VARICES ET ULCÈRES DE JAMBE
décident le plus souvent à entrer à l'hôpital que sous le coup d'une complication inflammatoire (érysipèle, angioleucite) qui a déterminé de la douleur.
Les ulcères anciens s'accompagnent ordinairement de périostoscs, d'hyperostoses du tibia.
Se basant sur les caractères extérieurs de la plaie, on a décrit des ulcères atoniques, calleux, fongueux, etc., ce qui n'a qu'une très médiocre importance. II faut, par contre, rechercher si l'ulcère est variqueux, syphilitique, tuberculeux ou cancéreux, et le doute ne pourrait guère venir à l'esprit que si le sujet ne présentait aucune varice apparente. La marche do la maladie est, d'ailleurs, si différente dans ces divers cas, que le diagnostic n'ofl're pas de difficultés. L'ulcère syphilitique, en particulier, qui est le plus commun après l'ulcère variqueux, a été précédé d'un gonflement très douloureux de l'os et du périoste et il offre un aspect, une coloration, qui trompent peu un œil exercé.
Le traitement de l'ulcère variqueux de la jambe repose tout entier sur cette seule indication : le repos. Toutes les médications échoueront si elles ne sont accompagnées du repos du membre, et toutes réussiront, au contraire, si le sujet suspend la marche et la station verticale. Divers topiques, plus ou moins bien appropriés à la circonstance, favoriseront, sans doute, la guérison, en abrégeront la durée, mais il faut savoir que ce traitement local est absolument secondaire.
Condamnez donc le malade au lit; que la jambe soit placée sur un coussin, le talon légèrement élevé; appliquez un pansement phonique, borique, etc., des bandelettes de diachylon ; semez des greffes à la surface de la plaie, sectionnez au bistouri les bords, parfois très durs, de l'ulcère, etc., tout cela est bon et réussira à guérir le malade en y mettant le temps nécessaire.
Un fait bien remarquable, surtout si on le compare avec ce qui se produit à la suite des brûlures, c'est que des cicatrices énormes, après destruction complète de toute l'épaisseur de la peau sur une grande étendue, sur la circonférence entière môme du membre, ne s'accompagnent d'aucune rétractilité.
Que le sujet ne se lève pas avant complète guérison, sous peine de voirFulcère s'agrandir de nouveau et rapidement.
Après guérison, il sera indispensable, pour éviter les récidives trop fréquentes, de maintenir le membre constamment comprimé avec un bas élastique ou une bande roulée.
860 AFFECTIONS GHIRUaGICALES DU MEMBRE INFÉRIEUR.
La résection de la saphène interne peut-elle s'opposer àU reproduction de Tulcère de jambe? C'est possible et je l'ai pratiquée plusieurs fois dans ce but, mais ma conviction n est fès faite à ce sujet. Il n'y a, en tous cas, aucun inconvénient à le tenter.
Je n'insisterai pas sur les diverses inflammations que présenté fréquemment la jambe : angioleucite, phlegmon, abcès, përio^ iite, etc. : ces affections ne présentent, en définitive, aiicu caractère spécial à la région qui nous occupe.
Je dirai seulement que le tibia est un siège de prédilection pour le développement de Tostéomyélite et de Tostéite épiphysiire. Il n'est pas rare d'observer, de préférence vers le tiers supêriw de l'os, des reliquats d'ostéomyélite de l'enfance qui se manifestent chez l'adulte par des douleurs souvent très vives, ayant letr siège dans le centre de l'os, et présentant un caractère intermittent. La trépanation du tibia est le seul traitement susceptible de sotilager et de guérir les malades.
C'est également à la trépanation qu'il convient de recourir pour extraire ces longs séquestres comprenant parfois presque tonte U hauteur du tibia.
L'opération devra porter sur la face interne de Tes et on se servira du ciseau et du maillet de préférence au trépan.
On observe à la jambe les mêmes tumeurs que dans les antres parties du corps, mais aucune d'elles n'emprunte à la région de caractère distinctif qui nous engage à l'étudier d'une manière spéciale.
Le tibia est très fréquemment affecté chez les petits enfants de courbures rachitiques, lesquelles présentent, en général, uneccmvexité antéro-externe. Les courbures peu prononcées se redressent ordinairement d'elles-mêmes avec Tâge, à condition de soumettre l'enfanta une hygiène convenable.
Si les courbures sont très accentuées, conseillez les appareils orthopédiques. Si ces appareils ne réussissent pas, employez le redressement manuel de l'os. En dernier ressort, ayez rerours à l'ostéotomie, mais je considère cette opération comme très exceptionnellement indiquée dans le cas particulier.
Amputation de la jambe, — Dans certaines circonstances, le chirurgien n'est pas libre de choisir le point où doit porter lani-