RÉTRACTION DES MUSCLES DU JARRET
Bien que cette affection soit, le plus souvent, tout à fait indolente, elle détermine parfois dans les mouvements du genou une gêne suffisante pour que le malade réclame une intervention. Il faut savoir, toutefois, qu'un kyste du jarret peut disparaître spontanément, et j'en ai vu des exemples; il est très probable que c'est à la suite d'une rupture de la poche et de l'épanchement de son contenu dans le tissu cellulaire.
La ponction est le moyen le plus simple à employer, mais, en général, il n'est pas curatif, car le liquide se reproduit ordinairement. Il n'est môme pas toujours possible d'évacuer la poche par une ponction, en raison de la consistance du contenu, qui ressemble à de la gelée de pomme ou de groseille. Ce dernier caractère, qu'on ne retrouve jamais dans le liquide articulaire, me paraît suffisant pour démontrer que, dans certains cas, il existe une indépendance complète au point de vue anatomique et pathologique entre le kyste et l'hydarthrose.
On pourrait employer la ponction et l'injection iodée, ou bien l'ouverture et l'attouchement avec la solution de chlorure de zinc à op. 100, mais il est préférable de faire l'extirpation de la poche.
Je rapprocherai des kystes du creux poplité, bien qu'ils en soient anatomiquement indépendants, ceux qui se développent à la face interne du genou dans la bourse séreuse dite de la patte d'oie, située entre les tendons et le ligament latéral interne. Ils se reconnaissent aux mêmes caractères cliniques que les précédents, sauf qu'ils ne communiquent jamais avec l'articulation. Le traitement est également le môme.
e. Rétraction des muscles du jarret. — En étudiant les arthrites, nous avons dit que le genou se plaçait souvent dans la flexion et qu'il en résultait une rétraction des muscles fléchisseurs de la jambe, apportant un obstacle plus ou moins sérieux au redressement du membre. L'affection des muscles est donc secondaire, symptomatique, et il est très rare qu'à l'aide du chloroforme on ne parvienne pas à une élongation suffisante pour corriger la flexion.
Il existe également une rétraction essentielle des muscles du jarret avec intégrité complète des surfaces articulaires, et se développant sur des sujets atteints d'affection nerveuse. Primitivement, il s'agissait d'une contracture simple, mais, si les précau-
lions nécessaires pour la combattre n'ont pas été prises au début, ou bien s'il a été impossible de la vaincre, à la contracture succède la rétraction, et, plus tard, le genou est définitivement fixé dans sa position vicieuse.
Le diagnostic sera nettement établi îi Taide du chloroforme : le sujet étant endormi, on constatera que le genou est sain, que les surfaces glissent Tune sur lautre, et que le seul obstacle à Textension est dû à la présence dans le jarret de cordes dures, saillantes, inextensibles, constituées par les muscles fléchisseurs : demi-tendineux, demi-membraneux et biceps.
Lorsque Tétat général du sujet le permet, il ne faut pas hésiter à pratiquer la section des tendons, afin d'opérer le redressement, qui sera maintenu à Taide d'un appareil, pendant un mois environ. On devra éviter la section du nerf sciatique poplité externe, qui affecte des rapports intimes avec le tendon du biceps au moment où celui-ci contourne la face externe du genou. F^our cela, il faut prati(juer la section à 3 centimètres environ au-dessus de la tête du péroné en ramenant le ténotome de dedans en dehors, ou mieux, à ciel ouvert.