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VARICES ET ULCÈRES DE JAMBE

épaisses qu'à Tétat normal, celies-ci peuvent aussi s'amincir au point de se rompre et de provoquer une hémorragie. Le sang s'arrête, en général, de lui-même ; on a cependant observé des hémorragies mortelles.

La base du traitement des varices de la jambe est la compression. Les sujets ne devront jamais marcher sans avoir le membre soutenu, soit par un bas élastique, soit par une bande roulée que Ton appliquera tous les matins. Ce dernier moyen bien employé est même supérieur au premier, car il permet de mieux graduer la compression. De plus, dans les campagnes en particulier, les pauvres ne peuvent se procurer ou renouveler un bas élastique, tandis qu'ils ont toujours une bande de toile à leur disposition. Par la compression, on diminue la douleur et la gêne en s'opposant à la distension des veines et à la stase du sang; on s'oppose à l'augmentation de l'affection, et c'est le meilleur moyen d'éviter l'hémorragie et la phlébite. Cette dernière complication exige un repos complet au lit.

La cure radicale des varices de la jambe est-elle possible? Evidemment non, et l'expérience a été surabondamment faite à cet égard. Vous parviendriez à enlever toutes les veines saillantes sous la peau que la guérison ne serait pas pour cela radicale, car un sujet atteint de varices superficielles porte toujours en même temps des varices profondes que vous ne sauriez atteindre, et de nouveaux réseaux sous-cutanés ne tarderont pas à apparaître. La cure radicale des varices par l'injection de perchlorure de fer fit, en quelque sorte, fureur il y a une trentaine d'années, mais l'enthousiasme fut de courte durée. Contentons-nous donc, dans la généralité des cas, du traitement palliatif.

Est-ce à dire qu'il ne faille jamais pratiquer d'opération chirurgicale contre les varices? Ce n'est pas ma pensée. Je conçois que l'on extirpe un gros peloton de veines variqueuses formant une tumeur limitée, si celle-ci est douloureuse et mal contenue; je conçois que l'on extirpe de même, et pour le môme motif, quelques grosses veines serpentines, ainsi que je l'ai vu faire k Vienne, il y a longtemps déjà, par Mickulicz; avec la méthode antiseptique, ces opérations, jadis redoutées, ne présentent actueller ment aucun danger. Treudelenburg a formulé une théorie d'après laquelle la pression du sang dans la saphène interne joue un. rôle capital pour la production des varices et des accidents qu'elles

entraînent, et, comme conséquence, il a proposé Texcision de cette veine sur une certaine étendue. Plusieurs fois, j'ai pratiqué cette opération; mais si elle produit des résultats immédiat satisfaisants, je ne suis pas convaincu que l 'amélioration obtenur* soit définitive.

Indépendamment des accidents que je viens de signaler, \^ varices de la jambe en entraînent d'autres qui se rattachent à de? troubles de nutrition, et ce ne sont pas les moins sérieux. Par suite des entraves apportées à la circulation, la peau s'amincil devient luisante, violacée, se recouvre d'exfoliations érylhémateuses ou eczémateuses, et finit par s'ulcérer spontanément, ou soo* l'influence d'une violence légère. Les ulcères siègent parfois an niveau des malléoles et causent alors souvent de vives douleurs, bien qu'ils n'atteignent, en général, qu'une très petite dimensioQ. Le plus ordinairement, l'ulcération apparaît vers le tiers inférieur du membre, au niveau de la face antéro-interne ; elle s'agrandit peu à peu et Vulcère de jambe se trouve constitué.

L'ulcère de jambe, non syphilitique, reconnaît donc presque toujours comme cause prédisposante des varices superficielles oo profondes, et on en éviterait à peu près certainement la prodoction si le malade maintenait sur le membre une compression continue et méthodique. Mais c'est le contraire qui a généralement lieu; dans la classe ouvrière surtout, les sujets ne prennent pas le soin de porter des bas ou d'appliquer une bande ; lorsqueces objets sont usés, ils négligent de les renouveler; une petite ulcération se produit, et ils continuent néanmoins à marcher, à se tenir debout toute la journée, et c'est ainsi que nous observons ces vastes ulcères qui occupent une grande partie de la jambe et réclament de longs mois de traitement avant d'arriver à la guérisou.

Cette aff'ection si commune, l'ulcère de jambe, résulte donc à peu près constamment d'un trouble de nutrition déterminé par la présence de varices plus ou moins apparentes, et le traitement convenable de ces dernières en éviterait la production : c'est pourquoi nous l'observons si rarement chez les personnes de la classe aisée, ou soigneuses de leur santé.

A part l'ulcère malléolaire, qui, je le répète, est souvent trî^ douloureux, il est remarquable de voir combien l'ulcère de jambe est, en général, indolent par lui-même, et c'est pour cette raison qu'on le laisse acquérir d'énormes dimensions. Les malades ne se

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