lorsque le sujet a dépassé quarante ans.

'serve iculaté, et

Page 1