INFLAMMATIONS DE LA VESSIE
Les inflammations de la vessie constituent le groupe des cystites. • La cystite se présente sous deux aspects : tantôt elle est aiguë^ le plus souvent elle est chronique.
Qu'elle soit aiguë ou chronique, la cystite se révèle au praticien par des signes différents, suivant qu'elle atteint le corps ou le co\ de la vessie, d'où la division très clinique en cystite du corps et en cystite du col.
Les cystites aiguës sont relativement rares et ne donnent lieu qu'à des considérations peu importantes au point de \u^ thérapeutique. Les cystites chroniques, et en particulier celles du col, sont beaucoup plus communes et offrent pour le praticien un plus grand intérêt : aussi m'occuperai-je surtout de ces dernières.
A. Cystites aiguës. — Lorsqu'une inflammation aiguë s'em-
TiLLAUX. — Chirurgie clinique. II. — 18
pare du réservoir urinaire tout entier, il est évident que corps et col sont envahis à la fois, mais il est certain également que leprocessus inflammatoire peut se localiser au col de la vessie sansatteindre le corps.
Les signes qui caractérisent une cystite généralisée sont desplus évidents : douleur dans la région hypogastrique, rayonnant dans le bassin et pouvant atteindre une intensité extrême — fréquence des besoins d'uriner, qui sont parfois incessants — augmentation de la douleur pendant la miction — urines troubles pouvant contenir du pus ou des stries de sang — quelquefois* rétention d'urine.
On observe presque toujours des symptômes généraux. Cesderniers sont très intenses, s'il s'agit d'une cystite d'origine septique; à la suite de l'accouchement, par exemple, les paroispeuvent être infiltrées de pus ou frappées de gangrène. La mort est la conséquence habituelle de l'afTection. Les symptômes sont moins graves dans les cystites d'ordre chirurgical, celles qui succèdent à un traumatisme, à la présence d'un trop grand vésicatoirenon camphré (cystite canlharidienue).
La cystite aiguë limitée au col survient presque toujours au cours d'une blennorragie. Quelquefois sans cause connue, mais le plus souvent sous l'influence d'une fatigue et d'un écart de régime, l'inflammation se propage de la muqueuse urétrale à celle du col, et, tout à coup, le sujet éprouve de nouveaux phénomènes : violentes douleurs au périnée, sensation de pesanteur extrêmement pénible, envies incessantes d'uriner, aggravatioi^ de la douleur pendant la miction, surtout à la fin, émission d'un peu de sang avec les dernières gouttes d'urine et, souvent enfin, rétention d'urine. Les symptômes généraux sont peu prononcés, si même ils existent; cependant, la marche devient impossibleet le sujet doit garder le repos.
L'application d'une quinzaine de sangsues au périnée amèneordinairement un grand soulagement dans les cas de cystite aiguë, surtout dans celle du col. Donnez aussi un grand bain, des boissons délayantes. Les purgations sont également très utiles et les malades éprouvent presque toujours une diminution notable de souff'rances à chaque purgation. Recourez encore aux lavements laudanisés, aux suppositoires opiacés, ou bien aux piqûres de morphine. Il est bien entendu qu'il faudrait employer le cathétérisine en cas de rétention d'urine. J'ai à peine besoin d'ajouter