REIN FLOTTANT
commune chez la femme que chez Thomme, et se rencontre surtout à droite, en raison de la disposition anatomique des côlons, que j'ai signalée plus haut, et surtout de la présence du foie.
En fuyant, le rein se porte dans diverses directions, suivant le sens de la pression, et, au moment où Torgane s'échappe sous le doigt qui le presse, le malade éprouve une douleur vive et instantanée.
Les symptômes que détermine un rein flottant sont, d'ailleurs, très variables. Le malade peut ne rien éprouver, ou simplement un sentiment de gêne; c'est môme ce qui a lieu d'ordinaire. Il est parfois, au contraire, en proie à des douleurs violentes qui le forcent au repos : il est sujet à des troubles digestifs intenses, ce qui tient, sans doute, à l'action difiFérente qu'exerce la tumeur sur le plexus solaire.
Un rein, qui a été flottant pendant des années, peut, à la longue, contracter des adhérences avec des organes de l'abdomen et se fixer en un point, ce qui augmente singulièrement les difficultés du diagnostic, car nous manquons alors des deux signes pathognomoniques : échappement brusque, douleur vive et subite. Il ne faut pas, en effiet, du moins à mon avis, trop compter sur lapalpation ou la percussion pour constater que la place occupée normalement par le rein est vide. Je ne dis pas que ce soit impossible, mais je n'ai pu atteindre jusqu'ici cette finesse d'exploration.
On n'observe aucun dérangement dans la fonction urinaire.
Vous pourriez, à la rigueur, confondre un rein flottant avec une rate mobile, mais, outre que le rein gauche se déplace plus rarement que le droit, la forme propre aux deux organes vous permettra d'établir la différence, à moins, cependant, que la paroi abdominale ne soit trop épaisse.
Une femme portant dans le flanc droit une tumeur arrondie, mobile, me fut adressée comme atteinte d'un rein flottant : le cas présentait quelques difficultés parce que la tumeur était profonde et la paroi abdominale très épaisse, mais, en m'aidant des signes que j'ai fait connaître plus haut, il me fut possible de démontrer qu'il s'agissait d'une tumeur de la paroi siégeant dans la couche sous-péritonéale. Ce n'est pas, d'ailleurs, la première fois que des tumeurs de la paroi abdominale m'ont été adressées dans ces conditions.
Une accumulation de matières fécales dans le côlon ascendant pourrait aussi en imposer pour un rein flottant, mais il suffit de
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songer à la possibilité de cette erreur pour ne pas tardera véril le diagnostic.
Enfin, il y a des cas dans lesquels il faut bien reconnaître le diagnostic est impossible ; Spencer Wells rnconfo qu'âpre «voir, durant plusieurs années, diagnosliqui^ chez une femme une mobiliti^ anormale du rein droit au niveau de la régii lombaire, trouva que la tumeur était constituée par l'ov) droit, attaché au-dessus du rein par un pédicule long de 30 cenl mètres! Je répète que ce sont là des surprises que nous méni la chirurgie abdominale, mais qui ne doivent pas nousdécouraj dans la recherche du diagnostic exact, car, en somme, ce soi des exceptions.
Lorsqu'un rein flottant est douloureux, il fiint conseiller port d'une ceinture spéciale avec pelote rénale.
Si les douleurs persistent et prennent une intensité telle, que les malades déclarent ne pouvoir vivre dans ces conditions et rf-clament une intervention, pratiquez la iirphrorrapfiie ou néphropexie, c'est-à-dire la fixation du rein à sa place normale, dans la fosse lombaire, à l'aide de sutures multiples. J'indiquerai plus loin la manière de découvrir le rein & propos de la uéphrec^ tomie.
La néphrorraphie a été pratiquée un très grand nombre fois dans ces dernières années, et ne présente que peu de d: (4 p. 100 de mortalité environ). Cette opération atteint parf( complètement son but. Le rein est fixiî et le malade soûl mais ue vous porte/ pas garaut à l'avance d'obtenir ce résultat, car maintes fuis les phénomènes se sont reproduits, même assez rapi dément, ce qui ne saurait surprendre, puisque la néphrorraphie s'attaque bien à l'elVct, mais non à la cause qui a produit l'ectopl
Votre malade continue à souffrir ; la seule ressource l'ablation du rein, mais ne propose/, la néphreclomie qu'à la di nière extrémité.
Après avoir reconnu qu'une tumeur est développée dans W rein, îl an faut déterminer la nature. Préoccupez-vous d'abord de savoir si elle est liquide ou solide : c'est, à mon avis, la première division clinique à établir dans les tumeurs du rein. Pour cel«( recherchez la fluctuation à l'aide d'une pression alternative a' les deux mains sur la face antérieure de la tumeur, ou encoi par l'application d'une nifiin en avant et de l'autre en arrière,
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