TUMEURS DE L'ARRIÈRE-CAVITÉ DES ÉPIPLOONS
S'il s'agit d'un kyste, on en pourra faire l'évacuation après avoir pris grand soin d'écarter l'intestin grêle. Mais, supposons •que le chirurgien a été conduit à pratiquer la laparotomie, avec ou sans diagnostic préalable, et qu'il se trouve en présence d'une tumeur du mésentère. De deux choses l'une : ou c'est une tumeur solide, ou c'est un kyste. S'il s'agit d'un cancer avec des adhérences et des prolongements multiples, il faut tout de suite refermer le ventre ; si l'on trouve une tumeur bénigne, isolable, énucléable, telle qu'un lipome ou un fibrome, il faut poursuivre l'opération jusqu'au bout, car on a quelques chances de sauver le malade. S'il s'agit d'un kyste, l'isolement en est si difficile, si souvent impossible, si dangereux, que je suis d'avis de ne pas le tenter. '
J'estime donc qu'en présence d'un kyste du mésentère, diagnostiqué ou non avant l'opération, le chirurgien doit, de parti pris, n'en pas chercher l'énucléation complète. La poche sera largement ouverte, vidée, lavée, réséquée autant que possible dans la portion libre, et suturée ensuite à la paroi abdominale.
3* Tumeurs de l'arrière-cavité des épiploons. — Je désigne ^ous ce nom les tumeurs qui sont développées, non pas dans l'arrière-cavité des épiploons, au sens anatomique du mot, c'est- À-dire entre les feuillets péritonéaux qui vont former le grand épiploon, mais en arrière du côlon transverse, au-devant de la colonne vertébrale, au voisinage du pancréas, du trépied cœliaque, au niveau du plexus solaire. Ce dernier rapport avec le plexus solaire me paraît fournir le caractère clinique distinctif de ces tumeurs, et m'engage à les séparer des autres, de celles du mésentère en particulier, avec lesquelles, cependant, elles ont un certain nombre de points communs.
Indépendamment du siège spécial qu'elles occupent, ces tumeurs peuvent encore offrir un caractère que je ne fais que •mentionner actuellement comme un jalon pour l'avenir : c'est -de contenir dans leur intérieur des débris d'os, des portions de vertèbres qui tendraient à en faire une sorte de tératome, ainsi ■que le prouve la ligure 109.
Le diagnostic de ces tumeurs présente une grande obscurité, puisqu'elles se trouvent sur les confins du foie, du rein, de la rate, du mésentère, et du pancréas. Je ne répéterai pas ici les signes à l'aide desquels on pourrait tenter d'ébaucher un dia-
gnostic différentiel, les ayant suffisamnneiit indiqués dans les chapitres précédents.
Je dois, néanmoins, insister sur deux points : l'intensité des symptômes éprouvés par les malades et la gravité extrême de l'opération.
Il est certain que les douleurs et les troubles de toute nature qu'éprouvent les malades sont dus à l'action exercée par la
Fig. 109. — Tumeur de rarrière-
tumeur sur le plexus solaire, ce cerveau abdominal des anciens,, centre de la vie végétative. Nous avons vu que certaines ectopiesrénales déterminent les mêmes phénomènes, ce qui résulte, sans doute, des tractions exercées par le rein sur les branches da plexus, dans des conditions anatomiques qui nous échappent.
Le malade que j'ai opéré d'un kyste du mésentère avait été pris subitement, dans la rue, de douleurs atroces dans le ventre, en même temps qu'apparaissait, pour la première fois, im»