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PLAIES DU PIED

sur le père d'un de nos confrères, et je dus même, sur les pressantes instances du malade, faire une incision, laquelle, du reste, fut fort inutile.

L'extraction d'un corps étranger de la plante du pied est souvent une affaire très laborieuse, surtout s'il est de petit volume, môme quand on en a la perception nette sous le doigt, et à plus forte raison quand on ne le sent que d'une manière vague. Ne vous en rapportez donc pas seulement au dire des malades avant de vous lancer dans cette recherche ; ne vous laissez guider que par vos sensations personnelles, et n'agissez que si vous avez acquis une notion très précise sur le siège du corps étranger, car, même dans ce» conditions, il est encore difficile de manœuvrer au sein des tissus si tassés de la plante du pied.

S'il est des sujets croyant à la présence d'un corps étranger qui n'existe pas, il en est d'autres, au contraire, qui en possèdent sans le savoir. Ce sont alors, le plus ordinairement, des aiguilles introduites brusquement sans que les malades en aient eu à peine conscience, et ils sont de très bonne foi en affirmant leur ignorance à cet égard. D'ailleurs, la photographie nous fixera désormais sous ce rapport.

Une plaie du pied par instrument tranchant peut intéresser un tendon et surtout le tendon d'Achille. Il faut ici suivre la règle générale, c'est-à-dire rechercher les deux bouts du tendon, les suturer, s'il y a moyen, réunir la peau par-dessus, et donner au membre la meilleure attitude pour mettre les parties dans le relâchement.

Une plaie peut intéresser les artères soit de la face dorsale, soit de la face plantaire, et nous pouvons nous trouver en présence des difficultés sur lesquelles j'ai insisté à propos de la paume de la main. Je n'y reviendrai donc pas ici en détail. La meilleure conduite à tenir est d'aller directement dans la plaie à la recherche du vaisseau intéressé et de lier les deux bouts. La forcipressure nous offre également une ressource très précieuse pour le cas où l'on éprouvera de la difficulté à isoler les artères, et cette heureuse méthode nous évitera le plus souvent les ligatures à distance, souvent infidèles et parfois dangereuses. Je ferai toutefois remarquer que les plaies du pied avec hémorragie des artères plantaires, comparables à celles des artères palmaires, sont infiniment rares, car je n'ai PW^ ^IMiiMMtfàoii d'en voir un seul exemple.

Ilest, aucontraire, très fréquent d'observerdes plaies contusesdo pied, surtout des orteils, et presque toujours à la suite d'un écrasement. Nous n'avons pas lieu ici, comme pour la main, de conseiller la conservation à outrance ; le pied n'en constituera pas moins un solide point d'appui après la suppression d'un ou de plusieurs orteils Si donc la plaie est fortement mâchée, il n'y a pas d'inconvénieiit à la régulariser plutôt que d'exposer les sujets aux ennuis et ani accidents mêmes d'une longue élimination naturelle. Apportez, dans tous les cas, le plus grand soin au traitement des plaies coqtuses des orteils, que vous ayez recours au pansement ouaté de A. Guérin, très approprié à la circonstance, ou au pansemen! antiseptique ordinaire. Exigez des blessés un repos complet, car ces plaies ont été souvent le point de départ du tétanos, et voit n'aurez au moins rien à vous reprocher si cette redoutable complication se développe. On avait beaucoup vanté jadis Tirrigatiûi continue pour ce genre de blessure, mais le pansement antiseptique lui est infiniment supérieur.

Si la contusion était si étendue qu'elle nécessitât le sacrifice d'une partie du pied, amputez la partie lésée, mais ne vous attachez pas à faire une désarticulation proprement dite, soit de Lisfnmc, soit de Chopart, au risque de reculer la limite de votre inten-ention pour rencontrer les surfaces articulaires. Préoccupez-vous de tirer le meilleur parti des téguments pour avoir un boa lambeau et sectionnez les os, au besoin, dans la continuité, si de la sorte vous pouvez conserver au pied un peu plus de lonpieur. N'enlevez, en résumé, que le moins possible, règle absolument opposée à celle que nous formulerons plus loin d'enlever le plus possible lorsqu'il s'agit d'affection spontanée du pied.

Il n'est pas très rare d'observer des plaies du pied par arme à feu, et, sous ce rapport, il faut distinguer les plaies par balles de petit calibre, celles que nous observons ordinairement dans la pratique civile, des plaies par armes de guerre. Les premières occasionnent, en général, de légers dégâts, tandis que les secondes déterminent souvent un fracas du pied.

Ce que Ton a écrit jusqu'à présent sur les plaies de guerre doit être soumis à révision depuis l'avènement de la méthode anti>ef>tique. Les statistiques faites pour établir un parallèle entre la conservation et l'amputation n'ont plus de valeur aujourd'hui, oo. du moins, ne sauraient servir de guide au praticien.

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